Economie

Plus matures, les biotechs françaises profitent du marché boursier

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

A l’occasion de son panorama 2014 sur les PME des sciences de la vie, l’association France Biotech présentait, mercredi 17 décembre, les grandes tendances du secteur. Il gagne en maturité, mais le développement de nouveaux médicaments reste long et complexe, et le financement des sociétés non cotées critique.

Plus matures, les biotechs françaises profitent du marché boursier © D.R.

Un nouveau président, mais un constat identique. Ce mercredi 17 décembre au soir, France Biotech, l’association des PME des sciences de la vie, présentait son panorama annuel retraçant les tendances de son secteur en 2013 et début 2014. Dans ce secteur disparate, allant des dispositifs médicaux aux thérapies en passant par les biotechnologies vertes ou la cosmétique, les données de 214 entreprises (de moins de 250 employés, réalisant plus de 15% de leurs dépenses en R&D) ont été retenues.

Suite au départ du charismatique patron de Cellectis, André Choulika, c’est Pierre-Olivier Goineau, directeur général délégué d’Erytech Pharma, qui a repris la présidence de l’association en février. Point de satisfaction selon lui, l’industrie des biotechnologies "arrive à maturité", portée par son dynamisme. Les alliances se multiplient, notamment avec des groupes industriels (26% des partenaires).

Après deux années de panne, son financement reprend des couleurs, avec 551 millions d’euros levés en 2013 contre 346 millions en 2012. Mais, côté produits, le développement de thérapies reste complexe, avec seulement 12 traitements disponibles sur le marché et 7 en phase d’enregistrement, tandis que 284 sont encore en cours de développement.

Neuf introductions en Bourse bouclées au premier semestre

Moins nombreuses, les 25 sociétés spécialisées dans les technologies médicales ont des cycles de développement plus courts et moins risqués. Elles disposent de 23 dispositifs médicaux déjà lancés, 3 en phase d’enregistrement et 31 en R&D. Sans surprise, elles trustent 51% du financement apporté par les fonds de capital-risque. En 2013, ce dernier a connu une augmentation de 82% pour les biotechs en général, avec 252 millions d’euros levés.

Au premier semestre 2014, les investissements du capital-risque ont néanmoins chuté de 30%. Heureusement, les introductions en Bourse explosaient dans le même temps, avec neuf nouvelles cotations réalisées pour un montant total de 237 millions d’euros, soit une hausse de 665% par rapport au premier semestre 2013. Les refinancements sur les marchés financiers ont augmenté de 1 042% entre le premier semestre 2013 et le premier semestre 2014.

Selon Pierre-Olivier Goineau, cet intérêt des investisseurs boursiers pour les biotechs françaises est un "phénomène unique en Europe, récompensant des PME nées dans les années 2000". Sur les 214 entreprises du secteur, plus d’une soixantaine sont désormais cotées.

Ne pas se limiter à l’aide de la Banque publique d’investissement

Mais pour les autres, trouver de l’argent frais reste difficile. "Nos plus jeunes sociétés sont à la peine, les investisseurs en capital-risque étant moins nombreux et moins puissants qu’avant, estime le président de France Biotech. Toute la chaîne de financement est fragile et le manque criant d’incitations pour flécher l’épargne des Français vers les entreprises de demain ne peut être compensé par les efforts de Bpifrance !".

Il rappelle donc les remèdes déjà évoqués par son prédécesseur : renforcer les fonds de capital-risque en fléchant 5% de l’assurance-vie vers les entreprises innovantes, adapter la durée des fonds commun de placement dans l'innovation (FCPI) et le statut de Jeune entreprise innovante aux cycles d’investissement plus longs de ce secteur, renforcer la compétitivité en baissant les charges liées aux bons de souscription d'actions... 

Pierre-Olivier Goineau veut également lever d’autres freins : "lenteurs administratives avec les multi-tutelles académiques, délais du Crédit impôt recherche, prise en compte de nos spécificités à l’ANSM (l’autorité qui encadre les médicaments et produits de santé, ndlr), dialogue trop rare avec les autorités de santé, suppression du 'principe de précaution', générateur de peurs." Vaste programme.

Gaëlle Fleitour

Des trophées pour récompenser des avancées spectaculaires

Pour la première fois, France Biotech, décernait ses premiers Trophées de l’Entrepreneur en Santé. Objectif, récompenser des dirigeants d’entreprises ayant réalisé des avancées majeures dans leur développement clinique ou financier au cours de l’année 2014. C’est Judith Greciet, directrice générale d’Onxeo, un spécialiste coté des traitements des cancers rares issu de la fusion entre le français BioAlliance Pharmaceutique et le danois Topotarget, qui a gagné le trophée dédiée aux femmes. Pour les hommes, la récompense est allée à Pierre-Henri Benhamou, PDG de DBV Technologies, dont la plate-forme pour le traitement des allergies alimentaires a récemment séduit le Nasdaq. Enfin, le trophée Coup de Coeur est allée à Christine Placet, présidente de Trophos, pour le développement  prometteur d’un médicament dans une maladie rare, l’amyotrophie spinale.

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte