Technos et Innovations

Pour ses 150 ans, vous allez aimer BASF

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

A l’occasion de son 150 e anniversaire, l’allemand BASF, numéro un mondial de la chimie, entend se faire connaître du grand public. Et améliorer l’image de la chimie, en particulier en France, en proposant des programmes de "co-création".

Pour ses 150 ans, vous allez aimer BASF © Matinroel - Flickr - C.C.

Ce jeudi 23 avril, c’était jour de fête à Ludwigshafen, dans l’immense siège du groupe allemand BASF. Le numéro un mondial de la chimie (74,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014) souffle ses 150 bougies. Du chemin a été parcouru pour transformer le petit producteur de teintures indigo en l’un des rares géants de la chimie encore généraliste dont les activités vont des plastiques aux matériaux de performance, en passant par les pesticides, la chimie pour l’électronique, le pétrole et le gaz !

En France, BASF entend profiter de cette célébration pour mieux se faire connaître… et aimer du grand public. Sa présence y est considérable : il réalise plus de deux milliards d’euros de ventes dans l’Hexagone, pour 3000 salariés et 37 sites dont quatorze usines qui fabriquent pesticides, peintures, polyuréthanes… Selon Xavier Susterac, président de BASF en France, 30 à 50 millions d’euros y sont injectés chaque année. Mais il doit composer avec une "sur-réglementation" dans le pays et une mauvaise image de la chimie, plus souvent perçue comme pollueuse qu’apportant des solutions pour l’avenir. Le défi de l’industriel est donc de faire de la France "une terre d’innovation" : travail avec PSA sur l’allégement des véhicules (comme les airbags AirBump sur la C4 Cactus), partenariat avec Bouygues dans la construction durable… plusieurs accords ont déjà été signés.

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Plate-forme Internet, concours, sessions d’improvisation...

Mais la maison mère entend aller plus loin. Depuis le 1er janvier, elle a lancé un programme de "co-création" appelé "Creator Space". L’objectif est de mobiliser clients, citoyens, scientifiques, étudiants et salariés autour des thèmes de l'énergie, de l'alimentation et de la vie en ville. "En tant que premier groupe chimique mondial, nous avons des ambitions mais aussi une responsabilité, estime Xavier Susterac. Que faire sur notre impact ?"

Une année 2015 qui s’annonce décevante pour BASF

BASF a dû le reconnaître : il ne parviendra pas à atteindre cette année les résultats qu’il projetait. Loin devant ses concurrents américains DuPont et Dow Chemical, l’Allemand se trouve malgré tout mis en difficulté par la crise ukrainienne (un vaste échange d’actifs avec le gazier russe Gazprom a été annulé), la volatilité du pétrole et des devises, et une demande mondiale décevante. Après une croissance en 2014 de 6,5% de son bénéfice d’exploitation à 7, 6 milliards d’euros et de 0,5% de son chiffre d’affaires à 74,3 milliard d’euros, BASF s’attend à un Ebit "probablement stable" en 2015, et seulement à une "légère augmentation" de ses ventes. L’objectif de 80 milliards d'euros de chiffre d'affaires ne sera pas atteint.

Pour y répondre, une plate-forme Internet a notamment vu le jour, afin de recueillir de nouvelles idées et être un support d’échange. Un concours d'Open Innovation a également été lancé pour faire émerger des propositions sur le stockage de l'énergie provenant des sources d'énergie renouvelable. "En association avec des entreprises, des scientifiques, des start-up et des inventeurs, BASF cherche des solutions efficaces permettant de stocker l'électricité à long terme et qui soient financièrement viables, par exemple grâce à des coûts d'investissement plus réduits", explique le groupe.

Les auteurs des meilleurs concepts pourront s’engager dans des projets de recherche avec BASF et recevoir 100 000 euros. En France, des étudiants d’écoles d’ingénieurs vont animer des colloques, comme à l’école d’agronomie Ensaia de Nancy sur la thématique du bio contrôle. Tandis qu’en interne, des "jamming sessions" sont organisées avec des start-up pour "stimuler la créativité et l’engagement des collaborateurs". Mais, derrière la communication, ces projets de chimie durable devront aussi renforcer les ventes du groupe, qui évolue actuellement dans un contexte difficile (voir encadré). "L’objectif de BASF pour 2020 prévoit que près de 30 milliards d’euros de chiffre d'affaires viennent d’innovations", rappelle Xavier Susterac.

Gaelle Fleitour

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