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[Sauver l’industrie] Patrick Artus : "Ramenons les impôts de production français au niveau de la moyenne européenne"

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Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie" . Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui, l’économiste Patrick Artus décrypte le "triptyque infernal" auquel sont confrontées les entreprises françaises pour inviter à une baisse plus conséquente des taxes de production.

[Sauver l’industrie] Patrick Artus : Ramenons les impôts de production français au niveau de la moyenne européenne
Patrick Artus est chef économiste de Natixis. Son dernier ouvrage s'intitule "40 ans d'austérité salariale. Comment en sortir ?"
© Luc Perenom

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

"Les bénéfices de la réindustrialisation ne sont plus à démontrer : elle génère des emplois qualifiés, bien rémunérés, à la productivité élevée, donc elle permet d’augmenter le niveau de vie et la croissance potentielle ; elle apporte une moindre dépendance vis-à-vis du reste du monde pour les productions stratégiques (dans le domaine des équipements pour la transition énergétique, du médicament, des télécoms...).

Sortir du triptyque infernal

Mais la réindustrialisation est difficile en France, puisque la France est caractérisée par un « triptyque infernal » : compétences faibles de la population active, coûts salariaux élevés, pression fiscale forte sur les entreprises. Après la crise de la Covid, les entreprises vont essayer de redresser rapidement leur profitabilité et vont donc chercher à produire dans des pays où les coûts et la pression fiscale sont faibles. Le problème est que, alors que tout le monde appelle de ses vœux la réindustrialisation et les relocalisations, il y ait au contraire en France une nouvelle vague de délocalisations et de désindustrialisation.

Il faut donc travailler sur le « triptyque infernal ». Améliorer les compétences est indispensable mais prendra beaucoup de temps. Baisser les salaires ou même choisir une politique de modération salariale durable est socialement et politiquement difficile. Il reste deux pistes.

Aides directes limitées

La première est que l’Etat apporte des aides directes aux entreprises, des subventions, qui réduisent le coût de production et rendent compétitive la production en France. Mais ceci ne peut se faire que pour un nombre limité de secteurs stratégiques (médicament, batterie électrique, hydrogène...). C’est d’ailleurs prévu dans le plan de relance annoncé en France.

La seconde est une baisse importante des impôts des entreprises, qui sont nettement plus élevés (à cause des cotisations sociales et des impôts de production) que dans les autres pays européens. Le plan de relance prévoit une baisse de 10 milliards d’euros des impôts de production ; pour amener la France sur ce point au niveau des autres pays européens, il faudrait une baisse beaucoup plus forte, d’au moins 30 milliards."

Patrick Artus est chef économiste de Natixis. Son dernier ouvrage s'intitule "40 ans d'austérité salariale. Comment en sortir ?"

 

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