Economie

[Sauver l’industrie] Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group : "Il faut resserrer les liens entre le système éducatif, les familles et l’industrie"

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Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui, Pierre Éric Pommellet, Président-Directeur-Général de Naval Group, appelle à faire découvrir les métiers industriels dans toute leur richesse et battre en brèche des préjugés qui ont la vie dure... afin d’attirer tous les profils.

[Sauver l’industrie] Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group : Resserrons les liens entre le système éducatif, les familles et l’industrie
Pierre Éric Pommellet est le PDG de Naval Group.

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

"Pour que l’image de l’industrie soit en adéquation avec ce qu’elle est aujourd’hui – une industrie de pointe accueillant des profils variés – faisons-la découvrir aux Françaises et aux Français. Faisons-la découvrir à nos enseignants, aux acteurs éducatifs, aux parents qui préparent l’orientation de leurs enfants, aux professionnels en recherche de reconversion. Resserrons les liens entre l’industrie, le système éducatif et les familles ; établissons davantage d’interactions et de partenariats avec des filières de formation liées à nos activités.

L’industrie navale militaire est une activité du temps long. Les bateaux et sous-marins que nous réalisons aujourd’hui chez Naval Group navigueront pendant des dizaines d’années. Les enfants qui naîtront demain en seront les futurs marins.

Concevoir, produire, soutenir ces produits complexes nécessitent plus de 400 compétences, parfois très spécifiques et aux temps d’acquisition longs. Il faut par exemple entre six et douze ans pour maîtriser la soudure d’une coque épaisse, entre quatre et cinq ans pour savoir ajuster les mécanismes de propulsion de nos navires. C’est de l’horlogerie de très haute précision. L’ampleur de nos programmes navals de souveraineté nous incite à recruter dès maintenant les compétences de demain, à la fois sur les métiers socles de l’industrie navale et sur nos nouveaux métiers.

Perspectives exceptionnelles et Pénurie de main d'oeuvre

Naval Group emploie plus de 15 000 collaborateurs en France et a déjà renouvelé un tiers de ses effectifs en cinq ans. Nous poursuivrons nos recrutements dans les années qui viennent. Malgré cette dynamique et les perspectives exceptionnelles que nous offrons, nous faisons face à une pénurie de main d’œuvre qualifiée dans plusieurs domaines et certains métiers sont en tension. Ces difficultés de recrutement pénalisent notre activité. Plus largement, le décalage entre nos besoins et les cursus de formation existants pénalise tout le terreau industriel français.

L’une des priorités des acteurs publics et industriels doit donc être de rapprocher tous ceux qui participent à la formation initiale et continue de nos forces vives : corps professoral, parents, institutions… Nous devons faire découvrir nos métiers industriels dans toute leur richesse et battre en brèche des préjugés qui ont la vie dure.

Aujourd’hui, l’industrie est résolument moderne et vivante. Elle intègre les technologies de réalité virtuelle et de réalité augmentée dans les métiers de la production. Nos collaborateurs s’appuient par exemple sur les maquettes 3D de nos navires ou la fabrication additive robotisée pour les produire. Si la dénomination de certains métiers, « chaudronniers » ou « tôliers », n’évoque pas spontanément les outils de haute technologie, ils appartiennent bien à leur quotidien.

La réponse à ce manque de main d’oeuvre doit être collective

L’industrie est ouverte à tous les profils. Naval Group se réjouit par exemple d’intégrer de plus en plus de femmes dans ses ateliers. La diversité sous toutes ses formes est bénéfique à la vie d’équipe, enrichissante, et nous devons la promouvoir auprès des jeunes, dès la petite enfance, mais aussi auprès des moins jeunes.

L’industrie, c’est le travail de la matière. Ce sont des métiers concrets et valorisants dont le résultat est visible. Rien n’égale le sentiment d’accomplissement éprouvé quand un sous-marin ou une frégate prend la mer pour la première fois.

La réponse à ce manque de main d’oeuvre doit être collective. Par exemple, l’initiative du Campus des industries navales (CINav), née sous l’impulsion de Naval Group et de la Région Bretagne, regroupe les industriels de la filière navale : régions, acteurs académiques et syndicats professionnels. Elle vise à développer l’attractivité des métiers du naval, à maritimiser les formations et à labelliser les parcours de formation pour disposer de compétences répondant aux exigences des industriels.

Pour préparer l’avenir, travaillons ensemble, Etat, Collectivités, enseignants, entreprises, à resserrer les liens de l’ensemble de la société avec l’industrie".

Pierre Éric Pommellet, Président-Directeur-Général de Naval Group

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1 commentaire

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20/10/2020 - 12h19 -

Faire découvrir les beaux métiers de l'industrie encore faut-il ouvrir ses portes, notamment à la jeunesse. Pourquoi Naval-Group ne fait plus de journées "portes ouvertes"? Pourquoi Naval-Group n'ouvre-t-il plus ses portes aux stagiaires de 3ème ou aux jeunes moins de 18ans? Pourquoi les "jobs d'été" ont-ils disparu? La parole est là, encore faut-il y ajouter les actes. A vous de jouer President Pommelet.
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