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Pourquoi la justice enquête sur Hugh Bailey, le patron de General Electric France

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Publié le , mis à jour le 10/09/2019 À 17H19

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "prise illégale d'intérêt" sur Hugh Bailey, le nouveau patron de General Electric France, et ancien membre du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy. Des accusations jugées "totalement infondées" par le groupe industriel américain.

Pourquoi la justice enquête sur le patron de GE France
Hugh Bailey est le patron depuis avril de GE France, et ancien membre du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy.
© Jean Claude MOSCHETTI/REA

Moins de six mois après sa nomination comme patron de General Electric France, Hugh Bailey est déjà dans la tourmente. Le parquet de Paris a ouvert début septembre une enquête le visant pour "prise illégale d’intérêt", révèle le site internet du magazine L’Obs, qui avait enquêté sur lui en juin dernier. Que lui reprochent les enquêteurs de l’OCLICCF (l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales) ? Avant de prendre la tête de la filiale France de GE, Hugh Bailey travaillait au sein du cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, entre août 2014 et septembre 2016… concomitamment à la période où le ministre de l’Economie avait autorisé le rachat de la branche Energie d’Alstom par GE.

"Un rôle déterminant" au sein du cabinet à Bercy

"En tant que conseiller « financement export », Hugh Bailey joue alors un rôle déterminant. C’est à lui qu’il revient de conseiller son ministre sur les garanties financières qu’accorde la France pour tous les plus grands contrats internationaux. Lorsque Hugh Bailey est chargé de cette responsabilité par Emmanuel Macron, ces garanties se font via la Coface (Compagnie française d’Assurance pour le Commerce extérieur) et la liste des entreprises qui en bénéficient est assez réduite. Parmi elles, les grands groupes tricolores, notamment Alstom. Mais aussi des sociétés étrangères qui exportent depuis la France, au premier rang desquelles, General Electric", assure le site internet de L’Obs. "En particulier, General Electric a bénéficié au premier semestre 2016 d’un coup de pouce considérable de l’Etat : une garantie financière à l’exportation pour un montant de 70,3 millions d’euros pour l’achat de quatre turbos alternateurs pour une centrale à Bazian en Irak", poursuit-il.

Les promesses non tenues de GE

En échange de ces accords, le patron de l’époque du groupe américain, Jeff Immelt, s’était rendu à l’Elysée remercier François Hollande et s'était notamment engagé à un investissement de 35 millions d’euros dans l'usine de Belfort (Territoires de Belfort)... rapidement abandonné. L'industriel a finalement annoncé au printemps dernier la suppression de 1 000 emplois, principalement à Belfort, provoquant la colère du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, et ne cesse de se restructurer en France.

Or entre temps, le haut fonctionnaire Hugh Bailey s’est mis en "disponibilité" pour rejoindre quelques mois plus tard General Electric comme directeur des affaires publiques, puis comme directeur général depuis avril dernier.

 

 

Accord de la commission de déontologie de la fonction publique

"Les accusations contre Hugh Bailey sont totalement infondées", réagit General Electric France dans un communiqué le 10 septembre. "La nomination de M. Bailey chez GE France a été autorisée par la commission de déontologie de la fonction publique. Il respecte par ailleurs toutes les réserves imposées par celle-ci."

En juin dernier, dans un entretien au Journal du Dimanche, Hugh Bailey reconnaissait que le groupe n'avait pas tenu sa promesse de créer 1000 postes en France, faite lors du rachat de la division énergie d'Alstom. "Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de 3000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à la création des 1000 emplois nets", disait-il, en précisant que le groupe avait "une forte ambition dans le renouvelable, qui n'est que décalée dans le temps", dans l'attente en particulier du démarrage de chantiers dans l'éolien en mer.

Le DG France précisait également, lors de son passage à Bercy, ne pas avoir travaillé à l'époque sur ce dossier "qui était hors de [son] champ de compétence".

Ingénieur de formation et diplômé de l’ENSTA Bretagne, Hugh Bailey est passé par l’Institut d’administration des entreprises (IEA). Il a commencé sa carrière à la Direction générale de l’armement (DGA), avant d'intégrer l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) par la voie destinée à intégrer les officiers dans des professions civiles.

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