Economie

[Récap] Quelles sont les grandes entreprises qui s'illustrent face à la crise du Covid-19 ?

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Bonne nouvelle Dans cette période de crise sanitaire, plusieurs industriels cherchent à se distinguer en matière de responsabilité sociale. L’Usine Nouvelle a recensé dans une liste non exhaustive les initiatives les plus fortes.

Ces grandes entreprises qui s'illustrent face à la crise du Covid-19
Lorsque Danone a souhaité redynamiser le dispositif des primes Macron, le géant français des produits laitiers a été l’un des premiers à répondre.
© Wikimedia / C.C

Sommaire du dossier

L’appel à la solidarité nationale du gouvernement a été entendu. De nombreuses entreprises déploient des dispositifs exceptionnels en pleine crise du Covid-19 pour aider le personnel soignant, rassurer leurs salariés ou encore pour soulager des sociétés plus petites et plus exposées aux risques financiers du coronavirus.

Le CAC 40 n’a pas le monopole des bonnes pratiques

Les grands groupes sont naturellement présents. Grâce à une trésorerie importante, ces entreprises peuvent mobiliser des ressources importantes. Le CAC 40 n’a toutefois pas le monopole des bonnes pratiques. Des fablabs aux PME, de nombreux acteurs plus modestes sont sur le pied de guerre pour répondre à la demande exceptionnelle de certains produits.     

Que ce soit en situation de crise ou en temps normal, tout n’est pas vert au pays de l’industrie. Dans la majorité des entreprises, y compris celles que nous citons, des clivages demeurent entre direction et syndicats. Même si le gouvernement a appelé à “la modération”, certains industriels n’ont pas renoncé à verser d’importants dividendes (c’est le cas de Total). La poursuite des activités dans les usines reste également un sujet épineux pour beaucoup d’industriels. En plein confinement, les salariés s’inquiètent pourtant du risque de propagation sur leur lieu de travail, que ce soit chez Alstom, ArianeGroup ou encore STMicroelectronics.

Quelles entreprises se distinguent ?

Danone : Une fois encore, Danone défend sa réputation de pionnier du développement responsable. Lorsque le gouvernement a souhaité redynamiser le dispositif des primes Macron, le géant français des produits laitiers a été l’un des premiers à répondre pour ses salariés continuant à travailler sur site. Le PDG du groupe, Emmanuel Faber, a également annoncé le 26 mars que les contrats de travail des 100 000 salariés du groupe seraient sécurisés jusqu’au 30 juin avec des salaires garantis au niveau mondial. “Nous allons soutenir sur nos fonds propres, à hauteur de 250 millions d’euros la trésorerie des 15 000 TPE de notre écosystème mondial”, a ajouté le dirigeant.

EDF : L’électricien français, mis à l'épreuve par le Covid-19, a annoncé plusieurs mesures pour soulager sa clientèle. EDF a par exemple prolongé la trêve hivernale du 31 mars au 31 mai, de façon à éviter des coupures de gaz ou d’électricité pendant cette période en cas d’impayé. Côté clients professionnels, l’entreprise a accéléré le paiement de ses factures aux PME et TPE pour un montant de 190 millions d’euros. La fondation du groupe a également mis en place un “fonds d’urgence et de solidarité” de 2 millions d’euros pour soutenir le personnel soignant et les personnes démunies en France et à l’international.

Chanel: Avec Hermès, Kering ou LVMH, les principaux acteurs du luxe en France participent à “l’effort de guerre”. Chanel promet de ne pas recourir au chômage partiel pour ses 8 500 salariés français. L'entreprise, qui a réalisé 9,91 milliards d'euros de ventes en 2018, aurait pourtant pu prétendre au dispositif mis en place par Bercy pour éviter les licenciements massifs : en effet, en vertu de l'arrêté du 14 mars, l'ensemble de ses points de ventes français sont fermés. Chanel a par ailleurs décidé de fermer tous ses ateliers hexagonaux où 7 500 salariés sont employés. Mais elle entend ne pas vouloir "peser sur les comptes publics". A l'image de LVMH et Kering, le groupe précise également mobiliser ses fabricants et ses équipes - dont 150 de ses couturières et couturiers des ateliers Haute Couture, Prêt-à-Porter et Maisons d’art - pour produire des masques de première protection et des blouses.

Pour l’instant, peu de groupes du luxe ont fait des annonces sur le dividende. LVMH a indiqué le 25 mars qu’il se prononcerait ultérieurement. De son côté, Hermès a déjà consenti à réduire sa proposition pour l'exercice 2019 de 5 euros à 4,55 euros pour verser un montant identique à l’exercice 2018. Le groupe a multiplié les annonces : rémunération gelée en 2020 pour les gérants, salaire de base maintenu pour 15 500 collaborateurs dans le monde, don de 20 millions d’euros pour l’AP-HP… Dès le deuxième jour du confinement, Hermès a annoncé la fermeture de l’ensemble de ses usines françaises, à l’exception du site Hermès Parfums de Vaudreuil (Eure). Ce dernier a été mobilisé pour produire 30 tonnes de gel hydroalcoolique.  

L’Oréal : L’Oréal a mobilisé plusieurs usines pour fabriquer du gel hydroalcoolique. Le groupe de cosmétiques a aussi annoncé le 30 mars le maintien de 100 % de l’emploi et des salaires pour 13 400 employés, dont plus de 3 000 actuellement privés d’activité. Le groupe a précisé qu’il n’aurait pas recours "au chômage partiel en France jusqu’à fin juin malgré l’arrêt partiel ou total d‘activité de plusieurs catégories de personnel dans de nombreux domaines (forces de ventes et animation des magasins, baisses de commandes qui impacte les usines et les centrales d’expéditions etc.)".

Renault : Le constructeur automobile est toujours en pointe sur l'innovation sociale. Un accord d’entreprise sur le point d’aboutir chez Renault prévoit que toutes les catégories professionnelles donneront des jours de RTT à un fonds de solidarité, afin que tous les salariés en chômage partiel puissent percevoir 100% de leur salaire, et pas seulement les cadres. La totalité de ses sites de production est fermée depuis le 18 mars, avec 18 000 salariés en chômage partiel total depuis la mi-mars. Depuis lundi 30 mars, tous les établissements tertiaires et d'ingénierie d’Ile-de-France (18 000 salariés), dont le siège et le Technocentre, sont en chômage partiel à 50% de leur temps de travail.

Total : Régulièrement critiqué pour ses énergies fossiles, Total se défend avec de multiples engagements. En marge d'un important plan d'économies, le groupe pétrolier a tout de même offert des bons d’essence au personnels soignants à hauteur de 50 millions d’euros en plus d’un don de 5 millions d’euros pour l’Institut Pasteur et des associations hospitalières et sanitaires. La filiale Total Direct Energie a également annoncé plusieurs mesures pour soutenir les petites entreprises : report du paiement des factures d’électricité de gaz, paiement sans délai des factures en cours dues aux TPE.

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