Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Place aux vaisseaux spatiaux

,

Publié le

Les technologies de lanceurs réutilisables seront la clé du développement du tourisme spatial et des vols réguliers vers Mars.

Place aux vaisseaux spatiaux
Atterrissage devenu presque routinier de la fusée Falcon 9 de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, le 3 juin à Cap Canaveral aux États-Unis.

Les entreprises citées

Faire décoller et revenir des fusées sur leur pas de tir après la mission accomplie. Pour les refaire décoller à nouveau. Ce qui était inimaginable il y a dix ans est en passe de devenir une routine pour SpaceX, la société dirigée par le milliardaire Elon Musk. Le 26 juin, après avoir mis sur orbite une grappe de satellites de télécommunications, son lanceur Falcon 9 revenait se poser sur une barge en plein océan Atlantique… à partir d’un premier étage recyclé. Au total, le concurrent d’Arianespace a récupéré de la sorte une douzaine de lanceurs.

Le projet final de l’Américain est bien plus ambitieux : faire de l’homme une espèce multiplanétaire. Avec comme première étape la colonisation de Mars. « Pour envisager des voyages vers Mars à une grande échelle et y créer une ville autonome, la réutilisabilité totale des lanceurs est indispensable », avait martelé Elon Musk devant la crème des experts de l’industrie spatiale réunie en congrès en septembre au Mexique. Les boosters seraient réutilisés 1 000 fois, les réservoirs 100 fois, les capsules – embarquant jusqu’à 100 passagers – une dizaine de fois. De quoi faire baisser le prix du ticket pour un aller simple vers Mars à quelques centaines de milliers de dollars. Le dirigeant s’inspire du transport aérien, qui ne se serait jamais développé à son niveau actuel si les compagnies jetaient leurs avions après chaque utilisation. Les aventuriers pour la planète rouge devront toutefois s’armer de patience. Les experts jugent peu crédibles des départs pour Mars avant 2025, comme le promet SpaceX.

100 000 dollars pour dix minutes de vol

Elon Musk a fait des émules. Jeff Bezos, le patron d’Amazon et propriétaire de société de lancement Blue Origin, mise sur une application de la réutilisation des lanceurs pour un usage plus commercial : le tourisme spatial. Sa fusée New Shepard a déjà réussi à faire plusieurs allers-retours après avoir atteint 100 kilomètres d’altitude. L’objectif : faire découvrir à une clientèle fortunée l’ivresse et les joies de l’apesanteur durant quelques instants, avec une vue imprenable de la Terre. À bord de la capsule, les six touristes joueront aux apprentis astronautes, subissant tout de même jusqu’à 3 g d’accélération. Il devrait leur en coûter entre 100 000 et 200 000 dollars pour environ dix minutes de vol. Dans cette course, l’Europe est à la traîne.

La fusée européenne Ariane 6, programmée pour faire son premier vol en 2020, ne sera pas réutilisable. Toutefois, industriels, agences spatiales et laboratoires de recherche relèvent leurs manches et ne se contentent pas de copier. L’ambition est de récupérer bien plus que le premier étage des lanceurs. Parmi les pistes les plus innovantes, figure le concept Adeline exploré par Ariane Group. Aux Mureaux (Yvelines), les ingénieurs de l’ex-Airbus Safran Launchers ont imaginé un concept hybride. L’engin décolle comme un lanceur, mais atterrit comme un drone. Un peu comme l’ancienne navette spatiale américaine de la Nasa, mais sans équipage et pour bien moins cher. Pour cela, le premier étage de la fusée, une fois détaché de son réservoir et de l’étage supérieur, poursuit son vol comme un drone avec à son bord le moteur de la fusée éteint. Équipé d’ailes miniatures, il allume ses propres moteurs et ramène sa précieuse cargaison sur Terre en atterrissant sur une piste comme un avion !

Les ingénieurs sont focalisés sur la partie la plus coûteuse du lanceur, son moteur et l’électronique qui permet de le piloter. Avec l’avantage qu’en sacrifiant le réservoir vide du premier étage, il ne reste plus que 20 % du volume à rapatrier. Cela évite par ailleurs l’usage des moteurs de la fusée à contre-emploi pour assurer son retour. Plus novateur encore, Ariane Group mise sur la récupération du second étage, qui a pour mission d’approcher le satellite de son orbite définitive. Aujourd’hui, ce deuxième étage est à usage unique. Les ingénieurs d’Airbus imaginent de le transformer en véritable remorqueur de l’espace. Une fois sa mission terminée, il stationnerait sur une orbite spatiale « de parking » en attendant qu’un nouveau lanceur (dépourvu d’étage supérieur) arrive avec de nouveaux satellites. Pour y parvenir, Airbus exploitera son savoir-faire dans les techniques d’amarrage totalement automatisé, qu’il a déjà développées pour fixer l’ex-ravitailleur spatial européen ATV à la station orbitale internationale. Le lanceur européen entièrement réutilisable ne devrait pas décoller avant 2030. 

Le moteur, l'élément clé

Pas de fusée réutilisable sans moteur réutilisable. Dans le cadre du programme Ariane Next, l’Agence spatiale européenne pilote le développement d’un nouveau système de propulsion en rupture avec celui des lanceurs actuels. Le démonstrateur Prometheus exploitera le couple d’ergols oxygène liquide-méthane. Avec des pièces majoritairement imprimées en 3D, ses coûts de production devraient baisser, à 1 million d’euros par unité contre 10 millions actuellement pour le Vulcain 2, qui équipe Ariane 5. Prometheus est attendu pour 2030.

 

Réagir à cet article

Usine Nouvelle N°3526-3527

Vous lisez un article de l’usine nouvelle N°3526-3527

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2017 de L’Usine Nouvelle
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle