Economie

[Sauver l’industrie] François Hommeril, président de la CFE-CGC : "Au delà du slogan, la relocalisation passe par l’investissement"

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Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd’hui, François Hommeril, président de la CFE-CGC, ancien ingénieur, en appelle à l’investissement, public et privé, "pour que la relocalisation ne reste pas un slogan".

[Sauver l’industrie] François Hommeril, président de la CFE-CGC : Un seul moyen, l’investissement
François Hommeril, président de la CFE-CGC, réclame un ministère de l'Industrie de plein exercice.

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

"L’industrie va à l’industrie. Ce constat simple s’impose partout où l’expertise économique analyse le flux des implantations et du développement à travers 150 ans d’histoire industrielle en France.

De la chute d’eau à la turbine, du gisement de gaz ou de charbon à la chaudière, c’est l’énergie transformée par le génie humain qui localise les implantations des grandes filières de la métallurgie, de la chimie et des industries associées. Ainsi s’est créé, au fil des ans, un "terroir", irrigué par le progrès technologique et social. Des régions se spécialisent, autour de principes essentiels : compétence, intelligence partagée, attachement à une entreprise et à un métier, espérance en une vie meilleure au sein d’un collectif de travail. Une communauté de destins qui transmet ses codes de génération en génération.

Notre développement, au cours du XXe siècle, est indissociable de l’histoire industrielle. Un peuple d’inventeurs, formés dans les meilleures écoles et centres de formation, du CAP au doctorat, a construit la 5e puissance économique du monde. Associant qualité des produits et des infrastructures, l’industrie est le moteur principal du développement des territoires et du progrès social. Une machine à intégrer que certains feignent de redécouvrir.

Investir dans la recherche, les compétences, les usines

Car l’industrie a souffert du désintérêt de la classe politique. Victime de l’économie casino (mondialisation, financiarisation, gestion par les coûts), mais surtout de l'incompétence de certains dirigeants, du manque de vision, d’ambition et de courage, quand ce n’était pas l’appât du gain. Abandonnée de tous les gouvernements depuis trente ans, l’industrie se meurt, victime du syndrome chinois : tout donner avant les autres, marchés et technologies. Victime de la démagogie qui flatte l’inculture et la doxa du profit à court terme.

Mais rien n’est jamais perdu à qui affiche la volonté sincère d’inverser la tendance. La relocalisation est encore un slogan. Pour en faire une réalité, un seul moyen : l’investissement. Investir dans la recherche, publique et privée. Dans les compétences, en développant la formation qualifiante. Rebâtir des usines en France, conditionner les aides publiques et investir dans les infrastructures. Face à cet enjeu, il faut un ministère de plein exercice et faire confiance aux acteurs du terrain. Le chômage de masse, qui pollue nos vies et déconstruit la société, ne sera pas vaincu sans ce projet fédérateur de redéploiement industriel."

François Hommeril est le président de la CFE-CGC, le syndicat de l'encadrement

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