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Qui est Philippe Martinez, le nouveau patron de la CGT

Cécile Maillard , , , ,

Publié le , mis à jour le 03/02/2015 À 13H24

Philippe Martinez, a été élu ce 3 février secrétaire général de la CGT, pour succéder à Thierry Lepaon. Le comité confédéral (le "Parlement" du syndicat) lui a accordé un plébiscite avec 93,4% des voix. Le 13 janvier dernier (date à laquelle nous avions publié le portrait ci-dessous), sa candidature et celle des dix membres du bureau qu'il proposait avaient été rejetées. Depuis, l'ancien secrétaire général de la CGT Métallurgie avait revue sa copie en proposant une nouvelle équipe moins proche de son successeur.

Qui est Philippe Martinez, le nouveau patron de la CGT © AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

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Les vieilles habitudes ont la peau dure… Ce sont des proches du secrétaire général démissionnaire de la CGT Thierry Lepaon, choisis par lui, qui ont été chargés de préparer la composition du futur bureau confédéral de la CGT. Lundi 12 janvier, ces trois hommes et une femme ont sorti de leur chapeau une liste de dix noms, quasiment tous validés par la commission exécutive (56 membres) réunie ce même jour. Parmi les dix noms, celui de Philippe Martinez est proposé pour remplacer Thierry Lepaon à la tête de la CGT. Reste un obstacle de taille à franchir pour cet inconnu du grand public : être confirmé à ce poste par le Comité confédéral national (CCN), "parlement" de la CGT, réuni en session extraordinaire ce mardi 13 janvier.

Cet homme d’une cinquantaine d’années, ancien technicien et délégué syndical chez Renault, dirige depuis 2008 la fédération des travailleurs de la métallurgie (FTM) de la CGT. "Quand il a posé un propos conclusif, personne ne surenchérit, preuve qu’il a son équipe bien en mains", raconte Gabriel Artero, président de la CFE-CGC de la métallurgie, qui l’a croisé dans les négociations de branche avec l’UIMM (patronat de la métallurgie), mais l’y voit moins depuis quelques années. Philippe Portier, secrétaire général de la FGMM-CFDT (métallurgie), ne se souvient pas l’avoir croisé dans les négociations de branche, mais a discuté avec lui lors de rencontres en petit comité et a participé à des réunions internationales à ses côtés. "Humainement, c’est quelqu’un de sympathique et agréable", commente-t-il.  

Un gardien du temple

Un syndicaliste d’un autre syndicat voit en Philippe Martinez "un représentant de la CGT historique, un gardien du temple. Ni progressiste ni d’extrême-gauche, avec lui on sent que la maison est bien gardée, qu’elle a toujours ses commissaires politiques". Gabriel Artero a du mal à positionner politiquement le cégétiste, parfois qualifié de représentant de la ligne dure de la CGT. "Depuis 2008 et l’arrivée d’une nouvelle équipe à l’UIMM, il y a moins de décibels, en négociations, qu’à l’époque de Gautier-Sauvagnac (NDLR : UIMM) et de Daniel Sanchez (NDLR : CGT métallurgie), estime le représentant de la CFE-CGC, mais la CGT reste toujours aussi ferme sur ses positions." Philippe Martinez est décrit par beaucoup comme un bosseur, qui maîtrise bien ses dossiers. "La CGT ne signe pas toujours les accords, mais elle participe, propose", note Gabriel Artero. Discret et peu connu du public, Philippe Martinez est plusieurs fois sorti du bois à l’occasion de la fermeture du site PSA d’Aulnay, pour critiquer le plan social et l’attitude du gouvernement, mais aussi pour calmer le jeu sur place.

Le syndicaliste à la moustache imposante est de la même fédération que Thierry Lepaon, celle de la métallurgie, troisième fédération de la CGT avec près de 60 000 adhérents, et première fédération du privé. Il y a quelques semaines, le secrétaire général de la CGT sentant le vent tourner en sa défaveur, avait proposé un deal à Philippe Martinez, en échange de son soutien pour prendre la tête de la CGT. La fédération de la métallurgie avait protesté, certains de ses membres étant furieux de la tournure que prenaient les événements, alors qu’ils avaient mandaté Philippe Martinez, disent-ils, pour qu’il réclame la démission de Thierry Lepaon. Ce que fera quelques jours plus tard le secrétaire des métallos, comme plusieurs autres responsables de grandes fédérations.

Un CCN volontiers rebelle

Philippe Martinez est-il en train de rendre la monnaie de sa pièce ? Les personnes proposées pour les dix postes du bureau sont tous des soutiens de Thierry Lepaon. "Les proches de Thierry Lepaon n’ont pas laissé les mains libres à Philippe Martinez pour constituer son équipe et l’ont corseté", a commenté une source interne à la GCT interrogée par l’AFP. Autre anomalie de la liste que devait discuter la commission exécutive ce lundi 12 : parmi les dix, ne figurent aucun des quatre membres du bureau démissionnaire opposés à Thierry Lepaon (Eric Aubin, Mohammed Oussedik, Sophie Binet, Valérie Lesage). Thierry Lepaon n’est pas vraiment parti et dirige sa succession.

Mardi 13 janvier, le comité confédéral national (CCN), réuni en session extraordinaire, doit voter sur les noms proposés par la commission exécutive. Composé de 33 dirigeants de fédérations et 96 patrons d’unions départementales, il pourrait ne pas se montrer docile et rejeter certaines personnes. D’autant que dans le week-end, selon Le Parisien, un défenseur de Thierry Lepaon a manœuvré pour que le vote du CCN puisse se faire à la majorité simple, et non à la majorité des deux tiers, comme le prévoient les statuts. Turbulent et volontiers rebelle (en 2012, il a refusé de valider la candidate présentée par Bernard Thibault), le CNN n’aura sans doute pas apprécié…

Cécile Maillard

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