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Pour Christine Lagarde, la croissance européenne pâtit d’une intégration financière inachevée

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A Paris, le 28 mars, la directrice du FMI a exhorté les dirigeants européens à achever l’union bancaire et son marché unique des capitaux, seules condition selon elle, pour réduire les conséquences des crises et développer de manière dynamique l’économie européenne.  

Pour Christine Lagarde, la croissance européenne pâtit d’une intégration financière inachevée
Christine Lagarde pousse les dirigeants européens à achever l'union bancaire et le marché unique des capitaux

De passage à Paris à l’occasion d’un colloque organisé par la Banque de France, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a exhorté les dirigeants européens à mener une intégration financière à la hauteur de celle qui a été fait sur le marché unique des biens. Elle a mis l’accent sur deux chantiers, l’union bancaire qui doit être finalisée et celle du marché des capitaux qui reste encore largement à construire. Une condition selon elle pour résister aux chocs financiers de tout type qui pourraient intervenir et à sortir d’une croissance trop molle.

Union bancaire inachevée

Certes la crise financière des dettes de la zone euro de 2012-2013 a permis la création d’une union bancaire dotée d’instruments de contrôle et de surveillance. Mais pour Christine Lagarde, il faut l’achever pour parvenir à un accès du crédit plus équitable à travers l’Europe. Elle constate que les banques prêtent et investissent encore largement sur leur marché domestique. Ce qui conduit des entreprises à avoir des conditions de financement d’un pays à l’autre qui varie du simple au double, même si elles sont situées sur un même marché et à quelques kilomètres de distance d’un côté ou de l’autre d’une frontière.

L’effort qui reste à réaliser porte sur la mise en place du fonds européen de garantie des dépôts. Ce système d’assurance serait supporté par les banques et non par les Etats et leurs citoyens. Ce fonds, qui se substituerait aux dispositifs nationaux, en débat depuis 2015, est toujours en discussion  "Pour un système de garantie mutualisé, les Etats doivent trouver un équilibre entre le partage du risque et la réduction du risque. Entre la confiance et la responsabilité. Nous exhortons les dirigeants européens à relance cette discussion de bonne foi et avec la volonté de faire des difficiles compromis", a affirmé la présidente du FMI.

Un marché de capitaux sous-développé

Mais pour la directrice du FMI, l’Europe pour résister au choc et avoir un système financier qui irrigue véritablement l’économie doit aussi diversifier ses sources de financement. Le système européen est aujourd’hui encore très dépendant du système bancaire, contrairement aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, les obligations d’entreprises pèse environ deux cinquièmes du PIB contre un dixième dans la zone euro a rappelé la directrice du FMI qui voit dans "les marchés de capitaux la roue de secours du système financier. Et la finance européenne a aussi besoin d’une roue de secours."

C’est le sujet du marché unique de capitaux. C’est-à-dire la possibilité pour les citoyens et les entreprises d’investir simplement dans des fonds de placements conçus par des acteurs européens de n’importe quel pays.

Créer les conditions de la confiance

L’objectif est donc d’élargir la gamme des options transfrontalières pour les entreprises et les ménages alors que 40 % des actifs financiers des ménages européens sont simplement déposés sur leurs comptes en banque. Un vrai marché de capitaux unifié, au-delà de son impact sur le financement des entreprises, boosterait les rendements des épargnants et favoriseraient la diversification des risques de leur portefeuille. Pour le mener à bien, Christine Lagarde a évoqué des obstacles essentiellement réglementaires : la transparence et l’homogénéité de l’information disponible pour rassurer les acteurs sur les actifs, l’harmonisation du droit sur l’insolvabilité et celle de la fiscalité des investissements transfrontières. De sacrés chantiers.

 

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