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Quand la SNCF déménage le territoire

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Quand la SNCF déménage le territoire

Faut-il en rire ou en pleurer ? On connaissait l’inventivité linguistique de la SNCF. N’a-t-elle pas rebaptisé, il y a quelques années, ses trains Intercités trains d’équilibre du territoire pour cause de lobbying ? Le but de la manœuvre était limpide. Il s’agissait de faire craindre une fermeture de certaines lignes pour faire cracher au bassinet l’État afin qu’il réduise le déficit d’exploitation de la branche Intercités… tout en acceptant une réduction de l’activité sur ces mêmes lignes. La persuasion est affaire de répétition. Après plusieurs années à marteler le même discours, la SNCF a pu négocier avec le gouvernement précédent la fin de la plupart des trains de nuit, sans que cela ne suscite trop d’oppositions. Après la nuit, le jour, quitte à utiliser des moyens plus subtils ! Le gouvernement d’Édouard Philippe a acté la fin du « tout-TGV » et souhaite donner la priorité aux transports du quotidien. La SNCF, elle, met un point d’honneur à faire mentir ses propres promesses. Vous vous rappelez sans doute l’un de ses slogans publicitaires : « SNCF, à nous de vous faire préférer le train. » C’est valable pour les lignes TGV et quelques grandes lignes. Pour les autres, tout est bon pour réduire l’activité des « petites » gares. Cas d’école avec la liaison Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, dont la modernisation, annoncée par le gouvernement de Lionel Jospin, il y aura bientôt vingt ans, tarde encore, quand bien même la SNCF a engagé depuis quelques années des chantiers dispendieux. L’opérateur ferroviaire n’a jamais pris au sérieux l’option d’un train pendulaire censé être mieux adapté à la sinuosité de la ligne dans la traversée du Massif central. Et la suppression des passages à niveau et la rectification de certaines courbes, qui permettraient d’augmenter la vitesse et donc de réduire le temps de trajet entre Paris et Limoges et toutes les dessertes jusqu’à Toulouse, attendront des jours meilleurs. Tout comme la réhabilitation de la gare de Paris-Austerlitz, promise pour 2020. Mieux, profitant du changement d’horaires cet été, la SNCF a réduit la desserte de telle ou telle « petite » gare. Par exemple, il n’y a désormais plus qu’un seul train le vendredi pour quitter la capitale, à une heure adaptée aux seuls étudiants et retraités, au lieu de trois précédemment. Si vous n’êtes pas content, vous partirez le lendemain ou alors vous trouverez une solution pour aller du chef-lieu du département, qui reste un peu mieux desservi, à votre destination finale. Certains élus locaux se sont battus, repoussant l’échéance. D’autres, de guerre lasse, ont cédé. Quant aux clients, toujours aussi nombreux, vous pensez bien qu’on ne leur a pas demandé leur avis.

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