Economie

[Sauver l'industrie] Arnaud Montebourg : "Non à la cathédrale bureaucratique du plan de relance, oui à un financement massif des relocalisations"

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Publié le , mis à jour le 21/09/2020 À 15H43

Tribune L’Usine Nouvelle lance "l’appel des 30 pour sauver l’industrie". Pendant 30 jours, une personnalité propose une mesure. Aujourd'hui Arnaud Montebourg, chantre du made in France, s'alarme du risque d'enlisement d'un plan de relance trop complexe et prône un grand programme de relocalisations.

[Sauver l'industrie] Arnaud Montebourg : Non à la cathédrale bureaucratique du plan de relance, oui à un financement massif des relocalisations
Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie et entrepreneur
© JEFF PACHOUD / AFP

Sommaire du dossier

[Découvrez ici "L'appel des 30" initié par la rédaction de L'Usine Nouvelle]

Les décisions de relocalisations prises par les grands groupes, ETI et PME, pour elles-mêmes ou leur sous-traitance seront une composante importante de notre reconstruction industrielle. Ce sont des décisions difficiles car elles nécessitent de prendre le risque de reconstruire un appareil partiel ou complet de production sur le sol national en acceptant souvent de s’éloigner du prix mondial de production. Souvent, les implantations de lignes de production équipées en robotique permettent de ne pas perdre en compétitivité par rapport au prix mondial mais limitent en conséquence le nombre de créations d’emplois relocalisés. Peu importe, l’essentiel est le rapatriement de la création de valeur, des savoir-faire et d’embryons industriels qui deviendront grands.

L'exemple japonais

Le gouvernement japonais a mis avec la crise du Covid-19 2 milliards d’euros sur la table, pour financer sans critère restrictif le rapatriement des usines en Chine vers le Japon en subventionnant les 3/4 du coût du déménagement. Il a été submergé par le succès : ce sont 1 674 projets d’une valeur de 14 milliards d’investissements industriels au Japon qui sont proposés par les entreprises japonaises dans ce programme de rapatriement industriel.

appels d'offre en tous sens

Le gouvernement français doit imiter le Japon. Au lieu des 400 millions sous multi-critères technocratico-tatillons au compte-gouttes qui ne seront que très peu dépensés, il doit financer des rapatriements massifs dans tous les secteurs - ils sont nombreux - d’avenir.

Son plan de relance de 296 pages qui sur le papier a des allures séduisantes est en vérité une cathédrale bureaucratique : les 2/3 des investissements sont soumis à de multiples autorisations administratives, enquêtes publiques, appels d’offres et appels à projets en tous genres quand ce ne sont pas des permis de construire. En 2025, nous y serons malheureusement encore, croyez-en mon expérience.

 

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie et entrepreneur

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