Economie

[Sauver l’industrie] Olivier Lluansi, associé PwC : "Structurer la demande du Made in France"

Anne-Sophie Bellaiche ,

Publié le

Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Chaque jour pendant un mois, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui, Olivier Lluansi, associé Pwc, qui a lancé le programme "Territoires d’industrie" en 2018, incite à travailler au-delà de l’offre "made in France" sur les problématiques concrètes de la demande tant des consommateurs que des acheteurs publics ou BtoB.

[Sauver l’industrie] Olivier Lluansi : Structurer la demande du Made in France
Olivier Lluansi, associé Pwc, avait lancé le programme "Territoires d’industrie" en 2018.
© DR

Sommaire du dossier

"Avant la crise, la France était de loin le premier pays d’Europe pour son attractivité industrielle preuve du renouveau de notre compétitivité, non pas totale ou globale, mais sans doute distribuée dans des sous-parties des chaines de valeur.

Malgré tout, l’emploi industriel croissait faiblement et la création de sites industriels de taille intermédiaire (200-300 employés) faisait exception… comme si nous n’avions pas su encore mobiliser cet atout retrouvé. Avec la crise sanitaire et économique actuelle, il serait inacceptable de se satisfaire de cette situation.

Les leviers sont connus : mobilisation des filières, aide à l’innovation, soutien à l’investissement et le dynamisme des territoires. Toutefois, un thème me semble aujourd’hui dangereusement absent de nos réflexions : l’écoute des consommateurs et des donneurs d’ordre. C’est particulièrement patent pour les relocalisations, on ne relocalise pas pour relocaliser mais pour répondre d’abord aux attentes de ces derniers. Qu’est-ce que cela signifie-t-il concrètement ?

L’Etat et les collectivités locales se doivent d’être exemplaires dans leurs achats de proximité pour soutenir l’emploi, d’où l’évidence à quand un M. ou une Mme "Commande publique" qui guiderait leurs acheteurs dans le dédale de ces "trucs et astuces" permettant de s’approvisionner "Made in France" ou "Made in Europe", en toute légalité malgré les étranges interdits des règles européennes ?

Les PMI et les ETI craignent légitimement de nouvelles ruptures de leurs approvisionnements provenant de l’étranger, dont 20% présentent désormais de réels risques : à quand un programme national de sécurisation des approvisionnements industriels, qui conduirait indirectement à relocaliser ?

Avant même la crise, les grands donneurs d’ordre connaissaient leurs vulnérabilité et les intrants stratégiques : à quand la formalisation d’un collège d’"ambassadeurs" pour porter ce thème et construire des solutions mutualisées, parfois nationales ou européennes ?

Les consommateurs sont perdus dans la multiplicité des labels locaux ou nationaux : à quand une initiative réglementaire et une campagne massive de communication qui clarifie ceci ?

C’est en catalysant ces différents besoins, parfois en les structurant de manière volontariste, qu’il sera possible d’atteindre l’objectif proposé par l’Alliance pour l’industrie du futur : 20 milliards par an de valeur ajoutée industrielle supplémentaire. C’est moins de 10% de nos importations à relocaliser. C’est surtout l’équivalent 200 000 emplois, 2 ou 3 usines nouvelles par ville intermédiaire : de quoi consolider l’économie de nos territoires, d’enrayer en partie leur déclassement."

Olivier Lluansi est associé chez PwC

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