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L'Usine de l'Energie

Quelle économie pour l’écologie intégrale de Delphine Batho ?

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

La députée des Deux-Sèves, Delphine Batho, vient de publier un manifeste politique proposant une nouvelle approche de l’écologie, plus clivante que fédératrice, qui pousse l’idée d’une économie circulaire intégrale.

Quelle économie pour l’écologie intégrale de Delphine Batho ?
Delphine Batho place l'économie circulaire au cœur de son projet politique d'écologie intégrale.
© David.Monniaux - Wikimedia commons

La démission de Nicolas Hulot et le mouvement des gilets jaunes - et le moratoire d’un an sur la hausse de la taxe carbone qu’il a entraîné - sont deux symptômes d’un même mal : l’impossibilité de réconcilier écologie, social et économie. C’est dans ce contexte que Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Ecologie frondeuse, sort son manifeste d’écologie intégrale aux éditions du Rocher.

Finies la transition et la dette écologique

Devant l’urgence climatique, elle invite à refuser l’idée d'une transition écologique, qui maintient l’illusion que l’écologie est soluble dans une économie mondialisée. Pour elle, il ne s’agit que d’un "greenwashing politique" qui ferait croire que la croissance peut être verte. Elle permettrait de repousser les décisions à plus tard et ne serait qu’un "prétexte à l’inaction présente". Elle invite en revanche à une écologie intégrale, qui consiste à ce que "tout choix politique soit fondé, dans tous les domaines, sur et pour l’écologie", avec un Etat-providence devenant Etat-résilience.

Elle réfute aussi l’idée de dette écologique, qui sous-entendrait qu’elle pourrait être remboursée. En alternative à nos économies capitalistes polluantes poussant à la surconsommation des ressources de la planète, elle prône un système économique "fermé par une norme sociale transcrivant le caractère limité du système planétaire" et qui vise à "rendre rentable le bien commun et coûteuses la dégradation des ressources".

Cap sur l’économie permacircualire

Toutes les entreprises qui tirent leur rente des ressources minières ou naturelles limitées verraient leurs actifs dépréciés et feraient faillite. L’utilisation des ressources et de l’énergie serait limitée dans une économie "permacirculaire" et biosourcée, décrite par le philosophe Dominique Bourg, qui "substitue aux matières extraites du sol, des matières recyclée issues de l’agroécologie" et limite la consommation d’énergie.  

Cette rupture de modèle économique a forcément un coût. Elle demanderait un effort sans précédent, qui au niveau français s’élèverait à 2 à 3% du PIB, selon les économistes Alain Grandjean et Gaël Giraud, soit 45 à 74 milliards d’euros par an. Réalisable et crédible, même au sein de l’Europe, "si l’on sort les investissements écologiques du calcul des déficits", explique Delphine Batho.

Terriens vs destructeurs

Mais l’écologie intégrale n’explique pas comment un pays pourra seul opérer ce basculement. Dommage aussi que plutôt que de fédérer, elle soit constamment dans l'opposition. Pour Delphine Batho, il n’y a que deux alternatives : l’écologie ou la barbarie. On est soit Terrien (soucieux de la planète), soit destructeur. Et le mode d’emploi pour transformer 100% des destructeurs en Terriens, but ultime de l’écologie intégrale, reste lui intégralement à écrire.

 

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