Pour Bruno Le Maire, pas de souveraineté politique sans indépendance technologique

Christophe Bys , ,

Publié le

Dans le cadre historique des arènes de Arles, le ministre de l'Economie est venue livrer sa vision du lien entre vérité et politique. Bruno Le Maire en a profité pour exposer sa vision des enjeux économiques français et européens. Face à un risque d'affaiblissement du continent européen, il est urgent d'agir pour créer une véritable puissance. 

Pour Bruno Le Maire, pas de souveraineté politique sans indépendance technologique
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire

Pour le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dire la vérité est d’abord un gain de temps. Intervenant dans le cadre des Napoléons - dont le thème cette année est la vérité - jeudi 19 juillet, le ministre a rappelé quelques épisodes récents de la vie politique français ou internationale, durant lesquels selon lui "le mensonge a fait perdre du temps et créé beaucoup de drames".

Et de citer les mensonges du Brexit qui pourraient conduire la Grande –Bretagne à décrocher durablement ou le mensonge de François Fillon ("il avait dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen") qui a fait perdre la droite, ou encore de celui des Etats-Unis sur la menace irakienne.

 

Convictions éco-stratégiques

Cela fut surtout l’occasion pour le ministre d’exposer les convictions éco-stratégiques qui l’animent et d’expliquer le sens de la politique menée. Pour Bruno Le Maire, le moment que nous vivons est clé, car l’Europe se trouve à la fois menacée par les Etats-Unis et la Chine. L’une et l’autre voudraient une Europe divisée et utilisent pour cela des moyens différents. La Chine a lancé les nouvelles routes de la soie, tandis que la politique de Trump a pour objectif d’affaiblir l’Europe voire de faire disparaître sa forme politique.

Pour Bruno Le Maire, faire de la politique c’est choisir de réagir ou non face à cette menace, plutôt que de se demander si on est de droite ou de gauche. "Quand je vois la Commission européenne infliger une amende à Google, j’applaudis des quatre mains", a commenté Bruno Lemaire. Ce dernier continue d’applaudir sur le projet de taxation des géants internationaux du numérique.

 

Des outils offensifs pour la puissance européenne

Ces mesures défensives ne peuvent pas cependant être l’alpha et l’oméga d’une politique qui doit comporter un volet offensif. Ainsi, Bruno Le Maire a indiqué travailler avec ses homologues de l’Union européenne à créer une institution pour financer les entreprises qui veulent investir en dehors de nos frontières. Une réaction à l’embargo américain sur l’Iran qui oblige les entreprises françaises et européennes à quitter l’Iran, les banques refusant de leur prêter de l’argent, de peur d’être condamnées ensuite aux Etats-Unis. Bruno Le Maire a estimé que "cela prendrait du temps", avouant que certains dirigeants européens l’appelaient pour lui expliquer que c’était "une mesure trop agressive vis-à-vis des Américains".

Evoquant l’intelligence artificielle, le ministre a indiqué qu’il y avait un lien fort entre l’indépendance technologique et la souveraineté politique, et que cette relation allait se renforcer dans les décennies qui viennent.

Lutter contre le populisme

Visiblement inquiet sur l’avenir de l’Europe, le ministre de l’Economie n’a pas nié l’existence d’un risque que celle-ci puisse "exploser de l’intérieur et se dissoudre sous le coup des forces populistes que nous avons fait naître". Car, pour lui, tout le monde a sa part de responsabilité dans ce qui se passe dans certains pays. Là aussi, il faut agir et Bruno Le Maire a indiqué travailler avec ses homologues européens pour construire une assurance chômage européenne.

Répondant à une question, le ministre s’est montré plutôt optimiste sur l’harmonisation fiscale en Europe, évoquant la possibilité d’aller boire une bière avec les animateurs du débat d’ici à la fin de 2018 pour fêter les progrès en la matière. Il n’a toutefois pas précisé davantage son propos, indiquant toutefois que sa pratique de la langue allemande était un avantage incomparable pour les négociations avec le ministre d’outre Rhin. 

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