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Quelles solutions pour vraiment favoriser l’épargne productive

Adeline Haverland

Publié le

Malgré un taux d’épargne qui est l’un des plus élevés des pays occidentaux, les Français la dirige très peu vers les entreprises du pays. Selon les chiffres de la Cour des comptes, si 14% des revenus sont épargnés, seul 6% des sommes sont destinés à l’épargne productive. Pour doubler ce montant, actuellement de 5 milliards d’euros, au delà d'une nouvelle stratégie d'imposition forfaitaire du capital, le gouvernement compte sur l’aide des institutions bancaires et des assureurs.

Quelles solutions pour vraiment favoriser l’épargne productive © D.R

 
"Libérer l’investissement et révolutionner le financement des entreprises", c’est avec ces mots qu’Amélie de Montchalin a ouvert le Grand rendez-vous pour l’investissement productif qui s’est tenu le 22 janvier dernier. Pour la députée, membre de la Commission des Finances, l’objectif est clair "il faut profiter de la conjoncture favorable de l’économie nationale pour repenser l’épargne" et notamment favoriser son transfert vers les PME.
Car si les français sont parmi les plus gros épargnants de l’OCDE, avec plus de 14% de leur revenu mis de côté, ceux-ci sont avant tout déposés dans des produits non-productifs comme les comptes réglementés (livret A) et l’immobilier. Une situation constatée par David Guyot, fondateur du courtier Pandat,"il y a, dans la manière dont l’épargne est gérée en France, un rejet du risque ancré dans les mentalités...Depuis des années, la fiscalité et la complexité de l’offre de placements ont éloigné les épargnants de l’investissement productif".
Pour remédier à ce phénomène et compléter les effets de la réforme fiscale (la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et le système de prélèvement forfaire unique de 30 % sur les revenus du capital), plusieurs solutions sont envisagées.

La création d’un nouveau produit de long terme
L’idée, encore non aboutie, de la création d'un nouveau produit d'épargne de long terme est soutenue par la fédération bancaire française et son homologue des assurances. Elle a pour but de contrer la popularité du livret A. "Le cadre fiscal, notamment avec la fiscalisation du PEL, pousse les épargnants vers des produits courts, comme le livret A" explique Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française. De fait, le fameux livret rouge, avec 10 milliards déposés l’an dernier, continue d’être l’une des options les plus populaires auprès des épargnants et ne sera pas soumis au prélèvement forfaitaire unique.
Pour la fédération bancaire française, la mise en place d’un nouveau produit d’épargne de long terme à fiscalité attractive " permettrait d’assurer l’existence d’une ressource longue pour mieux financer l’économie."
Quant à savoir si les Français seront séduits par cette nouvelle option, Marie-Anne Barbat-Layani envisage la mise en place d'un système d’incitation : "l’accès à ce produit de long terme pourrait être conditionné par la détention d’autres produits qui s’investissent directement dans les fonds propres des entreprises comme une assurance-vie en unité de compte ou la détention d’un PEA-PME. "
Du côté de la fédération des assureurs, on suggère un système de bonus / malus qui récompenserait les dépôts de longue durée.

La revalorisation des produits existants 
Amélie de Montchalin n’est pas totalement opposée à la création d’un nouveau produit mais la députée privilègie le recours aux solutions déjà existantes.
Parmi les produits cités, le PEA-PME et l’assurance-vie en unité de compte sont le capital n'est pas garanti contrairement aux fonds euros. Si ces dernières commencent à rencontrer un écho favorable (elles réprésentent désormais 28% des assurances-vie possèdées par les français), le PEA-PME n'a lui jamais réussi à convaincre le marché.  "Ces deux outils sont performants, mais il s’agit d’investissements directs dans les entreprises qui effraient beaucoup les épargnants" analyse David Guyot.
Une opinion que partage Marie-Anne Barbat-Layani" à l’heure actuelle, le PEA-PME est encore un instrument de niche. Il s’adresse aux épargnants qui ont une certaine appétence pour le risque ou qui ont déjà rempli les autres placements traditionnels."
Pour rendre plus attrayants ces produits, la représentante des banques françaises suggère la mise en place d’outils incitatifs, comme par exemple un avantage fiscal à l’entrée.

 

Supprimer les niches fiscales
A ces solutions, David Guyot rajoute une condition "pour que l'ensemble de ces tentatives ne restent pas vaines, "il faut absolument supprimer les niches fiscales encourageant l’investissement dans des secteurs non-productif"
Dans le viseur de l’expert : les déductions fiscales pour l’immobilier et sa cohorte de Duflot, Pinel, etc...
"Il faut garder en tête que ce secteur n’est pas délocalisable. Les avantages fiscaux n’ont donc aucun sens" estime-t-il
Plutôt que d'"associer gestion de l'épargne et gestion de la fiscalité", le professionnel suggère l'utilisation de la pédagogie pour développer la culture du risque tant que côté des épargnants que du côté des entreprises et favoriser ainsi le recours aux actions et aux obligations. 
Ce dernier argument est d'ailleurs le grand cheval de bataille de la députée Amélie de Montchalin. "Une fois que l’on a travaillé sur les produits, il faut faire évoluer les relations entre les différents partenaires (partenaires financiers, entreprises et épargnants) parce que ce sont ces interactions qui font que les produits que l’on a améliorés ou créés seront bons, distribués et compris."
 

 

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