Pfizer/Allergan, un deal à 160 Mrds $

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La rumeur d'une fusion bruissait depuis quelques semaines. Après son raid raté sur AstraZeneca l'an dernier, Pfizer poursuivait son ambition d'opérations d'envergure, pour diversifier un portefeuille de produits vieillissant et se détacher d'une fiscalité américaine trop imposante. C'est désormais chose faite avec l'accord conclu avec Allergan.

Et une fois encore le géant américain ne fait pas les choses à moitié. L'opération se chiffre à 160 milliards de dollars pour s'emparer de l'Irlandais. En 2014, Pfizer avait été jusqu'à proposer 117 Mrds $ pour AstraZeneca avant de jeter l'éponge. Et si les opérations à coup de milliards, voire de dizaines de milliards, se multiplient dans le secteur, aucune n'a atteint cette ampleur. Avec cette opération, Pfizer va même dépasser le record absolu, qu'il détenait depuis 2000 et la fusion à 116 Mrds $ avec Warner-Lambert. Le propriétaire du Viagra applique toujours la même stratégie afin de compléter son portefeuille. Warner-Lambert lui avait apporté le Lipitor, blockbuster aujourd'hui vieillissant, aux revenus tombés de 11,4 Mrds $ en 2010 à un peu plus de 2 Mrds $ en 2014. Aujourd'hui, quatre des cinq principaux produits de Pfizer sont menacés par des pertes de brevet ou d'exclusivité. Son médicament principal, le Lyrica (5,17 Mrds $ en 2014) a perdu en juillet 2014 son exclusivité sur les principaux marchés européens, où il avait généré des ventes de 1,6 Mrd $. Et Enbrel (3,8 Mrds $) et Celebrex (2,7 Mrds $) sont concernés par des pertes potentielles respectives de 2,8 et 1,9 Mrds $. Avec l'acquisition d'Allergan, lui-même issu de la fusion avec Actavis, Pfizer met la main sur le Botox et le Restasis, notamment. Allergan apporte aussi un pipeline de plus de 70 molécules en phase II et III en développement, portant à plus de 100 molécules le pipeline du futur groupe.

Sur le plan financier, la combinaison de Pfizer (48 Mrds $ de chiffre d'affaires en 2014) et d'Allergan (16 Mrds $ après la vente de ses génériques à Teva) affichera un chiffre d'affaires de près de 62 Mrds $. Et les deux laboratoires estiment pouvoir dégager « plus de 2 Mrds $ de synergies opérationnelles », au cours des trois premières années après la finalisation de l'opération. Le futur groupe comptera environ 110 000 employés à travers le monde, dont 40 000 aux États-Unis. Pays que Pfizer entend bien quitter fiscalement. Car, ce n'est un secret pour personne : Pfizer cherchait une opération qui lui permette d'échapper à l'imposition américaine. Et pour mettre toutes les chances de son côté, c'est finalement Allergan Plc qui achète Pfizer Inc. La nouvelle entité se nommant Pfizer Plc et installant son siège en Irlande, tout en restant coté à New York. Les actionnaires d'Allergan recevront 11,3 actions de Pfizer Plc par action tandis que l'échange sera de 1 pour 1 du côté de l'Américain. L'opération valorise ainsi les actions d'Allergan à 363,63 $. Outre la transaction en actions, le groupe américain prévoit de régler entre 6 et 12 Mrds $ en numéraire.

Dans les faits, les actionnaires de Pfizer détiendraient 56 % du nouveau groupe, tandis que 11 des 15 directeurs du bureau seront issus de l'Américain. Cette opération n'a pas manqué de soulever une levée de boucliers en pleine campagne pour les investitures à la présidentielle américaine, rapporte Bloomberg. Des prises de position qui pourraient jouer au moment de délivrer les autorisations réglementaires attendues pour cette mégafusion, que les deux groupes espèrent boucler au second semestre 2016. Avant d'engager une réflexion sur une possible séparation des activités « innovantes » et « établies » avant la fin 2018.

« Pfizer Plc installera son siège en Irlande, et restera coté à New York »

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