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Sophia Antipolis trouve un second souffle

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Depuis quelques années, la première technopole européenne connaît des hauts et des bas récurrents, mais a su se régénérer.

Sophia Antipolis trouve un second souffle
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© Le Campus Sophia Tech abritera un réseau électrique intelligent expérimental.

Sophia Antipolis reste-t-elle la première technopole d’Europe ? Le site de 2 300?hectares, lancé en 1969 par Pierre Laffitte, affiche 1 400 entreprises et 34 800 salariés. Un vrai succès, mais, au mitan de la quarantaine, Sophia se doit d’opérer un virage et de surmonter ses handicaps. Sa gouvernance, complexe, associe fondation, syndicat mixte et intercommunalité. La technopole souffre aussi d’accès engorgés, d’une signalétique peu lisible, et certains bâtiments anciens nécessitent une réhabilitation. D’autant que Sophia Antipolis n’est plus seule. Dans la plaine du Var, l’opération d’intérêt national Éco-Vallée fait poindre une concurrence nouvelle. En 2014, pour la première fois, la métropole Nice-Côte d’Azur a dépassé Sophia en attirant dix-huit décisions d’investissements contre dix, selon l’agence de promotion économique Team Côte d’Azur.

Sophia Antipolis subit depuis une décennie les restructurations de fleurons implantés sur ses terres ou à proximité, comme Texas Instruments, Wipro, HP, ST Ericsson, IBM, Samsung, et tout récemment ASK, qui a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi. Les équipes R & D de Schneider Electric sont parties sur Carros, IBM va repositionner 500 ingénieurs de La Gaude sur l’Éco-Vallée. Amadeus, le premier employeur privé des Alpes-Maritimes, a inauguré début juillet ses nouveaux locaux, Bel Air, à Villeneuve-Loubet. Malgré tout, nombre d’investisseurs internationaux jugent cette technopole unique…

Vivier de talents et notoriété internationale

Intel, par exemple, ne comptait qu’une demi-douzaine de personnes à Sophia quand le groupe lance, en 2009, ses activités de R & D en France. Il en a fait son plus grand centre dans l’Hexagone. « Nous avons plus de 300 employés », indique Stéphane Nègre, le président d’Intel France, qui a recruté d’ex-salariés de Texas Instruments et de Samsung. Huawei [lire l’entretien ci-contre] et Bosch restent fidèles à Sophia. L’équipementier automobile y a installé son centre de R & D, Bosch Vision Tec, dédié à l’assistance des futurs véhicules autonomes et recruté une trentaine d’ingénieurs.

« Sophia Antipolis représente un écosystème plus que favorable à la R & D dans l’électronique. Nous y avons trouvé aisément toutes les compétences nécessaires pour nos recherches », déclarait, fin mai, le président de Bosch France, Guy Maugis. Dans les technologies de l’information et de la communication, le parc technologique rassemble 494 établissements et 13 695 emplois, soit le quart des entreprises et la moitié des effectifs du secteur recensés dans les Alpes-Maritimes (1), pour un chiffre d’affaires de 2,46?milliards d’euros. Si les créations d’entreprises reculent légèrement, les sociétés existantes continuent à y investir, à l’image d’Accenture. En juin, le groupe inaugurait son nouveau (et seul) centre européen de R & D. Ce Tech Lab de 500 mètres carrés développe avec une cinquantaine d’ingénieurs les solutions du futur pour « consommateurs connectés ».

« Grâce au rayonnement international de Sophia Antipolis, nos clients viennent volontiers sur nos workshops pluridisciplinaires ! », ajoute Alexandre Naressi, le directeur du centre d’innovation d’Accenture Interactive de Sophia Antipolis. En 2014, les américains Ceva (qui a racheté l’azuréenne Riviera Waves) et Quantenna (composants électroniques), le chinois Feitian (solutions de sécurité, encryptage et paiement sécurisé) ont également installé des centres R & D. Des résultats qui peuvent réjouir Laurent Londeix, directeur régional d’Orange Provence-Côte d’Azur et président de Sophia Club Entreprises (90 entreprises employant 16 000 salariés), mais il ne s’en contente pas. « L’emploi progresse, explique-t-il, des entreprises cherchent à s’agrandir, le Business Pôle pour la création de sociétés innovantes est plein, mais la technopole a perdu en visibilité par manque d’animation et d’une vision globale partagée. Pour générer 10 000 emplois de plus d’ici à 2030, le concept doit évoluer. L’enjeu est mondial parce que les entreprises sophipolitaines travaillent pour des marchés mondiaux. »

