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L'Usine Santé

Servier soulage « on line »

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En complément de ses traitements médicamenteux, la filiale allemande des laboratoires Servier a développé une thérapie en ligne contre la dépression.

Servier soulage « on line »
Fondé sur l’IA, Deprexis simule une consultation entre le psycho-thérapeute et le patient.

Alors que la numérisation progresse dans tous les domaines, les laboratoires pharmaceutiques ne se contentent plus, eux aussi, de vendre des médicaments. Dans leur stratégie de différenciation, ils sont de plus en plus nombreux à accompagner leurs produits de services en ligne. « L’objectif est aujourd’hui de fournir un ensemble de solutions autour d’une pathologie, ce qui va permettre au fabricant de renforcer le lien avec le médecin et le patient final, constate Mario Weiss, le PDG de Gaia, une société implantée à Hambourg qui développe des plates-formes numériques et de réalité augmentée pour le secteur de la santé. Elles ont pour but d’accompagner le malade, en particulier dans les affections chroniques. » Comme des programmes à destination des diabétiques pour les aider à suivre leur taux d’insuline ou encore des sites délivrant des conseils nutritionnels aux personnes atteintes d’un cancer. Récemment, le laboratoire Teva a aussi mis en place un service de mailing en soutien psychologique aux couples engagés dans un processus de FIV.

D’autres dispositifs ont davantage une vocation thérapeutique. C’est le cas de Deprexis24 sur laquelle Gaia a travaillé pour le compte de Servier. Fondé sur l’intelligence artificielle, ce site internet simule la consultation entre un psychothérapeute et son patient, atteint de dépression légère et de troubles du comportement, en complément ou non d’une médication. À l’aide de QCM, ce dernier renseigne le programme sur son humeur et son état psychique, ce qui permet à la base de données de lui expliquer la cause de ses troubles, puis de lui proposer des activités physiques et mentales afin de les soulager. « En développant ce logiciel, nous avons voulu offrir une alternative aux délais d’attente qui s’allongent pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste, argue Oliver Kirst, le directeur général de Servier Allemagne. Et ce, alors que le malade a parfois besoin d’un suivi immédiat. « Nous soulageons de fait les praticiens dans la gestion de leur patientèle, malgré le manque de temps, insiste Oliver Kirst. D’un autre côté, en soutenant le malade dans son traitement, nous voulons aussi renforcer sa confiance dans notre marque. »

Essais cliniques randomisés

Lancée en 2015, cette thérapie virtuelle d’appoint attire actuellement plusieurs milliers d’utilisateurs en Allemagne. Pour y avoir accès, ces derniers doivent au préalable obtenir un code d’accès, fourni par Servier. Selon le laboratoire, Deprexis24 leur est le plus souvent conseillé soit par leur analyste, soit par certaines caisses d’assurance maladie avec lesquelles le laboratoire a des accords. L’accès au site – près de 300 euros pour trois mois – peut d’ailleurs être entièrement ou partiellement remboursée. « Mais pour séduire les médecins et les encourager à prescrire cette solution, il est indispensable de proposer un outil professionnel et non pas marketing, met en garde Mario Weiss. Pour cela, je conseille de mettre son efficacité scientifique en avant. »

Gaia a donc commencé, il y a une dizaine d’années, par dresser un état des connaissances en matière de thérapies cognitivo-comportementales, à partir d’études scientifiques et de vidéos de consultations-types : comment s’adresser au patient, quelles techniques fonctionnent ? Face à la grande quantité d’informations, l’entreprise s’est fait aider par les services d’intelligence artificielle d’Airbus pour compiler les données. En parallèle, de nombreux essais cliniques randomisés ont été menés – et le sont encore – pour comparer les progrès observés chez les dépressifs utilisant le site internet, comparés à d’autres méthodes (médication simple, psychothérapie en présentiel). « Au total, ces études ont inclus plus de 2 000 individus et nous communiquons régulièrement sur les résultats, insiste Mario Weiss. À défaut, le risque est grand que des malades se tournent sur internet vers des logiciels qui ne sont pas efficaces ni contrôlés, ce qui pourrait les rendre rétifs à ces solutions ou encore avoir des conséquences graves pour leur santé. » 

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