Economie

Pour les opposants, c'est toujours "non" à un aéroport à Notre-Dame-des-Landes

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En dépit d'une victoire confortable du oui pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), la légitimité de la consultation est discutée. La bataille judiciaire suit son cours et l'évacuation de la Zad (Zone à défendre) s'annonce délicate.

Pour les opposants, c'est toujours non à un aéroport à Notre-Dame-des-Landes © Joelle Ronnet-Nicolle - Semailles à Notre-Dame-des-Landes (2013) CC Flickr

On pouvait s'y attendre, la large victoire du "oui" (55,17 %) au référendum sur le transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dimanche 26 juin, n'a pas désarmé les opposants au projet, loin s'en faut. Pour ces derniers, le résultat de la consultation est douteux voire illégitime, du fait notamment d'un périmètre "taillé sur mesure" pour que le oui puisse l'emporter.

Sur place, sur la Zad, la "Zone à défendre" pour les opposants, chacun est déterminé à résister à l'évacuation. "Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes", scande Dominique Fresneau, l'un des leaders historiques des antis. Sur la Zad, chacun est sur le qui-vive, prêt à se remobiliser comme ce fut le cas en 2012, lors de "l'opération César". Près de 1 200 gendarmes et policiers avaient alors été dépêchés sur la zone sans parvenir à déloger les opposants, enracinés sur les lieux depuis 2009.

Aujourd'hui, on estime leur nombre à près de 200 dans une soixantaine de lieux de vie. Certains anticipent le risque de nouveaux Rémi Fraisse, référence au militant mort lors d'une manifestation contre la construction d'un barrage à Sivens, dans le Tarn, en 2014. Chez les policiers, on estime qu'il faudra des moyens exceptionnels pour extirper les occupants du site, et des effectifs considérables pour le maintenir inoccupé.

Un rassemblement d'opposants, les 9 et 10 juillet prochains à Notre-Dame-des-Landes donnera la mesure de la mobilisation des antis.

"Début des travaux à l'automne"

Manuel Valls l'a dit et répété la semaine dernière : "Si le oui l'emporte, les travaux débuteront à l'automne", bien que le dossier n'a pas atteint son épilogue sur le plan juridique. Les avocats des opposants sont bien décidés à saisir toutes les aspérités comme, par exemple, les dérogations au statut d'espèce protégée pour le campagnol amphibie. Certes, sur le champ du droit, la balance penche en faveur des partisans qui font valoir 160 victoires devant la justice.

Mais des recours "sur la loi sur l'eau" et la biodiversité sont encore en appel. C'est aussi le cas de l'arrêté déclarant d'utilité publique les aménagements routiers. Quant à la Commission européenne, elle a adressé à la France une mise en demeure sur le volet environnemental, procédure qui n'est pas arrivée à son terme. Les opposants rêvent d'une issue à la Donges-Est dans les années 2000. En appel, la justice avait finalement mis fin à ce projet d'extension du port de Nantes Saint-Nazaire.

Emmanuel Guimard

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1 commentaire

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27/06/2016 - 17h38 -

Incroyable ramassis d'anti-démocrates... Faudra-t-il faire comme Monsieur Thiers au mur des fédérés ?
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