Raid de 40 Mrds $ de Teva pour Mylan

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Teva voit grand. Très grand. Après avoir lancé une offre de 3,2 milliards de dollars en mars dernier sur l'Américain Auspex, le spécialiste israélien des génériques se lance dans un raid financièrement plus de dix fois supérieur. Il propose 82 dollars pour chaque action de son homologue américain Mylan, soit une offre, non sollicitée, qui s'élève à environ 40 Mrds $ (37,2 Mrds €) ! Ce qui représente une prime de 37,7 % par rapport au cours de clôture du titre Mylan du 7 avril, juste avant que ce dernier ne lance lui aussi une offensive, sur l'Irlandais Perrigo.

Le groupe israélien prévoit de financer cette colossale transaction pour moitié en numéraire et pour moitié via un transfert d'actions. Si elle aboutissait, l'opération donnerait naissance à un géant des génériques avec un chiffre d'affaires 2014 pro forma de 30 Mrds $ et un Ebitda de 9 Mrds $. En 2018, Teva prédit déjà que ce groupe combiné générerait environ 33 Mrds $ de ventes et 13 Mrds $ d'Ebitda. L'an dernier, le laboratoire israélien a dégagé des ventes de 20,27 Mrds $, dont 9,81 Mrds $ provenant des génériques. « Nos sociétés partagent des années d'expérience et de succès en tant que leaders dans l'industrie des génériques et ont bâti une solide présence dans les produits de spécialités et biologiques », a expliqué Erez Vigodman, le p-dg de Teva. Avant d'ajouter : « L'activité de Mylan s'ajuste naturellement à la nôtre et est très complémentaire ». Teva espère que ce gigantesque projet pourra être finalisé avant la fin de l'année.

Mais la partie est loin d'être gagnée tant Mylan ne semble pas emballé à l'idée de rejoindre le giron du groupe israélien. Le laboratoire américain a déjà émis des réticences, avant même de recevoir officiellement cette proposition. « Nous avons étudié la possibilité d'une combinaison entre Mylan et Teva par le passé et nous pensons qu'un tel rapprochement n'aurait pas de logique industrielle ni d'adéquation culturelle. En outre, il y aurait un chevauchement important entre les activités des sociétés et nous pensons qu'il est peu probable qu'une telle fusion puisse obtenir les autorisations de la part des autorités anti-concurrence », a affirmé Robert Coury, le président de Mylan, le 17 avril, lorsque l'offre de Teva n'était encore qu'une rumeur. « Mylan est entièrement engagé dans sa stratégie qui vise à rester autonome, qui comprend notamment sa proposition pour acquérir Perrigo », a-t-il également affirmé.

Reste que l'acquisition de Perrigo semble elle aussi mal engagée. Le spécialiste irlandais des médicaments sans ordonnance a rejeté, le 21 avril, l'offre hostile de Mylan, qui s'élevait à 28,9 Mrds $. « Après un examen approfondi, avec l'aide de ses conseillers financiers et juridiques, le conseil d'administration a conclu, à l'unanimité, que cette proposition sous-évalue significativement le groupe et son potentiel de croissance et qu'elle n'est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires de Perrigo », a expliqué le laboratoire irlandais. « Avec l'acquisition d'Omega Pharma (CPH n°695), nous sommes dans le top 5 des sociétés d'OTC avec un portefeuille diversifié, une position de leader sur des franchises clés et une plateforme de distribution mondiale forte et mature », a renchéri Joseph Papa, le p-dg de Perrigo.

« L'opération donnerait naissance à un géant des génériques avec un chiffre d'affaires 2014 pro forma de 30 Mrds $ »

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