Primaire à gauche, Manuel Valls plaide pour un "droit d'inventivité"

Candidat à la primaire de la gauche, l’ancien premier ministre "assume" les choix du quinquennat mais revendique son "droit d’inventivité". En matière économique, il plaide surtout pour la stabilité fiscale et une Europe plus offensive.

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Primaire à gauche, Manuel Valls plaide pour un

Manuel Valls "assume pleinement ce qui a été engagé avec François Hollande" mais défend son "droit d’inventitivité" et "ne veut pas défendre le passé". Façon de clamer son indépendance retrouvée. A trois semaines du premier tour de la Primaire de la gauche, l’ancien premier ministre a détaillé les grandes lignes de son programme le 3 janvier, presqu’au même moment que l’autre prétendant Vincent Peillon. Pour Manuel Valls, le plus délicat est de réussir à trouver le bon positionnement avant le vote pour ne pas être cantonné au bilan du quinquennat en cours.

Poursuite du pacte de responsabilité

L’exercice est délicat. En matière économique, l’ancien Premier ministre ne prévoit pas de grand soir. Manuel Valls entend maintenir en l’état le pacte de responsabilité, initié en 2013 mais exclut de nouvelles baisses du coût du travail pour les entreprises. "Les entreprises ont retrouvé des marges. Il ne faut pas le remettre en cause. Il y a une nécessité de stabilité fiscale", estime Manuel Valls, qui entend maintenir le déficit public sous la barre des 3 % mais sans "réduction à marche forcée". Pour garantir la stabilité, les parlementaires devraient fixer dès le début du quinquennat les grandes orientations fiscales du quinquennat. En matière de réforme du droit du travail, le Premier ministre considère également que l’essentiel a été fait.

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Un seul ministère pour l'industrie et l'environnement

Manuel Valls propose aussi d’autres changements significatifs. Pour accentuer la transition énergétique, il veut réunir les ministères de l’industrie, de l’écologie et de l’énergie dans un même ministère afin de changer "radicalement" la politique industrielle. Manuel Valls promet aussi de renouer avec les grandes conférences environnementales dès l’automne 2017. Pour verdir l'économie, il veut relancer le chantier de la rénovation thermique, accélerer les financements dans la recherche de transports propres et poursuivre l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Manuel Valls se garde en revanche de trancher l’épineuse question du nucléaire et appelle à un débat "dépassionné" et basé sur "un calcul économique clair".

Dans le domaine social, Manuel Valls estime que les accords de branche et d’entreprise doivent être le lieu prioritaire du dialogue social. "La démocratie sociale veut dire quelque chose dans notre pays", estime l'ancien premier ministre, qui veut généraliser le chèque syndical afin de renforcer la représentativité des syndicats et le taux de syndicalisation. Il plaide désormais pour restreindre l’usage de la procédure du 49.3, qu'il a utilisé pour les lois El Khomri et Macron, aux seuls textes budgétaires.

une décentralisation accélérée

Côté pouvoir d’achat, il souhaite revenir à la défiscalisation des heures supplémentaires instaurées par Nicolas Sarkozy. Autre proposition : la création d’un "revenu décent" - qui n’est pas un revenu universel - regroupant l’ensemble des minimas sociaux et étendu aux 18-25 ans pour un coût de 8 milliards d’euros par an. Sur le temps de travail, l’ancien Premier ministre, qui estime que les 35 heures ont déjà été déverrouillées, veut que le compte personnel d’activité permette de capitaliser des droits à congés payés utilisables quand le salarié en a besoin.

Il prévoit aussi d’augmenter d’un milliard d’euros par an les financements pour les universités et d’instituer un "droit à la création d’entreprises, donnant droit à un prêt à taux zéro". Manuel Valls propose aussi d'aller plus loin dans la décentralisation en supprimant les départements et en réalisant le "transfert de compétences complètes" aux régions. Celles-ci devraient aussi se voir confier un pouvoir réglementaire afin d’adapter les politiques nationales aux réalités locales.

Un salaire minimum européen

Mais, c’est sur le volet européen qu'il veut porter le cœur de son programme d’une cinquantaine de pages pour "une république forte et une France juste". Manuel Valls propose de réunir une "conférence de la refondation" afin de relancer la construction européenne. Alors que "la mondialisation est tout sauf heureuse", l’ancien Premier ministre estime que l’Europe est le meilleur échelon pour protéger les entreprises et les salariés. Manuel Valls plaide ainsi pour un mécanisme de contrôle européen des investissements étrangers réalisés dans les domaines stratégiques, une proposition aussi soutenue par Emmanuel Macron.

Pour réduire la concurrence au sein de l’Union européenne, Manuel Valls défend la mise en place d’un salaire minimum en Europe, proche de 60 % du salaire médian européen, afin de réduire les écarts salariaux. Il préconise aussi de renforcer l’harmonisation fiscale, en adoptant un corridor de taux sur l’impôt sur les sociétés. Des dossiers sur lesquels l’ancien Premier ministre, s’il est élu, devra convaincre ses partenaires.

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