"Pour féminiser l'industrie, il faut agir dès le plus jeune âge" pour la secrétaire d'Etat Delphine Geny-Stephann

Delphine Geny-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, ouvrait dans la soirée du 25 septembre la cérémonie des Trophées des femmes de l’industrie de l’Usine Nouvelle qui a désigné Femme de l’industrie 2018, Grazia Vittadini, Chief technology officer d’Airbus et première femme à intégrer le comité exécutif du groupe. Nous avons demandé à madame la Ministre comment elle voyait la place des femmes dans l’industrie.

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L’Usine Nouvelle - Vous avez débuté votre carrière professionnelle à Bercy, mais en partant dans le privé vous avez choisi l’industrie avec Saint-Gobain, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce secteur ?

Delphine Geny-Stephann - Je suis une ingénieure de formation et je me suis toujours sentie proche du monde de l’industrie. J’avais déjà cet intérêt à Bercy quand j’étais à l’Agence des participations de l’Etat, puisque je le représentais aux conseils d’administration d’entreprises dans le secteur de l’aéronautique et de la défense. Ce qui m’a attiré, c’est la capacité à changer les choses grâce à la technologie. Le progrès technique dans l’industrie a été un moteur extraordinaire d’amélioration de nos conditions de vie.

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Toute politique économique souveraine doit avoir un volet industriel. La politique industrielle a un effet d’entrainement sur toute l’économie. Il n’existe pas d’économie puissante et innovante sans industrie forte.

Ensuite, j’étais bien sûr attirée par la culture d’entreprise de Saint Gobain : un grand groupe français présent dans 65 pays avec des problématiques très locales et des enjeux mondiaux.

Comment faire pour féminiser les compétences de l’industrie ?

Je me souviens d’une de mes usines en Norvège. Les performances de ce site étaient exemplaires et la grande majorité des cadres étaient des femmes. On est encore loin de ça dans les usines françaises, c’est un fait.

Et changer les mentalités est excessivement lent. Il y a un vrai chantier culturel. Cela nous impose d’agir dès le plus jeune âge. Il faut modifier l’image de l’industrie et le faire le plus tôt possible, dès l’éducation primaire afin d’éviter les stéréotypes. Le travail associatif est essentiel. Je pense à des initiatives comme "Elles bougent" qui suscitent des envies de parcours à des jeunes filles et leur donnent confiance pour choisir la voie des études d’ingénieur. Mettre en valeur des parcours de femmes industrielles est très important. C’est exactement ce que vous faites et c’est déterminant pour changer les mentalités.

L’industrie du futur combine production et numérique, un secteur qui est lui aussi en déficit de femmes, cela va-t-il aggraver le problème de mixité ?

Non, il n’y a pas de raison que le problème s’aggrave. Au contraire, de nouveaux besoins et de nouveaux métiers vont apparaître.
L’effort que nous devons faire sur les métiers classiques de l’industrie nous devons le faire, dès maintenant, sur les nouveaux métiers du numérique. Dans le domaine de l’intelligence artificielle en particulier, il est indispensable que les concepteurs d’algorithmes et de mécanismes d’apprentissage représentent la diversité de nos sociétés.

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