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Solairedirect va faire entrer le solaire compétitif en Bourse

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C’est l’une des trop rares ETI françaises qui s’apprête à entrer en Bourse. D’ici à l’été, Solairedirect compte lever au moins 175 millions d’euros pour poursuivre sa croissance. Avec toujours la même vision, celle d’une énergie solaire compétitive.

Solairedirect va faire entrer le solaire compétitif en Bourse © Solairedirect

Tout un symbole en France où solaire est souvent synonyme de sinistrose : une des rares ETI à entrer en Bourse va être un spécialiste du photovoltaïque. Le développeur et constructeur de parcs photovoltaïques Solairedirect a passé le 4 mars la première étape de son introduction en Bourse sur Euronext avec l’enregistrement de son document de base auprès de l’AMF. L’entreprise fondée en 2006 compte lever en Bourse d’ici à l’été au moins 175 millions d’euros à travers une augmentation de capital. "Nous allons être le premier véhicule du solaire compétitif en Bourse", s’est félicité son président Thierry Lepercq, lors d’une conférence de presse ce jeudi 5 mars.

Derrière le succès de Solairedirect, qui a fait croître son chiffre d’affaires de 45% par an ces 5 dernières années, à 156 millions d’euros sur l’exercice 2014, il y a, selon Thierry Lepercq, une focalisation dès l’origine sur la compétitivité de l’énergie photovoltaïque. L’entreprise revendique une réduction du coût de revient du watt installé de 62% entre l’exercice 2011 et l’exercice 2014 grâce à une industrialisation de toute la chaîne de valeur. L’originalité du français est notamment d’avoir développé une ingénierie financière qui lui permet de réduire le coût du capital des projets.

"Le solaire est une industrie extrêmement capitalistique. Notre métier, c’est de gérer les risques tout au long de la chaîne de valeur pour attirer des investisseurs et obtenir les meilleurs taux", résume Thierry Lepercq. Solairedirect a développé une approche structurée du financement en regroupant des projets, en créant un club d’investisseurs avec qui il a pu répliquer les contrats pour aller plus vite… Au total, l’entreprise revendique environ 1 milliard d’euros levés pour ses projets auprès de grands investisseurs comme le gestionnaire de fonds Blackrock ou la banque publique allemande KfW. Elle affiche 470 mégawatts construits ou en cours de construction.

Un modèle intégré

Solairedirect a su développer un modèle intégré qui lui permet de s’appuyer sur trois métiers. En premier lieu le développement et la construction de parcs solaires qui lui apporte l’essentiel de ses revenus avec un chiffre d’affaires sectoriel (avant consolidation) de 142,3 millions d’euros et une marge brute de 20,2% pour l’exercice 2014. Suivent l’exploitation et la maintenance des parcs développés, enrichies de services au réseau, qui représentent "une source de revenus récurrents sur un stock de parcs qui grossit chaque année avec nos projets", apprécie Julien Pourquéry, directeur administratif et financier de l’entreprise. Soit, pour l’exercice 2014, 5,6 millions d’euros (avant consolidation) pour une marge brute de 45,2%. Enfin, Solairedirect a dès le départ pris des participations dans certains des parcs qu’il construisait. Il en a tiré 1,8 million d’euros (avant consolidation) en 2014.

C’est cette dernière activité que l’entreprise veut développer avec les capitaux levés en Bourse. "Nous comptons investir au moins 150 millions d’euros d’ici à 2017 pour prendre des participations dans nos parcs, avec une gestion dynamique de nos actifs. L’objectif est un minimum de 10% de retour sur investissement grâce à la vente d’électricité, auxquels s’ajouteront les plus-values à la revente", avance Thierry Lepercq.

Présent sur quatre continents, Solairedirect mise enfin sur l’essor du solaire dans les pays émergents, en particulier en Afrique, en Amérique centrale et latine, en Inde et en Asie du Sud-Est où le photovoltaïque devient compétitif avec les autres sources d’électricité. "C’est un changement de paradigme absolu. Les marchés de l’électricité vont en être bouleversés", prédit Thierry Lepercq.

Manuel Moragues

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1 commentaire

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17/03/2015 - 18h20 -

Afin que cet article soit complet il aurait fallu, pour mettre en perspective les chiffres annoncés sur 2014, rappeler que cette même année 2014, 70 personnes ont été licenciées pour motif économique dans le cadre d'un PSE....à bon entendeur.
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