Economie

Que faut-il attendre du plan de relance des investissements ?

, , , ,

Publié le

Analyse Le "suramortissement" entre en vigueur ce 15 avril. Mais une semaine après les annonces gouvernementales en faveur d’une relance de l’investissement, des interrogations demeurent. Le périmètre de cette mesure reste à définir et son impact difficile à évaluer.

Que faut-il attendre du plan de relance des investissements ? © Images of Money - Flickr - C.C.

Un geste qui va dans le bon sens mais aux effets incertains. Voilà le sentiment partagé par de nombreux économistes après les annonces en faveur de l’investissement du gouvernement. Parmi eux, Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode : "Nous pouvons difficilement dire quel sera l’investissement additionnel." Et pour cause : le champ d’application du dispositif de "suramortissement" n’est pas encore clairement défini alors que cette mesure doit entrer en vigueur pour une durée d’une année ce 15 avril. Le gouvernement devrait adopter cette semaine une circulaire apportant des précisions sur les investissements rentrant dans le cadre du dispositif. Celle-ci pourra être opposable à l'administration jusqu'à ce que le plan de relance de l’investissement soit voté.

Une liste non limitative a été fournie par l’exécutif. Elle comprend les matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication ou de transformation, les matériels de manutention, les installations productives de vapeur, de chaleur ou d’énergie (à l’exception des équipements de production d’énergie électrique dont la production bénéficie à des tarifs réglementés), les installations destinées à l’épuration des eaux et à l’assainissement de l’atmosphère, les matériels et les outillages utilisés pour des opérations de recherche scientifique ou technique.

26 milliards d’euros d’investissements concernés

Les équipements en technologies de l’information et de la communication ne seront sans doute pas inclus en tant que tels dans le dispositif selon l’Elysée. Cependant, les logiciels nécessaires à l’utilisation d’une machine seront couverts car ils sont compris dans son prix.

"Les entreprises ont besoin de précisions rapides sur ce nouvel outil fiscal, souligne Denis Ferrand qui doute du bénéfice attendu. Il est difficile de dire quel sera l’investissement additionnel. A court terme, ce sont 500 millions d’euros de trésorerie en plus en 2016 pour les entreprises si nous retenons l’hypothèse du gouvernement d’un coût total de la mesure de 2,5 milliards d’euros avec une durée moyenne de l’amortissement de 5 ans. Alors les dépenses d’investissement éligibles au 'suramortissement' seraient de 26 milliards d’euros."

Des effets attendus incertains

Pour maximiser l’effet et coller à la volonté de relance de l’investissement gouvernemental, les entreprises devront utiliser ce supplément de trésorerie pour investir. Si elles utilisent la totalité des 500 millions d’euros dégagés, "l’accroissement marginal de l’investissement sera de 0,2% en 2016", prévoit le directeur général de COE-Rexecode.

Un choix en faveur de l’investissement qui est loin d’aller de soi car l’argument du coût n’est probablement plus l’argument déterminant dans les décisions d’investissement des entreprises, le coût du capital ayant rarement été aussi bon marché. Si la question de l’efficacité demeure, l’échec ne doit pas être annoncé pour autant. En effet le suramortissement pourrait même "devenir un catalyseur et relancer davantage l’investissement grâce à un effet d’entraînement", analyse Denis Ferrand.

Adrien Schwyter

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte