[Repères] Tout comprendre aux SMR, ces petits réacteurs nucléaires modulaires prisés par Emmanuel Macron

Les SMR font partie des dix technologies dans lesquelles le gouvernement a décidé d’investir, dans le cadre du plan France 2030 dévoilé le 12 octobre par Emmanuel Macron. De quoi s’agit-il ? Quel intérêt pour la France ? Quels sont les risques ? On a fait pour vous le tour de ces questions.

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[Repères] Tout comprendre aux SMR, ces petits réacteurs nucléaires modulaires prisés par Emmanuel Macron
Développé par le CEA, EDF, Naval Group et Technicatome, le seul petit réacteur nucléaire modulaire français Nuward ne devrait pas être commercialisé avant 2035.

Après avoir réservé 50 millions d’euros du plan de relance au développement du projet de petit réacteur nucléaire Nuward piloté par d’EDF, le gouvernement français a décidé de faire de cette nouvelle technologie, une des dix priorités de son plan d'investissement à 2030. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Comme leur nom l'indique, les SMR (pour « small modular reactor ») sont de petits réacteurs nucléaires modulaires. Petits, parce qu’ils affichent une puissance entre 25 et 500 MW suivant les designs, quand les réacteurs civils actuels oscillent plutôt entre 900 et 1 600 MW, pour le plus puissant, l’EPR français. Modulaires, parce qu’ils ont un design très intégré et standardisé pour être produit en usine en série et installé en grappe, pour baisser les coûts de construction et d’exploitation. C’est là que réside toute la nouveauté.

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Quelle est la technologie utilisée ?

La plupart de projets de SMR dans le monde se base sur la technologie du nucléaire civil actuel, dite de troisième génération, à eau légère bouillante ou à eau pressurisée, celle du parc nucléaire français. Mais certains pays, notamment la Chine, la Corée du Sud, le Japon et le Canada, développent des SMR de quatrième génération à base de technologie à sels fondus, gaz haute température ou neutrons rapides. Ces technologies sont moins matures, mais mieux adaptées pour décarboner certains processus industriels électrochimiques. On parle alors de réacteur modulaire avancé ou AMR.

Quels seront leurs usages ?

Ces SMR ne sont pas uniquement destinés à la production d’électricité, mais aussi à la production de chaleur, à terre ou sur barge, au plus près des usages jusque dans des zones isolées, du grand nord canadien ou russe, par exemple. Ils pourraient aussi remplacer les centrales électriques au fioul ou à charbon en réutilisant les infrastructures réseaux existantes.

Les développements ont commencé il y a une vingtaine d’années. L’Agence internationale de l’énergie atomique, à Vienne, dénombre plus de 70 projets de SMR dans le monde. Un seul SMR est aujourd'hui en production, sur une barge en mer en Sibérie orientale. Plusieurs sont en construction en Chine. Le SMR plus avancé commercialement est celui de la start-up américaine Nuscale, même si le premier exemplaire ne sera mis en service au États-Unis qu’en 2029.

Quelle est la place de la France ?

La France n’est entrée dans la course aux SMR qu’en 2017, pour trois raisons. D’abord, parce qu’elle a tout misé sur l’EPR à l’export, puis sur un EPR 2, optimisé, pour la France. Ensuite, parce que côté recherche, elle se concentrait surtout sur le cycle du combustible, pour résoudre le problème des déchets. Enfin, parce que l’implosion d’Areva en 2015 a gelé nombre de projets d’innovation dans la filière.

C’est EDF qui pilote le projet en consortium avec le CEA, TechnicAtome et Naval Group. Baptisé Nuward, il s’agira d’un SMR de 170 MW à eau pressurisée, qui serait associé par paires. Il ne sera pas commercialisé avant 2035. Nuward a été initialement conçu uniquement pour l’export, pour remplacer des centrales thermiques fossiles place pour place, comme les centrales à charbon polonaises.

Mais il pourrait finalement aussi être construit en France. Pas pour remplacer les EPR, mais pour démontrer aux clients la capacité française à les construire. À horizon 2050, ils pourraient aussi aider à absorber la croissance de la demande d’électricité liée à l’électrification des transports et de l’industrie et à la production d’hydrogène.

Quels sont les inconvénients ?

Les SMR restent des réacteurs nucléaires, technologie controversée. Ils ne résolvent pas le problème des déchets. Surtout, ces technologies ne sont pas matures. Le seul recul est celui des systèmes intégrés de propulsion nucléaire des brise-glaces russes, qui ont connu certains déboires, ou des porte-avions et sous-marins militaires. Mais il n’y a, du moins en France, pas de transferts de technologies prévu, même si TechnicAtome participe au consortium Nuward.

... Et les avantages de cette technologie ?

Sur le papier, les avantages sont nombreux. Le principal est que grâce à des technologies dites de sûreté passive, avec le réacteur et le refroidissement dans une même enceinte hermétique, le SME serait insensible aux aléas climatiques et pourrait fonctionner avec un minimum de pilotage. Malheureusement, c’est une technologie que la France ne maîtrise pas bien. Pour Nuward, EDF pourrait s’allier à l’Américain Westinghouse.

L’autre avantage est la promesse de production en série, qui permettra de baisser les coûts, et de développer une filière industrielle. Mais avec plus de 70 partants dans la course au SMR, il y aura peu de finalistes. Et pas sûr, vu son retard, que la France en fasse partie, même si elle dispose d'atouts.

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