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"QE", l'Europe n'est pas l'Amérique !

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QE, l'Europe n'est pas l'Amérique ! © Jahovil

Les entreprises citées

Un océan sépare le Vieux et le Nouveau Continent. En géographie comme en macroéconomie. Pourtant, Mario Draghi, le gouverneur de la Banque centrale européenne a lancé son méga assouplissement monétaire : 1 140 milliards d’euros sur dix-huit mois, environ 10 % du PIB des 18 pays de la zone euro. Il s’agit pour l’essentiel d’un concept calqué sur le modèle initié par Ben Bernanke, l’ex-gouverneur de la Fed. Objectif : gonfler la masse monétaire pour stimuler l’offre de crédit et mettre fin aux risques de déflation. L’affaire était réclamée par les ennemis déclarés de l’orthodoxie budgétaire, France et Italie en tête. Pour Berlin, et pas seulement, le risque est grand de voir cette décision mettre un coup d’arrêt aux réformes dont nombre de pays européens ont tant besoin.

Trop ou pas assez important, bien conçu ou non pour redynamiser la zone euro, risque de bulle financière… les experts, eux, se déchirent depuis sur ce "quantitative easing" (QE) à la sauce européenne… Les faits, le retour ou non de la croissance, parleront. En attendant, on peut s’interroger sur le parallèle fait avec la situation américaine. Aux États-Unis, le QE est crédité d’avoir relancé la machine : 3,6 % de croissance attendus cette année et un taux de chômage redescendu à 5,6 %. Mais l’économie américaine diffère structurellement de la nôtre. Sa flexibilité est bien plus grande : au plus fort de la crise, elle détruisait bien plus d’emplois que l’Europe, et la restructuration du secteur immobilier a été menée à un rythme rapide, du fait notamment des règles de faillite personnelle. Entre les deux rives de l’Atlantique, le niveau de dépenses publiques est, de même, sans comparaison (37 % contre 50 % en zone euro), tout comme le taux d’épargne des ménages américain, quatre fois inférieur à celui du Vieux Continent.

L’effet de richesse produit par la flambée en Bourse, consécutive au QE américain, s’est traduit en matière de crédit ou de dépenses de consommation. Le mode de financement naturel des entreprises diffère lui aussi : les marchés financiers aux États-Unis, le crédit en Europe. On pourrait multiplier les exemples. Bref, ces "sous jacents" de la reprise américaine ne peuvent être calqués sur la zone euro à la tuyauterie plus complexe. Celle-ci souffre, de plus, d’un handicap : sa construction reste imparfaite. Parmi les éléments constitutifs d’une "zone monétaire optimale" l’Europe pêche par une trop faible mobilité des travailleurs, la quasi-absence de fédéralisme budgétaire ou des barrières à l’unification des marchés. C’est là le travail principal, celui des gouvernements. Et le vrai message de Mario Draghi ?

Pierre-Olivier Rouaud

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