Economie

Quelle place pour l'Homme dans l'industrie du futur ?

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Analyse Emmanuel Macron l'a annoncé à l'occasion du lancement de la deuxième phase de la Nouvelle France industrielle, le Conseil National de l'Industrie (CNI) sera chargé de piloter un groupe de travail sur la formation et la place de l'homme dans les usines. Une feuille de route sera présentée cet été.

Quelle place pour l'Homme dans l'industrie du futur ?
Le Conseil National de l'Industrie (CNI) sera chargé de rédiger la feuille de route de l'Alliance sur la formation et la place de l'homme dans les usines.
© Ministère de l'Economie

"Les métiers changent et nous ne pourrons pas créer une industrie du futur sans une nouvelle politique de formation continue", assurait ce lundi 18 mai Emmanuel Macron devant les salariés de l'usine Daher de Saint-Aignan de Grandlieu (Loire-Atlantique). Le Ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique avait choisi Nantes et sa région pour présenter la deuxième phase de la Nouvelle France industrielle.

Lors de la première phase du programme, lancée en 2013, la formation et la place de l'homme dans les usines étaient déjà mises en avant. Elles comptaient parmi les originalités du programme hexagonal par rapport à ses équivalents européens. Mais les travaux, prévus dans le volet Recherche de l'ancien plan Usine du futur, ont tardé à démarrer. Avec le lancement de la deuxième phase, le gouvernement souhaite réaffirmer sa volonté de se concentrer sur ces deux aspects. Formation et place de l'homme dans l'usine constituent désormais une mission à part entière, un des cinq "piliers" de l'Alliance pour l'industrie du futur, l'association créée pour piloter le programme de reconquête industrielle.

Trois questions clés

Il appartiendra au Conseil National de l'Industrie (CNI) de rédiger la feuille de route de l'Alliance sur la formation et la place de l'homme dans les usines, a indiqué Emmanuel Macron. "Nous voulons tourner la page des entreprises sans usines et en finir avec cette idée ! ", confirme Isabelle Martin, secrétaire confédéral à la CFDT et membre du bureau du CNI. Les travaux seront répartis en trois thèmes. Le premier concerne le niveau technique des formations. "Nous savons que nous ne réussirons pas à relever le challenge technologique sans les formations adaptées, et cela doit se faire en embarquant toutes les catégories socioprofessionnelles. En effet, il faut éviter à tout prix de créer une fracture numérique au sein des entreprises", prévient la syndicaliste.

Deuxième axe de travail : développer de nouveaux modèles organisationnels, afin d'aider les entreprises à gagner en flexibilité, accompagner la montée en compétences et faciliter la capitalisation et le transfert de connaissances. Enfin, le troisième thème porte sur le partage d'informations. "Une stratégie se doit d'être partagée, et avoir des représentants des salariés dans les conseils d'administration est une première étape, commente Isabelle Martin. Restera à organiser des mécanismes de partage d'informations plus efficaces au niveau national et régional".

Il faudra attendre cet été pour connaître la feuille de route précise proposée par les membres du CNI. Et voir enfin démarrer les réflexions attendues sur la place de l'homme dans les usines de demain.

A Nantes, Frédéric Parisot

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1 commentaire

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19/05/2015 - 21h02 -

Ce qui compte c'est le travail, la production (pas l'emploi, pas l'usine). Le fait de devoir rassembler tous les moyens au même endroit est une bonne idée, mais cette idée n'est pas forcément incontournable.
Quant à la formation, il y a plus de chance de voir la formation initiale se retrouver allongée à toute la vie plutôt que de voir la formation continue devenir le modèle idéal dans une conservation du salariat.
Que Macron exprime une volonté ("Nous voulons tourner la page des entreprises sans usines et en finir avec cette idée ! ") est mauvais signe : il a peut-être raison, ce qui compte c'est qu'il ne devrait pas être en position d'être particulièrement entendu, car sa volonté ne sert pas à grand chose. En comprenant systématiquement le rôle de l'état comme étant garant du maintien de l'ordre du siècle précédent, le gouvernement se retrouve à joueur le rôle d'une force de désordre... ce qui compte c'est de soutenir les dynamiques constructives plutôt que de prêcher et de protéger le dogme.
Les entreprises s'organisent pour s'émanciper des contraintes et gérer les contingences, quand elles réussissent il y a une reformulation et elles se réorganisent... la financiarisation de l'économie, la délocalisation de l'industrie, la fin du salariat... les taux d'abstention aux élections ne sont pas des accidents, ce sont les systèmes qui se rééquilibrent en prenant en compte des boucles de rétroaction.
Je pense que "nous voulons" une entreprise sans ministre encore plus qu'une entreprise sans usine. Mais tout comme pour Macron il ne s'agit ici que d'une opinion, c'est gratuit mais disons que réellement personne ne me paie quand j'écris n'importe quoi dans mes commentaires, c'est l'avantage.
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