"Quand la réalité augmentée sera plus simple, elle explosera !", prédit Christophe Chartier, PDG d'Immersion

Christophe Chartier est le fondateur d'Immersion, une entreprise pionnière de la réalité virtuelle qui travaille pour l'industrie et la recherche. A quelques jours de parution dans notre magazine d'une grande enquête consacré à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée, il décrypte pour L'Usine Nouvelle les tendances de ces technologies et leur appropriation par les industriels.

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Christophe Chartier, le fondateur d'Immersion

L'Usine Nouvelle - Les industriels française se sont-ils emparé de la réalité virtuelle ?

Christophe Chartier - De nombreux grands industriels utilisent la réalité virtuelle depuis vingt ans et nous pouvons en être fiers. Tout comme des compétences des étudiants qui sortent de l’université. Nous sommes très bien positionnés sur la recherche. L’éclosion de la French Tech, c’est aussi le reflet de cette prise en main. Mais toutes les entreprises n'ont pas encore franchi le pas. Le frein n’est pas toujours financier, car il y a beaucoup d’aides à la transformation des entreprises. Le vrai frein, c’est la résistance au changement et la peur de perdre son savoir-faire : il faut donc démystifier la technologie.

Quelle est la maturité de cette technologie aujourd’hui ? Et celle de la réalité augmentée ?

Nous connaissons bien la réalité virtuelle aujourd’hui. Les entreprises réfléchissent plus à leurs déploiements qu’à la technologie elle-même. Il existe cependant des choses qui peuvent s’améliorer, je pense notamment à la puissance de calcul. La résolution des maquettes virtuelles est en effet de plus en plus dense et demande des systèmes plus performants.

Du côté de la réalité augmentée, il y a un réel buzz. Quand elle sera plus simple, elle explosera. Le casque Hololens, que nous testons depuis six mois, représente un grand pas : il n’y a plus de câble, il est esthétique… C’est une claque : c’est la première fois que nous voyons un produit comme cela ! Il ne va pas cependant changer le marché, mais apporter de nouveaux utilisateurs, comme par exemple pour le suivi d’un chantier de construction.

Les nouveaux casques de réalité virtuelle vont-ils remplacer les centres d’immersion ?

Non, ces produits sont complémentaires : le coût d’un centre d’immersion peut être très élevé, jusqu’à un million d’euros. Ce n'est pas pour rien. Par exemple, un constructeur automobile comme PSA ne validera pas une nouvelle voiture en utilisant un casque. Ces derniers ne sont pas assez bons sur le plan technologique et sont plus adaptés à des tâches individuelles.

L’enjeu désormais, c’est d’interconnecter les plates-formes de réalité virtuelle, de les déployer auprès des PME et des ETI. Mais il faut que cela soit simple à utiliser, sans se poser de questions, comme Windows. La réalité virtuelle est une technologie très transverse, du luxe à l’industrie. C’est l’usine du futur : dès qu’il y a du numérique, vous pouvez en faire et réduire vos temps de conception et de production. La force de la réalité virtuelle, c’est que vous pouvez décider autour d’une maquette en trois dimensions, un langage universel, alors que les produits sont de plus en plus complexes.

Qu'est ce qui pousse l'usage de la réalité virtuelle ?

La grosse évolution, c’est le travail collaboratif : l’économie va vite, il faut donc faire travailler les salariés ensemble, pour pouvoir décider à un "instant t", avec n’importe qui, n’importe quand. C’est pour cela par exemple que nous avons lancé la plateforme vr-bnb, qui permet aux entreprises ayant une salle d’immersion de réalité virtuelle de la louer. Nous accompagnons la transformation numérique des entreprises en leur donnant accès à ces outils.

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