Economie

[Sauver l'industrie] Pierre Verzat, président du Syntec Ingénierie: "Misons sur la formation et la reconversion de nos ingénieurs pour enclencher la relance"

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Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose des mesures. Aujourd'hui, Pierre Verzat, président du Syntec Ingénierie, plaide pour un soutien à la formation des ingénieurs de l'automobile et de l'aéronautique pour éviter "la désintégration des filières de pointe".

[Sauver l'industrie] Pierre Verzat, président du Syntec Ingénierie: Misons sur la formation et la reconversion de nos ingénieurs!
Pierre Verzat plaide pour la formation des ingénieurs afin de relancer les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique.
© D.R.

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

"L’aéronautique et l’automobile sont parmi les secteurs les plus violemment touchés par la crise liée à la Covid-19. Confinement, limitation des déplacements, distanciation sociale… Les mobilités ont été mises à l’arrêt, ébranlant tout un pan de notre économie. Rien que dans l’ingénierie, ce sont plus de 20 000 emplois qui sont aujourd’hui menacés. Dans un contexte de compétition mondiale des talents, il est urgent de conserver les compétences et l’innovation en France. Les ingénieurs, qui conçoivent les projets de demain, seront les cerveaux de la relance. Nous avons besoin d’eux pour mettre sur pied l’avion vert, la voiture à hydrogène… Ne risquons pas la désintégration de nos filières de pointe. Mettons l’accent sur la formation et la reconversion.

La crise qui secoue les filières aéronautique et automobile françaises est profonde et durable. Elle frappe tous les acteurs de l’écosystème. L’ingénierie, qui intervient en sous-traitant, est dans une position particulièrement critique. Sur les 40 000 emplois qu’elle génère dans ces secteurs, la moitié est ainsi directement menacée. Ce que l’on craint en parallèle, c’est un double phénomène : l’expatriation des jeunes ingénieurs hors de France, d’une part, et la délocalisation durable de certaines activités vers des zones à plus bas coût, d’autre part. Ce scénario serait absolument catastrophique, car il signerait le démantèlement de la filière française, et avec lui la perte des compétences qui font notre renommée et notre attractivité partout dans le monde.

Alors que le gouvernement entend garantir la souveraineté économique de notre pays, il faut de toute urgence conserver en France les emplois, les compétences et l’innovation de nos filières automobile et aéronautique. Un accord de branche Syntec a été signé le 10 septembre dernier pour garantir l’activité partielle longue durée (APLD). Ce dispositif est absolument nécessaire et vital pour conserver l’emploi. Néanmoins, il ne pourra suffire pour préserver l’employabilité de nos professionnels et maintenir à flot notre capacité d’innovation. Six mois d’inactivité, c’est déjà six mois de retard dans la compétition mondiale et autant de temps perdu pour enclencher la relance !

Le gouvernement entend soutenir le développement de l’avion vert, des véhicules électriques et hybrides. La première nécessité est d’investir dans l’innovation, car c’est dès maintenant que les ingénieurs doivent mettre sur pied les mobilités de demain. Pour garantir l’avance technologique de la France, il est également crucial d’enrichir les compétences de nos professionnels en les formant aux technologies de pointe : hydrogène, électrique, hybride... Cela ne pourra néanmoins pas suffire à occuper tous les ingénieurs des filières aéronautique et automobile. Il faut donc, en complément, créer des passerelles professionnelles qui favorisent la reconversion vers les secteurs industriels d’avenir, tels que la pharmacie, l’énergie, le ferroviaire ou l‘environnement. La relance ne pourra être amorcée sans le concours des ingénieurs qui conçoivent les projets de demain. L'avenir de la France, c'est de garder ses cerveaux. Investissons dans la formation de nos professionnels des secteurs aéronautique et automobile !"

Pierre Verzat est le président de la fédération professionnelle Syntec Ingénierie

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