Schneider Electric envisage l’électronique imprimée pour la moitié de ses produits

Prises électriques, interrupteurs, disjoncteurs, tableaux électriques… Le leader mondial de la gestion de l’énergie Schneider Electric voit l’électronique imprimée entrer à terme dans la moitié de ses produits. A condition que cette technologie fasse ses preuves en termes de flexibilité, de tenue en température, de durabilité, de recyclage ou encore de respect des standards.

 

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Schneider Electric envisage l’électronique imprimée pour la moitié de ses produits
Tableau électrique de Schneider Electric pour le résidentiel

L’électronique imprimée intéresse Schneider Electric. Le leader mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes, qui compte 142 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 25,7 milliards d’euros en 2018, investit depuis quatre ans pour se constituer une expertise dans cette technologie et se préparer à l’intégrer massivement dans ces produits.

Réduction des coûts et de la consommation d'énergie

" Nous en avons besoin pour innover et créer nos produits de demain, explique Nicolas Leterrier, chief technology officer chez Schneider Electric en marge des Rencontres de l’électronique imprimée à Paris le 6 mars dernier. Elle peut nous aider à nous affranchir de l’électronique traditionnelle, avec des capacités d’intégration en 3D, de déposition sur des surfaces non planes ou de déport des fonctions électroniques du cœur de produit. Sa fabrication sur des substrats de grande surface peut nous apporter aussi une réduction des coûts. Cette technologie peut par ailleurs contribuer à réduire la consommation d’énergie, ce qui est l’obsession de la société. "

Schneider Electric l’entrevoit d’abord pour les capteurs de courant, tension ou température à intégrer dans les prises électriques, interrupteurs, disjoncteurs ou tableaux électroniques pour des fonctions de contrôle, de monitoring et d’alerte. Le groupe collabore dans les capteurs infrarouges avec Isorg, une pépite grenobloise spécialisée dans la fabrication de capteurs par impression. " L’intégration de ce type de capteurs dans le tableau électronique fournit une vision de la température intérieure, note Nicolas Leterrier. Le système peut couper le courant de certains postes de consommation pour éviter que la température ne montre trop puis les remettre en alimentation une fois la température a baissé. "

Manque de recul sur le vieillissement

Le groupe, dirigé par Jean-Pascal Tricoire, utilise déjà l’électronique imprimée de façon anecdotique pour de capteurs de courant dans les disjoncteurs ou des afficheurs en papier électronique pour les thermostats. Mais il attend la levée de certains verrous techniques avant le passage au déploiement à grande échelle. " Nous manquons de recul sur cette technologie en termes de vieillissement, remarque Nicolas Leterrier. Nos produits, comme les disjoncteurs, ont une durée de vie de plus de sept ans. Nous ne savons pas si les encres de l’électronique imprimée peuvent durer aussi longtemps. Il y a aussi des questions de tenue en température, d’intégration dans les procédés existants, de recyclage ou encore de compatibilité avec les standards. Il manque par ailleurs les outils CAO et simulation multiphysique indispensables à la conception. Il nous faudra des outils hybrides électronique-mécanique. " Autant de défis lancés à l’ensemble de la filière d’électronique imprimée.

C’est pour étudier ces questions que Schneider Electric a créé, il y a quatre ans, une chaire avec INP Grenoble. " Nous avons investi à ce jour environ 1 million d’euros dans cette initiative, confie Nicolas Leterrier. Nous avons volontairement choisi ce modèle ouvert de coinnovation pour favoriser l’émergence d’un écosystème. Grâce à ce travail, nous commençons à avoir une vision précise sur la conductivité, la sérialisation et l'intégration 3D d’électronique imprimée sur substrats plastiques. "

Début de déploiement dans 2-3 ans

Le début de déploiement à grande échelle de la technologie est attendu dans 2-3 ans. "A terme, tous nos produits dédiés au bâtiment pourraient être touchés, ce qui représente la moitié des produits du groupe", prévoit Nicolas Leterrier.

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