Pourquoi le Brexit inquiète les producteurs de maïs français

Les producteurs français guettent les modalités effectives du Brexit. Près de 10% des exportations françaises de maïs prennent le chemin du Royaume-Uni.

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Pourquoi le Brexit inquiète les producteurs de maïs français
Le maïs français est notamment utilisé dans l'alimentation animale (petfood).

Nombreux sont les industriels français à redouter les conséquences du Brexit, notamment s’il se déroule sans accord, pour leurs approvisionnements. Les agriculteurs sont dans la situation contraire : la France représente environ 30% des importations en maïs du Royaume-Uni, soit un volume proche de 640 000 tonnes par an, selon les données compilées entre 2012 et 2016 par Eurostat.

La France est également un fournisseur important du Royaume-Uni en blé (230 00 tonnes/an). Elle assure aussi 70% des importations britanniques d’orge (90 000 t). Au total, en 2017, le Royaume-Uni représentait 1,6% des exportations françaises d’orge et 1,2% de celles de blé tendre.

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En revanche, le marché britannique pesait à la même date pour 8,9% des exportations françaises de maïs. L’exposition au risque britannique est variable selon les variétés : en maïs doux, le marché britannique est approvisionné à 75% par l’Union européenne et à 25% par des pays tiers. La France assure 11% des approvisionnements britanniques en maïs doux, loin derrière l’Espagne (36%) et la Belgique, qui fait office de plateforme logistique faute d’être productrice. En maïs semence, les conséquences seraient moindres : entre 2014 et 2017, la France a exporté 47 000 quintaux de semences de maïs vers le Royaume-Uni, soit 3% des exportations totales de semences de maïs sur la période.

Les pays non-européens en embuscade

A la faveur des Britanniques, ceux-ci ont l’embarras du choix pour leurs approvisionnements… bien au-delà de la Manche. "Le marché britannique reste très concurrentiel, avec la montée en puissance de la concurrence Mer Noire, qu’ils s’agisse d’origines Union européenne (Roumanie, Bulgarie) ou tiers (Ukraine et Russie dans une moindre mesure)", rappelle Matthieu Çaldumbide, directeur adjoint de l’Association générale des producteurs de maïs.

Les maïs nord-américains et argentins, notamment de type Plata pour la fabrication de corn-flakes, font également le bonheur des industriels. La France reste bien positionnée, selon l’expert, sur des marchés spécifiques tels que l’alimentation animale et les distilleries. "Il s’agit des débouchés structurels du maïs français, mais qui deviennent également concurrentiels", poursuit-il.

La compétitivité des céréales françaises en question

Les exportateurs français attendent aujourd’hui la publication d’éventuels droits de douane à la date effective de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. "Le Brexit pose clairement la question de la compétitivité des offres européennes et française sur le marché britannique face aux concurrents pays tiers", indique Matthieu Çaldumbide. D’après les informations de la chaîne Sky News, le gouvernement britannique pourrait supprimer entre 80% et 90% des droits de douane sur les produits importés. Le suspense autour des réelles conditions d’application du Brexit poursuit son chemin.

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