Technos et Innovations

Pourquoi le français Pixium Vision est bien placé dans la course à la meilleure rétine artificielle

Marine Protais ,

Publié le

Mardi 23 janvier, le français Pixium Vision a annoncé la première implantation de sa rétine artificielle Iris II, qui redonne la vue aux personnes devenues aveugles. Un implant plus performant technologiquement que celui de son concurrent américain Second Sight, mais pas encore sur le marché.

Pixium Vision veut redonner la vue aux non-voyants. En janvier 2016, son implant épi-rétinien Iris II, a été fixé pour la première fois sur l'œil d'un patient de 58 ans, au CHU de Nantes. Cette opération fait partie de l'étude clinique menée par la société française pour démontrer la sécurité et la performance de son dispositif destiné aux personnes devenues aveugles d'une rétinite pigmentaire - une maladie héréditaire qui provoque une dégénérescence progressive des cellules sensibles à la lumière.

“Après des années dans le noir, le patient a été activé. Il a déclaré percevoir des premiers signaux lumineux, commente le professeur Weber, ophtalmologue chargé de l'opération. Le patient va maintenant commencer sa rééducation pour apprendre à interpréter ces signaux lumineux."

Trois fois plus d'électrodes que Second Sight

La rétine artificielle de Pixium Vision fonctionne à l'aide d'une caméra intelligente placée sur une paire de lunettes. Elle reproduit le fonctionnement de l’œil humain. "Le capteur ne prend pas de clichés successifs, comme une caméra classique, mais visualise à chaque instant l’ensemble des évènements nouveaux ", précise Pierre Kemula, directeur financier de l'entreprise. Les informations sont ensuite simplifiées par un ordinateur de poche, un petit boîtier de la taille d'un téléphone portable." Puis, l'ordinateur transmet les signaux à l'implant rétinien. Celui-ci est équipé de 150 électrodes qui stimulent les cellules de l'œil, entraînant la perception de motifs lumineux dans le cerveau.

La jeune pousse tricolore n'est pas la seule à s'intéresser aux systèmes de visions bioniques: l'allemand Retina Implant et le californien Second Sight sont aussi dans la course. Second Sight a pris de l'avance. Son implant Argus II est déjà commercialisé aux Etats-Unis et en Europe. "Notre implant possède trois fois plus d'électrodes que celui de Second Sight, se félicite Pierre Kemula. Plus de cellules sont stimulées, donc la vision est plus précise." Autre avantage sur son concurrent américain: Iris est explantable, c'est-à-dire que l'on peut le retirer facilement sans abîmer la rétine. "Les technologies optiques évoluent vite, il est donc important de donner la possibilité aux patients de retirer leur implant pour l'améliorer ou le remplacer. "

Quant à l'allemand Retina Implant, il est un peu à la traîne. Son implant a été autorisé sur le marché, mais il est très peu utilisé. Son installation est complexe, elle nécessite huit heures d'opération.

Le prochain challenge: la DmlA

L'implant de Pixium Vision devrait être commercialisé mi-2016. En attendant, dix patients devraient bénéficier d'Iris II en France, en Allemagne et en Autriche, dans le cadre de l'essai clinique.

Pixium Vision, tout comme Second Sight, s'attaquent aussi à la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge). Une maladie plus complexe que la rétinite pigmentaire, mais beaucoup moins rare. Elle touche les personnes âgées. Les patients souffrant de cette maladie commencent par perdre la vision centrale (responsable de la précision, par exemple pour la lecture) et deviennent progressivement aveugles à un âge plus avancé, entre 70 et 90 ans. Certains malades ont bénéficié d'implants Argus II de Second Sight. Mais selon Pierre Kemula, Argus comme Iris sont peu adaptés à cette maladie, car ils recouvrent en partie la vision périphérique du patient, et ils nécessitent trois heures d'opération en anesthésie générale. Ce qui est peu recommandé pour des personnes de plus de 80 ans.

"Nous travaillons sur Prima, un autre dispositif, plus adapté à la DMLA, explique Pierre Kemula. C'est un implant sous rétinien beaucoup plus petit qu'Iris II. Il mesure 2 millimètres et est équipé de 400 électrodes, qui ressemblent à de mini panneaux solaires. Le fait qu'il soit miniaturisé permet de le placer précisément là où il y a des trous dans la vision." Prima devrait être testé sur l'homme avant la fin de l'année. Mais Second Sight n'a pas dit son dernier mot. La société développe Orion, un dispositif qui sera directement implanté dans le cerveau. La course continue…

Marine Protais

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2 commentaires

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01/03/2016 - 17h34 -

Attention à la presse de ne pas reprendre in extenso un texte qui s'apparente à une promotion en règle de Pixium et qui se permet (sans argumenter scientifiquement) de critiquer le concept de rétine artificielle allemand pourtant apprécié par de nombreux ophtalmologistes y compris en France.
En la matière il convient d'être prudent car les articles servent ensuite à la levée de fonds.
L'argent, toujours l'argent !
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Nom profil

01/03/2016 - 01h01 -

De très nombreux ophtalmologistes préfèrent le concept et les resultats de l'implant allemand Retina Implant du Professeur E.Zrenner mais ils n'osent pas encore le dire.
Le marché francais est aux mains de 4 ou 5 personnes qui font le jeu médiatique mais dont les annonces depuis 20 ans ne sont pas suivies d'effets pour les patients ou très peu.
Il en ou le fameux Diltiazem qui devait guérir les retinopathies pigmentaires ?
Revoyez le telethon 1998 et vous comprendrez mieux.
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