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Pourquoi les chiffres du commerce extérieur ne sont pas si rassurants pour l’industrie

Solène Davesne

Publié le

Le déficit commercial s’est réduit en 2015 grâce à la baisse des prix du pétrole. Mais celui de l’industrie manufacturière, lui, a continué de se creuser.

photo Pascal Guittet

Aussi spectaculaire soit-elle, l’amélioration de la balance commerciale française n’est pas forcément rassurante sur l’état des forces de l’industrie française. En 2015, le déficit commercial a certes fait un magistral plongeon, passant de plus 58 milliards d’euros l’an dernier à 45,7 milliards d’euros. Mais ce sont surtout des facteurs conjoncturels, qui ont joué.

La baisse des prix du pétrole a fait chuter la facture énergétique, qui pèse toujours les deux tiers du déficit commercial du pays. La dépréciation de l’euro par rapport principalement au dollar a aussi contribué au dynamisme des ventes hors zone euro des entreprises tricolores.

"Les exportations en volume ont progressé plus vite que la demande mondiale adressée à la France", confirme Coe-Rexecode, qui vient de publier son panorama de la compétitivité de l’industrie française. Profitant de l’aubaine des taux de change, les exportations vers les Etats-Unis ont aussi progressé de près de 20 %.

Pas de redressement SPECTACULAIRE de la compétitivité

Mais en dehors de ces coups de pouce conjoncturels, les résultats du commerce extérieur ne signalent pas de redressement spectaculaire de la compétitivité de l’industrie française.

Certes, depuis mi-2011, la France a arrêté de perdre des parts de marché, ce qui est un bon début. En 2015, elle continue à peser 3,1 % des exportations mondiales.

Mais la balance commerciale des biens industriels a continué de se dégrader. Hors énergie, le déficit des biens s'est dégradé à 23,2 milliards d’euros en 2015 contre 20,8 milliards en 2014 (ces chiffres sont hors matériels militaires).

Dans le même temps, l’excédent des services a marqué le pas. L’objectif affiché en début de quinquennat de ramener à l’équilibre la balance des biens hors énergie d’ici 2017 est désormais impossible à atteindre. Plus personne d’ailleurs au gouvernement ne se risque plus à l’évoquer.

des importations qui progressent plus vite que les exportations

Car si les exportations ont été soutenues, les importations de biens l’ont été encore plus. Une partie s’explique par l’achat de biens intermédiaires nécessaires ensuite à la fabrication des produits destinés à l’exportation, comme c’est le cas dans le secteur aéronautique. Mais aussi pour répondre aux besoins des consommateurs français.

Dans l’automobile, les importations des véhicules ont progressé de 12,3 % l’an dernier, plus vite que les exportations pourtant robustes des usines tricolores.

Résultat : au global, au lieu de tirer l’activité française, le commerce extérieur a coûté 0,2 points de croissance l’an dernier.

La performance du commerce extérieur reflète aussi la concentration de l’appareil exportateur français : il est dépendant des bons résultats des avionneurs, dont les ventes sont passées de 7 % à 13 % dans les exportations totales en 10 ans. 

D’où peut venir le rebond pour cette année ? Il y a des raisons d’espérer. Les mesures de compétitivité-prix, avec le crédit d’impôt compétitivité entre autres, n’a pas encore donné ses effets dans la conquête des parts de marchés à l’étranger des entreprises françaises.

Elles ne se sont pas non plus traduits par une amélioration de la compétitivité-coût. Uen autre marge de progression existe: la France a de nouveau enregistré une légère hausse (+3750) du nombre d’exportateurs, pour la quatrième fois consécutive. Elle reste certes encore loin de l’Allemagne ou de l’Italie. Mais c’est un bon début.

Solène Davesne

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