Pourquoi le plan Juncker est une bonne nouvelle pour l’industrie française

Plusieurs projets de construction d’usines devraient bénéficier dans les prochaines semaines des fonds débloquées par la Banque européenne d’investissement dans le cadre du plan Juncker

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Pourquoi le plan Juncker est une bonne nouvelle pour l’industrie française

Le plan Juncker devrait bientôt servir à financer la création de nouvelles usines en France. Plusieurs projets industriels sont dans le pipeline de la Banque européenne d’investissement, qui gère le plan Juncker, et devraient être examinés "au printemps" par le conseil d’administration de la Banque.

La BEI pourrait ainsi prêter la moitié des 116 millions d’investissements nécessaires pour la création d’usine de production de lait UHT en Normandie par la coopérative Maitres laitiers du Cotentin. "La coopérative a signé un contrat de long terme avec la Chine mais elle n’était pas assez solide financièrement et ses banques ne pouvaient pas suivre. La BEI devrait permettre que ce projet se réalise", assure Thierry Francq, le commissaire général adjoint à l’investissement, qui accompagne les candidatures françaises au plan Juncker.

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Le commissaire adjoint cite aussi un projet "d’investissement dans une usine de haute technologie de 300 millions d’euros". Parmi les dossiers, figurent aussi la création de la première usine européenne de recyclage et de refonte des déchets de titane aéronautique par le groupe Eramet dans le Puy-de-Dôme. Faute de site de retraitement, ces déchets étaient jusqu’à présent exportés vers les Etats-Unis. La BEI pourrait aussi aider à la modernisation des équipements industriels d’un fournisseur de rang 1 de l’industrie aéronautique.

18 projets financés par le plan Juncker

Depuis son lancement, le plan Juncker a notamment permis de renforcer les prêts à l’innovation distribués par Bpifrance et a contribué aux fonds d’amorçage et au fonds FCDE, spécialisés dans le soutien d’entreprises en difficultés conjoncturelles, de la banque publique. Début 2016, la France avait déjà fait financer 18 projets par la BEI et le FEI (fonds européen d’investissement) et obtenu 1,6 milliard d’euros de fonds de la part des deux institutions. Ces projets devraient représenter un peu moins de 9,4 milliards d’euros d’investissement total.

"La BEI a un regard d’ingénieur plus que de financier contrairement aux banques", se félicite Thierry Francq, pour qui "au vu des expériences d’autres dispositifs européens, il faut être plutôt satisfait" de la simplicité et la rapidité du dispositif.

Alors que le commissariat général à l’investissement (CGI) gère en France les 47 milliards d’euros des investissements d’avenir, les deux dispositifs sont complémentaires. Le plan Juncker est "adapté à des projets qui sont risqués mais qui ont un modèle économique", tandis que le PIA finance davantage en amont.

La BEI est aussi là pour renforcer au besoin les moyens des investissements d’avenir. Elle devrait apporter des capitaux supplémentaires pour renforcer le fonds Société de projet industriel lancé par le PIA pour prendre des participations dans des coentreprises industrielles. "On utilise aussi la BEI pour renforcer notre force de frappe", souligne le CGI.

Solène Davesne

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