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L'Usine Agro

Pour les pesticides, la filière agricole appelle la recherche et l’industrie à la rescousse

Gaëlle Fleitour

Publié le

Trente organisations agricoles et de recherche prônent un "contrat de solutions", pour réduire l’utilisation, les risques et les impacts des produits phytosanitaires en France. Mais sans engagement chiffré pour l’instant. Tandis qu’aucune solution n’émerge encore pour se passer du glyphosate.

Pour les pesticides, la filière agricole appelle la recherche et l’industrie à la rescousse © D.R.

Les Etats Généraux de l’Alimentation battent leur plein, entre une charte de bonnes intentions signée ce mardi (voir encadré), et, dans un mois, la présentation filière agricole par filière agricole, des plans pour monter en gamme, rendre les produits plus rémunérateurs, et diminuer leur empreinte environnementale. Excédée d’être toujours mise en cause pour son recours aux pesticides, la profession agricole a décidé de riposter.

Ce 14 novembre, le premier syndicat d’agriculteurs, la FNSEA, a ainsi annoncé un "contrat de solutions pour l’avenir" avec une trentaine d’autres acteurs (syndicats agricoles, instituts techniques comme l’Acta ou le Gnis, l’association des Chambres d’agricultures…) et de fédérations d’industriels, comme Coop de France (coopératives agricoles), l’UIPP (fabricants de produits phytosanitaires), Axema (constructeurs d’équipements agricoles) ou IBMA (entreprises de produits de biocontrôle).

"Le 0 phyto n’existera pas dans notre pays en l’état"

Rien de concret pour l’instant, chaque partie prenante ayant deux à trois mois pour formuler les objectifs environnementaux chiffrés auxquels elle s’engage. Mais tous promettent une démarche commune "visant à innover, développer, déployer, conseiller, former, et trouver des solutions pour économiser les produits phytosanitaires avec comme état d’esprit, pour les agriculteurs français et leurs filières d’excellence, le besoin de continuer à produire dans des conditions optimales".

Combiner agronomie, génétique, biocontrôle, robots…

Comment assurer de bons rendements tout en luttant contre les maladies, insectes ou mauvaises herbes qui s’attaquent aux plantes ? "Nous savons que le 0 phyto n’existera pas dans notre pays en l’état", estime Christiane Lambert, la patronne de la FNSEA. "Nous sommes prêts à relever l’objectif du plan Ecophyto II avec une diminution de l’utilisation, des risques et des impacts des produits phytosanitaires de 25% en 2020 et de 50% à 2025 et si les solutions des acteurs le permettent, nous irons au-delà." Agronomie, génétique, biocontrôle, équipements robotiques… "Il s’agit désormais d’accélérer la recherche d’alternatives possibles et d’optimiser à grande échelle. L’ambition est qu’aucun agriculteur ne se retrouve face à un mur technique pour produire des denrées irréprochables."

Un premier mur à franchir : le glyphosate

Ce mur, c’est justement celui au pied duquel se trouvent les nombreux agriculteurs utilisant du glyphosate, cette molécule controversée à la base de la plupart des désherbants. Et l’Europe comme la France peinent à se prononcer sur son sort. Interrogés par L’Usine Nouvelle, les partenaires assurent qu’aucune alternative ne pourra être disponible d’ici cinq à sept ans. Voire qu’une interdiction du glyphosate pourrait obliger à recourir à de vieilles matières actives à l’impact pire pour l’environnement. "Nous avons des solutions que nous sommes déjà en train de mettre en place pour réduire les doses de glyphosate, assure Sébastien Windsor, vice-président de l’Acta. Comparons avec celles utilisées ailleurs, et vous verrez que nous sommes extrêmement vertueux."  A la FNSEA, on s’inquiète d’ailleurs de la distorsion de concurrence que pourrait induire le CETA, avec l’importation potentielle de produits contenant "46 substances phyto interdites en Europe".

Miser sur les produits de biocontrôle

Alors ? Ces organisations appellent le gouvernement à soutenir la recherche publique et privée française, notamment sur le plan réglementaire et financier. IBMA, par exemple, aimerait obtenir pour la décennie à venir un Crédit Impôt Recherche majoré à 60% (au lieu de 30% actuellement) et un fléchage du financement des Investissements d’Avenir pour soutenir l’innovation dans le biocontrôle. Bien conscient que ces produits (micro et macro-organismes, médiateurs chimiques et substances naturelles) sont encore trop peu diffusés, en particulier dans les grandes cultures. Ils ne recouvrent en France que 5% du marché de protection des plantes, avec leur chiffre d’affaires de 110 millions d’euros en 2016. L’ambition Antoine Meyer, le président d’IBMA France ? Le tripler à l’horizon 2025, même si ces produits doivent être couplés à d’autres solutions. Ils sont d’ailleurs fabriqués par des PME françaises spécialisées… mais aussi des géants mondiaux de l’agrochimie investissant en parallèle dans des solutions de biocontrôle. Du côté d’Axema, on mise notamment sur la création de l’association Rob-Agri, pour développer de nouveaux robots à même de mieux cibler l’épandage ou désherber mécaniquement.

 

La charte sur la répartition de la valeur signée par tous les acteurs de la filière alimentaire
En attendant d’inscrire dans la loi, en début d’année prochaine, les mesures promises par Emmanuel Macron à l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation, une "Charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises" a été signée mardi 14 novembre au ministère de l’Agriculture. Un texte a minima, mais qui inclut notamment l’objectif de réforme du seuil de revente à perte, signé par les principaux acteurs de l’agriculture, l’agroalimentaire et la grande distribution, y compris l’enseigne Leclerc. Mais les attentes restent nombreuses, alors qu’ont démarré les négociations commerciales annuelles. "Cet engagement passe par l’obligation de l’application du tarif des transformateurs auprès des distributeurs pour relancer la création de valeur et mieux la répartir à l’amont (agriculteurs et PME)", insiste la FEEF. Pour Coop de France, "les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas, il faut un cadre législatif et réglementaire".

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