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L'Usine Santé

Quand le nouveau produit anti-âge de L’Oréal est issu de la mécanobiologie

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Passer en neuf ans de la recherche fondamentale en mécanobiologie à un produit commercial… c’est ce que la R&D de L’Oréal a réalisé pour sa marque d’appareils de beauté Clarisonic. Presque un cas d'école.

Quand le nouveau produit anti-âge de L’Oréal est issu de la mécanobiologie
Elisa Caberlotto directrice des instruments beauté de L’Oréal à l'Université de la recherche sur mécanobiologie à Singapour 4 avril 2017
© Aurélie Barbaux

Pour vous, les produits cosmétiques en général, et ceux anti-âge en particulier, c’est beaucoup de marketing emballé avec un peu de recherche pour la caution scientifique ? L’Oréal a enfin les moyens de prouver le contraire. Clarisonic, sa marque spécialisée dans les appareils de beauté rachetée en 2008, lance sur le marché une brosse de soin anti-âge (smart profile uplift) issue de la recherche fondamentale en mécanobiologie, une discipline récente qui vise à étudier l’impact des pressions mécaniques sur les cellules et les tissus. Apparue il y a vingt ans avec l’émergence des nanosciences et de nouvelles technologies d’imagerie numérique, la mécanobiologie vise normalement à faire avancer la lutte contre le cancer ou le diagnostic personnalisé de maladie dégénérative, que la cosmétique.

Miser sur la mécanobiologie

Mais grâce à un partenariat de recherche initié en 2008 entre L’Oréal et le Mechanobiology Institute de Singapour, cette discipline sort de la confidentialité et trouve dans la cosmétique sa première application industrielle. "Grâce à la mécanobiologie, on a pu démontrer que des vibrations à une fréquence de 75 Hz peuvent renforcer la jonction derme-épiderme, améliorer la production de la matrice extracellulaire, et avoir des effets sur le collagène ou l’élasticité de la peau", explique Elisa Caberlotto, directrice des instruments beauté de L’Oréal. En clair, les chercheurs de l’industriel ont pu valider scientifiquement ce dont on se doutait déjà : que les brosses de massage à picots ou les crèmes, c’est bien, mais pas si efficace. Et que pour diminuer, un peu, les effets du vieillissement de la peau, il faut agir en profondeur… mais pas n’importe comment.

Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs ont non seulement trouvé la bonne fréquence, 75 Hz, soit 9 000 massages par minutes, pour que le massage soit efficace, mais ils ont aussi pu étudier le mouvement des ondes vibratoires sur des tissus cutanés ex vivo et in vivo et optimiser leurs effets, grâce aux techniques avancées d’imagerie de l’Institut Langevin à Paris. Une étude clinique menée sur des femmes de 65 à 75 ans aux États-Unis a ensuite permis de confirmer la modification de plusieurs signes cliniques du vieillissement de la peau du visage et du cou. Une deuxième étude sur l’impact des pressions mécaniques sur les 15 marqueurs du vieillissement, réalisée avec des femmes chinoises, devait être publiée avant fin 2017. En revanche, L’Oréal ne sait pas, faute d’étude, si les effets de l’instrument — qu’il faut quand même utiliser trois minutes deux fois par jour pendant 12 semaines — sont durables dans le temps.

Une valorisation exemplaire

Certes, pour L’Oréal, qui investit 794 millions d’euros en R&D (environ 3,5 % du chiffre d'affaires) en 2015, dispose de trois centres mondiaux de R&D et 18 centres de recherche dans le monde et dépose près de 500 brevets par an, collaborer avec des laboratoires de recherche fondamentale, n’est pas nouveau. En revanche, que cela aboutisse en neuf ans à un produit commercial de rupture, voilà qui est beaucoup plus rare, voire une première.

Une première que l’Agency of Science, Technology and Research (A*Star), organisme l’officiel relevant du Ministère du Commerce et de l’Industrie de Singapour créé en 1991 pour valoriser la recherche de la Ville-Etats et rapprocher le monde universitaire et l’industrie, a bien identifiée et compte utiliser pour faire la promotion de 18 entités de recherche (dont la National University of Singapore qui héberge le Mechanobiology Institute) auprès des étrangers. D’ailleurs, elle n’a pas manqué de présenter l'instument de Clarisonic comme exemple de valorisation de sa recherche fondamentale à François Hollande, en visite officiel à Singapour (la première visite d’État d’un président français) le 26 et 27 mars dernier.

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