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L'Usine Santé

Pour le laboratoire Servier, l’objectif est de faire de la Chine le numéro un de ses ventes

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Premier laboratoire pharmaceutique français arrivé en Chine dans les années 1980, Servier veut en faire sa plus grande filiale d'ici 2015-2016, devant la Russie et la France, selon son président, de passage en Asie. Il s’appuie sur son usine de Tianjin.

Pour le laboratoire Servier, l’objectif est de faire de la Chine le numéro un de ses ventes © Gaëlle Fleitour

En pleine zone industrielle de Tianjin, la troisième ville chinoise avec 14 millions d’habitants, se dresse un joli palais aux couleurs beige et rouge, entouré de verdures et d’arbres aux écus d’or. Il abrite une activité inattendue : la production pour le marché chinois des médicaments du laboratoire Servier.

Le français a inauguré en 2002 ce site, joint-venture dont il détient 90% avec un partenaire local, Huajin. Et il en a confié sa direction - fait rare en Chine - à une femme. Dotée de cent salariés, cette petite usine high-tech, aux machines européennes et lignes de conditionnement automatisées, fabrique chaque année 36 millions de boîtes de comprimés.

Une partie est, depuis peu, exportée vers la Corée du Sud. Elle vient de connaître une extension de 2 500 mètres carrés pour doubler les capacités de son laboratoire de conformité qualité, un investissement de quatre millions d’euros afin de s’aligner sur la croissance des volumes : +105% en cinq ans.

23e au rang des multinationales pharmaceutiques présentes en Chine

Premier groupe pharmaceutique français à s’être implanté en Chine au début des années 1980, Servier y enregistre désormais 225 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce qui en fait sa troisième filiale après la Russie (première !) et la France. Avec ses quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires, le laboratoire indépendant n’a pas les moyens d’un Sanofi, doté de sept usines au sein de l’Empire du Milieu. Mais il pointe à la 23e place des multinationales pharmaceutiques présentes en Chine et entend bien se positionner pour profiter de la croissance du troisième marché pharmaceutique au monde derrière les Etats-Unis et le Japon. Dès 2015-2016, Servier espère faire de la Chine sa filiale numéro un.

Un message qu’Olivier Laureau, le nouveau président du groupe depuis le décès de son fondateur, Jacques Servier, en avril dernier, a entrepris de faire passer à l’occasion de son premier déplacement en Asie depuis sa prise de fonction. Avec une croissance entre juin 2013 et juin 2014 de 18%, supérieure à celle du marché (13%), "notre filiale est meilleure que les autres entreprises internationales", insiste-t-il auprès des salariés locaux qu’il rencontre tout au long de cette semaine. Tout en rappelant l’importance de l’éthique, dans un secteur récemment miné par les accusations de corruption de médecins chinois par les multinationales (lire l’encadré).

Une unité de développement pilote pour une molécule chinoise

Dans un pays comptant déjà 100 millions de diabétiques et 200 millions de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, explique Didier Dargent, patron de la filiale Chine, "Servier compte principalement sur trois de ses produits : le Coversyl contre l’hypertension, le Vastarel dans les pathologies coronariennes, et le Diamicron", l’antidiabétique oral le plus prescrit en Chine. 

Fort de 1 600 salariés en Chine, le laboratoire s’organise pour tenter de couvrir l’immensité du territoire, en s’appuyant sur six grands pôles géographiques et 22 sous-sièges régionaux. Et son usine de Tianjin sera clé pour préparer l’avenir, assure Christian Sauveur, vice-président industrie du groupe Servier. 

Grâce au déploiement du lean six sigma, les coûts de production ont été réduits de 17% tandis que les volumes et les coûts salariaux augmentaient. Bientôt, les capacités de production seront étendues à leur tour. Et une unité de développement pilote se prépare à accueillir une nouvelle technologie, pour fabriquer les lots d’un médicament injectable en cours d’essai clinique : un anticancéreux d’origine chinoise développée par Servier avec un partenaire local.

Gaëlle Fleitour, à Tianjin

Les laboratoires occidentaux fragilisés par la campagne anti-corruption chinoise

Entre mi-2013 et mi-2014, la croissance du marché pharmaceutique chinois a vacillé, passant de 24% à 13%. Et la part de marché des multinationales a diminué, même si elle atteint encore 75%. En cause, les réformes du système de santé lancées par le gouvernement chinois, revoyant à la baisse le remboursement et les prix des médicaments pour offrir un accès au plus grand nombre. Mais aussi le lancement à l’été 2013 d’une grande enquête anti-corruption par les autorités, avec des perquisitions chez tous les laboratoires occidentaux, les français Sanofi et Servier inclus. Pour l’instant, seul l’anglais GSK a été sanctionné, et lourdement : avec une amende de 3 milliards de yuans, l’équivalent de 378 millions d’euros, et des peines de prison pour certains de ses responsables.

 

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