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Quand l'industrie allemande ouvre ses portes, les visiteurs sont nombreux

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Reportage Chaque année, durant la Longue nuit de l’industrie, des dizaines d’entreprises ouvrent leurs portes au public, qui vient nombreux. Objectif : offrir une image moderne de la profession et susciter des vocations.  

Quand l'industrie allemande ouvre ses portes, les visiteurs sont nombreux
Dans l'entreprise Laserline, lors de la visite
© Gwenaelle Deboutte

Tranquillement, le petit groupe d’une vingtaine de visiteurs chemine autour des machines d’impression numérique. La grande halle est lumineuse, les imprimantes peu bruyantes. "Je n’imaginais pas qu’il pouvait y avoir autant d’équipements sur une si petite surface", s’étonne Ira, la quarantaine. Conseillère d’orientation, elle est venue par curiosité, pour voir si le métier pourrait intéresser certains de ses étudiants. Un peu plus loin, Maria, la guide, continue son explication sur les différentes techniques d’imprimerie, en montrant une large table de sérigraphie. Voilà plusieurs jours que la jeune femme se prépare, potasse ses fiches pour donner le plus d’informations possible.

Berlin, la bohème industrielle

Laserline est rompu à ce type de rendez-vous. C’est déjà la quatrième fois que l’entreprise berlinoise participe à la Longue nuit de l’industrie, une opération portes ouvertes organisée dans la soirée du 25 mai. "Pour nous, il est important de montrer que Berlin possède aussi un tissu industriel", justifie ainsi Julia Baehr, chargée de projet au sein de la PME de 200 personnes. Désindustrialisée lorsque le pays était coupé en deux, la ville traîne encore une réputation bohème, attirant davantage les artistes que les ingénieurs ou les techniciens, malgré les grandes entreprises qui y sont revenues.

"Plus largement, nous voulons changer l’image de l’industrie et montrer au grand public qu’elle est moderne et innovante",  s’enthousiasme Marina Schejko, responsable de l’événement au niveau national. Créée en 2008 à Hambourg pour mettre en avant le patrimoine industriel de la ville, la Longue nuit s’est progressivement étendue à tout le pays. Elle réunit aujourd’hui 450 entreprises, pour environ 40 000 visiteurs. C’est sans surprise dans la Ruhr, poumon ouvrier, où la participation est la plus forte avec près de 90 sociétés pour plus de 3500 participants. Et chaque région a ses spécificités : en Sarre, à la frontière avec l’Hexagone, les entreprises accueillent également de nombreux visiteurs français.

Totalement gratuites, ces rencontres remportent chaque année beaucoup de succès, au point qu’il faut s’inscrire des semaines à l’avance pour avoir la chance d’y trouver une place. Le public est relativement jeune, entre 30 et 40 ans, et les motivations très diverses. "La société Laserline n’était pas mon premier choix, admet ainsi Gudrun, derrière ses lunettes noires. Je suis passionnée par les nouvelles technologies et je voulais voir une entreprise de robotique". Pour autant, elle se dit totalement ravie. "Dans mon métier, je suis souvent amenée à  produire des supports de publicité. Alors pourquoi pas faire appel à cet imprimeur pour nos prochains projets", poursuit-elle.

Réunis autour d’un verre et d’un bretzel offerts pour ponctuer la visite, plusieurs jeunes discutent à l’écart. Veronika, une étudiante de 17 ans, cherche actuellement une place en apprentissage. "Le métier ne m’a pas convaincue. Je préfèrerais travailler dans le graphisme. Mais c’était intéressant de comprendre ce qui se passe ensuite, quand on imprime les documents", estime-t-elle. A l’inverse, Ismail espère bien recontacter Laserline dans le futur, quand il parlera mieux allemand. Réfugié arrivé de Syrie, il a déjà travaillé dans l’impression offset au Liban et envisage de poursuivre dans cette voie en Allemagne.

Opération séduction

C’est bien là l’objectif de cette opération séduction. Même si les résultats ne sont pas forcément immédiats, il s’agit de promouvoir l’industrie, dans un pays qui commence sérieusement à manquer de main d’œuvre dans les domaines techniques. "Nous avons 30 places d’apprentis, indique Julia Baehr. Pour les postes de graphiste, de marketing ou de communication, nous n’avons aucun souci pour trouver des candidats. Mais malheureusement, celui d’imprimeur ne fait plus rêver". En montrant que le métier est désormais plus proche du profil d’informaticien que de celui d’ouvrier, Laserline espère ainsi susciter davantage de vocations.

Et même pour les grands noms, qui ne souffrent pas encore de ce problème, il est important d’être présent chaque année. C’est le cas de Siemens. "Bien que les consommateurs connaissent bien notre groupe, c’est aussi l’occasion de montrer l’étendue de notre savoir-faire, avec des produits plus méconnus", indique Michael Friedrich, son porte-parole. C’est pourquoi l’entreprise a décidé d’ouvrir les portes de son atelier d’instruments de mesure, où sont fabriqués les équipements destinés à sécuriser l’approvisionnement en électricité du réseau. Une problématique devenue primordiale avec l’augmentation des énergies renouvelables. De son côté, pi4 présentait ses robots en pointe, conçus pour amorcer le virage de l’industrie 4.0. Autant d’exemples pour donner une image de l’industrie résolument tournée vers l’avenir.

 

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