Snips, la start-up française qui veut faire disparaître la technologie, lance son assistant vocal

La start-up française Snips lance officiellement ce mercredi 14 juin sa plate-forme vocale private by design destinée à doter (presque) tout appareil d'un assistant vocal. Et annonce avoir levé près de 12 millions d'euros (13 millions de dollars).

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Snips, la start-up française qui veut faire disparaître la technologie, lance son assistant vocal
Grâce à l'intelligence artificielle, Snips veut doter tous les appareils d'une interface vocale.

L'interface voix est le sujet chaud du moment en intelligence artificielle. Snips est dans le tempo. La start-up parisienne lance commercialement ce mercredi 14 juin sa plate-forme vocale destinée à équiper toutes sortes d'appareils d'un assistant vocal. Et lève plus de 12 millions d'euros (13 millions de dollars) auprès de MAIF Avenir et Bpifrance, accompagnés d'Eniac Ventures – déjà présent au capital – et de K-Fund 1 (conseillé par Korelya Capital).

"Les fonds levés vont nous permettre d'une part de poursuivre notre R&D et d'autre part de monter une équipe commerciale pour se développer à l'international", explique à L'Usine Nouvelle le PDG fondateur de Snips, Rand Hindi. Qui revendique "travailler depuis deux-trois mois avec une centaine de clients potentiels", des fabricants d'appareils "qui rêvaient d'intégrer un assistant vocal dans leurs produits".

"Réveille-moi mercredi prochain à 7h avec Shakira"

La plate-forme vocale de Snips combine la détection de "hotwords", ces mots à prononcer pour "réveiller" l'assistant vocal, la reconnaissance vocale (automated speech recognition), qui transforme les paroles de l'utilisateur en texte, la compréhension du langage naturel (natural language understanding), qui traduit ce texte en instructions pour la machine, et la génération de réponses vocales. De quoi programmer son réveil en lui disant : "Réveille-moi mercredi prochain à 7h avec Shakira", ou commander à son réfrigérateur connecté : "Ajoute de la soupe à ma liste de courses".

La spécificité de la plate-forme de Snips, c'est avant tout de s'appuyer sur "une technologie 100% embarquée capable de tourner sur des appareils aussi simples qu'un Raspberry Pi3 [un nano-ordinateur monocarte, ndlr]", pointe Rand Hindi. Premier avantage : pas besoin de connectivité, pas d'envoi de données personnelles dans le cloud et indépendance vis-à-vis des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), qui, eux, envoient les instructions vocales des utilisateurs dans leur cloud pour les traiter.

"La seule plate-forme vocale private by design du marché"

"Nous sommes la seule plate-forme vocale private by design du marché mondial, donc la seule à être complètement garantie conforme aux réglementations comme le GDPR européen [Réglement général sur la protection des données, NDLR]. C'est fondamental : la voix étant une donnée biométrique, elle sera soumis aux réglementations les plus strictes du GDPR. Pour envoyer une commande vocale dans le cloud, il faudra recueillir le consentement de celui qui parle. Comment faire dans un magasin, ou même chez soi en présence d'invités ? Et n'oublions pas le risque d'une amende dont le montant peut grimper à 4% du chiffre d'affaires global de l'entreprise en infraction !", relève le dirigeant.

Second avantage de l'embarqué : Snips peut proposer une tarification à l'appareil équipé et non à la requête utilisateur, comme c'est le cas avec les services dans le cloud. "Cela nous permet d'aligner notre modèle d'affaires avec celui de notre client. Nous faisons de l'assistant vocal un composant comme les autres du produit."

5,6 millions d'euros déjà levés en 2015

Fondée en 2013 en tant que laboratoire de R&D dans l'intelligence artificielle (IA), Snips a d'abord travaillé notamment avec la SNCF et La Poste sur des prédictions de fréquenation avant de développer une application pour smartphone visant à servir d'interface entre l'utilisateur et les différentes apps présentes sur le smartphone. L'idée étant, via l'IA, de suggérer les bonnes réponses aux requêtes de l'utilisateur grâce à l'analyse de son contexte, sans qu'il ait à creuser dans ses apps. Snips a levé 5,6 millions d'euros en 2015.

"Mais en progressant dans les technologies vocales, on a décidé d'arrêter de développer des applications mobiles contextuelles pour se lancer dans la voix, raconte Rand Hindi. Et de devenir fournisseur de technologies pour des tiers pour aller beaucoup plus vite." La philosophie – la "mission" – de la start-up reste cependant identique, insiste le dirigeant : "Nous voulons faire disparaître la technologie en mettant l'intelligence artificielle à l'interface entre l'homme et la machine."

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