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Election présidentielle 2017

"Pour la présidentielle, je suis en attente d’Europe chez les uns et de gauche chez les autres", déclare Pierre Moscovici

Arnaud Dumas , ,

Publié le

En déplacement à Grenoble pour rencontrer des sociétés innovantes, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes et ancien ministre de l’Economie, revient pour L’Usine Nouvelle sur la situation économique de l’Europe. Et donne ses conseils aux candidats à l’élection présidentielle.

Pour la présidentielle, je suis en attente d’Europe chez les uns et de gauche chez les autres, déclare Pierre Moscovici
Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes.
© Flickr

L'Usine Nouvelle -  Comment allez-vous aborder l’anniversaire du Traité de Rome, le 25 mars prochain ?

Pierre Moscovici - Cela doit être un moment commémoratif et festif, mais on ne peut pas se contenter de souffler les bougies. Le contexte actuel est marqué par des turbulences géopolitiques majeures, par le défi que posent la Russie et les Etats-Unis qui veulent affaiblir l’Union européenne, par le désenchantement des opinions publiques et par le Brexit. Il faut donc que cela soit un événement politique, pour affirmer l’unité européenne. La Commission prépare un livre blanc qui couvrira l’ensemble des sujets de l’Union européenne à 27, la sécurité, la défense, l’immigration, la jeunesse, etc. Mais aussi l’avenir de la zone euro qui doit devenir le fer de lance de l’Union européenne.

Justement, l’Europe et l’euro sont attaqués par certains candidats à l’élection présidentielle en France...

L'euro est le point faible de la campagne de Marine Le Pen. Elle fait de la sortie de l’Europe son fonds de commerce et du retour au franc sa tête de gondole. Mais la France ne peut jouer un rôle dans le monde qu’avec l’Europe. L’idée d’un retour au monde d’hier est une nostalgie vaine. Les Français savent que la monnaie unique constitue une protection contre la fluctuation des changes et qu’elle permet la maîtrise des taux d’intérêt. La sortie de l’euro, ce serait le retour de grandes turbulences. Une économie comme la nôtre en sortirait perdante notamment face à l’Allemagne.

Il faut au contraire compléter l’euro par une politique économique qui renforce la croissance et assure la convergence des économies de la zone euro. Sinon, cela crée de l’insatisfaction.

Les autres candidats sont-ils plus euro-compatibles ?

Beaucoup de Français ressentent un certain désarroi, car ils ne trouvent pas la bonne adéquation entre des personnes qui rassurent et des projets qui convainquent pour l’avenir. Je sens mes compatriotes insatisfaits de cette offre politique. Peut-être la campagne permettra-t-elle de répondre à leurs interrogations. J'espère que les uns pourront lever des doutes sur l’Europe, les autres clarifier leur programme ou encore crédibiliser leur démarche.

Voterez-vous pour le candidat le plus pro-européen ?

Être pro-européen est essentiel à mes yeux, mais cela ne suffit pas. Dans l’histoire européenne, il y a deux grandes familles pro-européennes, la famille centriste et la famille sociale-démocrate. Je suis en attente d’Europe chez les uns et de gauche chez les autres, comme bon nombre de socialistes aujourd’hui.

Quelle relation allez-vous entretenir avec les Etats-Unis de Donald Trump ?

Les Etats-Unis, en tant que pays, sont nos partenaires, nos alliés. Nous devons donc développer des relations de coopération. Il ne faut cependant pas ignorer les politiques économiques agressives et savoir y répondre. On ne peut pas laisser dire que le Brexit est quelque chose de merveilleux : ce n’est pas un exemple à suivre. Et si Monsieur Trump dit "America First", il nous faut nous occuper de notre défense commune. S’il veut être protectionniste, nous devons nous ouvrir plus au monde. Il ne faut pas une Europe protectionniste, mais une Europe protectrice en termes de sécurité intérieure, de défense, de sécurité sociale. Mais aussi dans les accords commerciaux. Il faut passer des accords de nouvelle génération qui intègrent le respect de l’environnement, de la santé, et qui soient davantage sous le contrôle des citoyens.

Vous n’êtes pas favorable au Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) ?

Je reste très favorable au libre-échange, mais régulé. Il faut savoir que la mondialisation ne comporte pas que des gagnants. Donc, le CETA avec le Canada oui, le TTIP dans son état actuel est prématuré.

Comment le Brexit va-t-il agir sur l’Union européenne ?

Nous devons redéfinir la relation avec le Royaume-Uni, c’est l’enjeu des négociations. A Madame May de dire ce qu’elle souhaite faire, mais pour nous les quatre libertés sont indissociables. De notre côté, nous devons nous construire davantage, en renforçant notamment la zone euro, en la dotant d’une vraie politique économique, d’un budget pour muscler l’investissement, en dopant le plan Juncker.

Notre principal problème, c’est le déficit d’investissement en Europe. Nous investissons toujours moins qu’avant la crise de 2008 et moins que les pays émergents. Si nous voulons rester une grande puissance économique à horizon 20 ou 30 ans, nous devons reprendre la marche. Le plan Juncker fonctionne déjà très bien. Il a atteint 168 milliards d’investissement et a touché 377 000 PME. C’est un starter pour l’économie. La question est de savoir si on peut le poursuivre dans le temps et l’élargir. Il faut aller vers une union de l’investissement.

Propos recueillis par Arnaud Dumas

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