Retraites complémentaires : ce que cache la position dure du patronat

Moins 40 % de pension complémentaire pour ceux qui partiraient en retraite à 62 ans !  C’est la facture salée que propose pour l’instant le patronat dans la négociation sur les régimes complémentaires. Au delà de sa volonté de redresser les déficits de l’Agirc et de l’Arrco, il remet surtout sur le tapis la question de l’âge de départ dans le régime général. Qu’il veut remonter à 65 ans depuis des années. 

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Retraites complémentaires : ce que cache la position dure du patronat

Le patronat a suscité un front commun des syndicats contre ses propositions d’abattement temporaires de retraites complémentaires pour les salariés partant en retraite entre 62 et 67 ans. Il faut dire que le scénario de décote sur la table est sévère, de l’ordre de 40 % la première année pour celui part à 62 ans, 30 % l’année suivante, 20 % l’année d’après et beaucoup plus faible à partir de 65 ans.

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Ces positions très dures, qui seront sans doute un peu revues pour la prochaine réunion de négociation prévu le 22 juin, visent bien sûr à réduire le déficit technique des régimes complémentaire Agirc-Arrco dont les réserves fondent. Mais elles montrent surtout que le patronat n’a pas digéré la dernière réforme du régime général de 2014 qui a allongé les durées de cotisation sans toucher à la borne d’âge. Selon le Conseil d’orientation des retraites, cette dernière réforme du régime général ne couvrira d’ailleurs pas les besoins de financement des 25 prochaines années.

Depuis plusieurs années, le patronat recommande de repasser l’âge légal de départ à 65 ans (hors cas particulier de carrières longues par exemple). Il trouvait déjà la réforme Wœrth qui a repoussé le départ de 60 à 62 ans trop timide. En 2013, dans le cadre de la concertation sur la réforme Touraine, Laurence Parisot plaidait pour acter une remontée progressive "à au moins 65 ans à horizon 2040". En repassant par la fenêtre des complémentaires sur la question de l’âge, le patronat remet la pression sur l’Etat pour éviter de subir à l’avenir une nouvelle hausse des cotisations du régime général. Plus globalement, il tente d’alléger la facture de la protection sociale française (retraite, santé, chômage, famille …) qui concoure à plus de 40 % des fameux 57 % de dépenses publiques sur PIB de la France.

Anne-Sophie Bellaiche

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