L’obtention fin juin du label French Tech par Nice – Sophia – Cannes – Grasse a esquissé une démarche territoriale plus collective. L’un des lieux « totems » de French Tech Côte d’Azur est d’ailleurs le Campus SophiaTech, autour de l’université de Nice-Sophia Antipolis (27 500 étudiants), d’Eurecom, de l’Inria, du CNRS et de l’Inra. La présidente de l’université, Frédérique Vidal, s’attache à bâtir des projets tirant le meilleur parti de chaque zone du territoire azuréen. « Sophia aura un centre de référence chargé des “Défis du numérique” et une Maison de la modélisation, de la simulation et des interactions », promet-elle.

La phase de mutation est engagée

Pour Jean Léonetti, le maire (LR) d’Antibes et le président de la communauté d’agglomération Sophia Antipolis (Casa), la mutation est engagée avec la ZAC des Trois Moulins mêlant habitat, bureaux, équipements sportifs, culturels et de proximité, la réalisation de deux bretelles d’autoroute, un bus-tram en site propre à l’horizon 2017… « Sophia a besoin d’orientations nouvelles, mais le modèle n’est pas obsolète, affirme-t-il. En deux ans et demi, près de 4 000 emplois nets ont grossi l’effectif de la technopole. C’est bien que la demande des entreprises existe ! Il y aura des complémentarités à instaurer avec Éco-Vallée, mais l’opération d’intérêt national (OIN) se consolidera sur le long terme. »

En juillet, l’État a labellisé le projet de Smart Campus Nice Sophia Antipolis dans le cadre des appels à projets de la Nouvelle France industrielle, marquant la complémentarité entre la technopole et Éco-Vallée. Le campus de Sophia Tech abritera un réseau électrique intelligent expérimental, sous l’impulsion de l’université Nice Côte d’Azur et du pôle Capenergies, avec Mines ParisTech, ERDF et Alstom. L’initiative se prolongera ensuite sur l’Éco-Campus Nice Méridia dans l’Éco-Vallée.

« La technopole restera l’épicentre de la R & D, déclare Jacques Lesieur, le directeur de Team Côte d’Azur, l’Éco-Vallée peut devenir celui de l’expérimentation des usages dans les écotechnologies et les réseaux et villes intelligentes. Porter ensemble une telle offre dans nos prospections internationales, c’est ouvrir au territoire un boulevard pour de nouvelles filières industrielles. » 

(1) Source CCI Nice-Côte d’Azur – Observatoire Sirius — Juin 2015

« Sophia Antipolis est apparue comme une évidence »


Isabelle Leung, directrice des affaires publiques de Huawei France

« Huawei réalise 70 % de son chiffre d’affaires hors de Chine. La R & D est dans son ADN. Pour notre plan d’investissement en Europe, nous avons étudié les forces et les faiblesses des régions françaises sur l’existence d’un vivier de compétences R & D et la proximité de fournisseurs potentiels. Cela pour accroître nos achats en France dans les algorithmes, le design, la microélectronique et les objets connectés. Sophia s’est imposée rapidement pour ses experts en télécoms, logiciels et composants, la richesse de l’écosystème local industriel et académique et la localisation dans une région attractive et accessible. Sans oublier la motivation des acteurs locaux. Appelé à devenir notre centre de compétences mondial en ISP (Image signal processor) pour améliorer la qualité et la performance d’image des caméras de nos smartphones, le site est depuis passé de 19 à 26 salariés. Huawei a noué des collaborations académiques, appuyé la French Tech Côte d’Azur et organisé à Nice une session de son concours Digital In-Pulse pour la croissance et l’internationalisation des start-up françaises innovantes des objets connectés, de la sécurité et des bâtiments intelligents ». 

 

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