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Pour le chercheur Guy Groux "FO veut faire concurrence à la CFDT à la table des négociations"

Cécile Maillard ,

Publié le

Comment expliquer le changement de ton de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, particulièrement conciliant à l’égard d’Emmanuel Macron et de son gouvernement ? L’analyse de Guy Groux, chercheur associé au CEVIPOF, spécialiste du syndicalisme.

Pour le chercheur Guy Groux FO veut faire concurrence à la CFDT à la table des négociations
Le chercheur Guy Groux
© Capture fondation Gabriel Peri

L'Usine Nouvelle - Jean-Claude Mailly a-t-il l’intention de donner une nouvelle orientation, moins contestataire, plus réformiste, à Force ouvrière ?

Guy Groux - Deux points peuvent expliquer une évolution de la position de la direction nationale de Force ouvrière. Tout d’abord, n’oublions pas que le discours très contestataire au niveau national ne se retrouve pas dans les entreprises, où Force ouvrière dispose d’une base modérée, aux fortes pratiques contractuelles, qui signe beaucoup d’accords. Politiquement, la base de FO n’est pas celle de la France insoumise, ses militants sont nombreux à voter à droite voire à l’extrême-droite. La direction nationale doit tenir compte des positions de sa base. Deuxième piste d’explication : en 2016, Force ouvrière a totalement collé à la CGT pour contester la loi Travail. Mais cette loi est passée, et même si elle a été amendée, son adoption représente une nouvelle défaite syndicale, après d’autres. La direction de FO n’a donc pas forcément envie de poursuivre sur une voie contestataire. D’autant que le changement de gouvernement peut lui laisser penser que c’est le moment de redéfinir sa stratégie.

Le ton conciliant de Jean-Claude Mailly peut-il se confirmer au-delà des débuts du quinquennat?

Peut-être, sauf que Jean-Claude Mailly est dans son dernier mandat à la tête de FO. Dans un an, il sera remplacé par Pascal Pavageau, qui est sur une ligne beaucoup plus contestataire. Les problèmes internes de FO seront-ils résolus et une nouvelle voie s’ouvrira-t-elle? On dirait que FO veut faire concurrence à la CFDT, en situation de monopole à la table des négociations. Jean-Claude Mailly se dit peut-être que FO a une place à gagner, celle que la CGT occupait sous le quinquennat Sarkozy, qui avait largement ouvert ses portes à la centrale alors dirigée par Bernard Thibault. Essaie-t-il de jouer ce jeu avec Emmanuel Macron ? Le président de la République y a-t-il intérêt, alors que le secrétaire général de FO part dans un an ? Mais l’exécutif doit faire face à une dispersion syndicale, et la CFDT ne peut plus être la seule confédération importante à porter les accords nationaux.

Dans son combat contre la loi Travail, Force ouvrière avait pesé sur les députés de gauche hostiles à la loi. Ne risque-t-elle pas de perdre ses soutiens dans une prochaine Assemblée nationale où les élus de gauche pourraient être rares ?

CGT et FO disposaient de relais importants à l’Assemblée nationale, parmi les députés socialistes et communistes. Au vu des projections actuelles sur les élections législatives, ceux-ci risquent de ne plus être nombreux, et ces syndicats auront peu de prise sur les nouveaux députés. Quand on perd des relais politiques, comme FO avec les députés socialistes, il faut recomposer sa ligne.

Propos recueillis par Cécile Maillard

 

 

 

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