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Sivens, Notre Dame des Landes, Roybon... Les trois moteurs de la contestation

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Publié le , mis à jour le 19/12/2014 À 07H43

Analyse Selon France Info et France Nature Environnement, 104 "grands projets", d'infrastructures ou d'équipement, seraient contestés en France au niveau local. Au-delà du phénomène NIMBY, ces rejets prend sa source dans le sentiment, au niveau local, de ne pas avoir de prise sur des projets venus d’en haut. Le temps trop long de gestation, la montée d’une idéologie écologique conservatrice aussi et une organisation déficiente des débats publics alimentent les contestations. Face à cela, il est urgent pour les pouvoirs publics de repenser la manière dont ils dialoguent avec les populations.

Sivens, Notre Dame des Landes, Roybon... Les trois moteurs de la contestation © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Barrage de Sivens. Décharge de Nonant-le-Pin. Ligne TGV Lyon-Turin. Aéroport Notre Dame des Landes. Ferme des 1000 vaches. Center Parcs en Isère… De plus en plus de projets d’aménagement ou d’infrastructure sont contestés par les populations locales. Pour des raisons écologiques ou par simple réflexe NIMBY (not in my back yard, pas dans mon jardin), des groupes organisent la lutte pour stopper ces initiatives, alors même que ces dernières ont obtenu toutes les autorisations nécessaires.

Sans se prononcer sur le fonds, plusieurs raisons font de ces événements des casus belli :

1. Ces projets sont souvent vides de sens

Le temps de leur mise en œuvre est (trop) long. De l’idée aux premiers coups de pioche, il peut se passer plusieurs années voire décennies. L’aéroport notre dame des landes a été lancé dès 1963. Quant au barrage de Sivens, son bien-fondé s’appuie sur des études d’impact et de besoins datant de 1999/2000 qui semblent anachroniques 14 ans après. Du fait de ces processus lents, au moment où ils sortent de terre, on a souvent oublié le pourquoi de ces projets : ils se retrouvent de fait vidés de leur sens.

2. Un nouveau conservatisme vert émerge

Les opposants à ces projets constituent une foule homogène mais leurs motivations profondes sont extrêmement diverses. Ces projets font l’unanimité contre eux en cristallisant différents ressentiments. Cependant, partout, s’exprime une forme d’écologie radicale. Sous prétexte de préserver le vivant, ses partisans veulent le figer. Ils sont dans une nouvelle forme de conservatisme qu’ils expriment dans leur obsession à préserver les paysages et l’environnement de tout changement.

A lire >> Les 104 projets qui révoltent les défenseurs de l'environnement

D’une certaine manière, ils mettent sous cloche le vivant, ils le naturalisent… oubliant (pardon pour cette lapalissade) que le vivant vit ! Dans le sens ou il évolue, change, mute (pas seulement sous l’action de l’homme). Ce mouvement c’est l’essence même de la nature. Alors vouloir la préserver tel qu’elle est n’est-ce pas une vision et une envie mortifère finalement ?

3. Chaque voix compte

Ces contestations marquent aussi un changement d’ère en matière de démocratie. Localement, ces grands projets ne sont pas acceptés car ils ont rarement été choisis par les populations "du cru". Ces dernières ne comprennent pas le fondement de ces projets, souvent "déclarés d’utilité publique" à leur insu. Cette incompréhension naît souvent parce que les habitants n’ont pas été associés en amont au projet, dès la phase de conception. C’est en tout cas le sentiment qu’ils ont à tort ou à raison, malgré les efforts réalisés par l’État et les collectivités via la fameuse enquête d’utilité publique.

La réalité est que ces enquêtes n’impliquent que peu de monde car elles donnent aussi l’impression de "valider" un projet déjà bien avancé. Les pouvoirs publics et promoteurs privés vont donc devoir apprendre à parler vraiment avec toutes les parties prenantes. Leur donner la parole vraiment, les considérer c’est-à-dire leur donner prise sur la réalité, leur environnement pour in fine dégager un authentique consensus. Cela prend du temps ? Sans doute mais pas autant que celui qui est perdu à maîtriser les guérillas qui se mettent en place une fois les projets sortis de terre.

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2 commentaires

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17/12/2014 - 14h12 -

Sauf qu'autrefois les projets avaient essentiellement pour but de faire baisser les coûts pour rendre accessible au plus grand nombre la technologie. Chose qu'on a un peu tendance à oublier, sous prétexte de technologie, censée permettre les économies, mais qui font aujourd'hui tout le contraire. Ce n’est pas en concentrant la richesse dans les grandes villes qu’on créera des emplois et qu’on fera des économies mais plutôt en encourageant la diversité sur l’ensemble des territoires. Comment expliquer par exemple les coûts d’internet ou de ses applications, de l’électricité ou des autoroutes qui devaient permettre le désenclavement des régions isolées et que les contribuables ont financés, du pétrole lorsque l’on voit les tarifs pratiqués dans d’autres pays aussi développés, etc.. Comment expliquer qu’un dirigeant, qui n’a même pas crée l’entreprise puisse gagner plus de mille fois le salaire d’un des ouvriers ? A quoi servent les grands projets si les usages sont réservés à quelques-uns ? Ou qu'ils nous privent d'une jouissance dont la nature nous avait fait cadeau ?
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16/12/2014 - 11h35 -

Les nombreuses études que nous avons menées, depuis une dizaine d’années, sur les conflits d’infrastructure, révèlent souvent un manque de démocratie. En dépit des enquêtes et déclarations d’utilité publique, les populations locales se sentent exclues du processus de décision, et peu ou mal défendues par leurs « représentants » dans les tours de tables. Une bonne partie de ces conflits pend également une forme juridique (un recours aux tribunaux n’est pas incompatible avec une manifestation), et les tribunaux, en particulier administratifs, sont alors sensibles à la dimension environnementale ou écologique. Il est mieux porté et reconnu de faire référence à une atteinte de type écologique, en particulier en matière de biodiversité, que de se plaindre d’une dégradation d’un cadre de vie… en tout cas pour l’instant…
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