Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Pénurie d'opérateurs? Faites appel à un robot

, ,

Publié le

Alors que l’industrie allemande s’inquiète de la pénurie d’opérateurs qualifiés, le tabou autour de l’utilisation des robots est en train de tomber.

Pénurie d'opérateurs? Faites appel à un robot
Équipé de capteurs et de caméras, le Workerbot analyse les images afin d’adapter ses gestes aux pièces qu’il doit manipuler.

placé derrière le comptoir, à l’entrée de l’entreprise Pi4 Robotics, un robot humanoïde accueille le visiteur. À la place de sa « tête », un écran affiche un sourire aimable et deux yeux malicieux. Il ne faut cependant pas s’y tromper, malgré leur visage affable, les cobots de la société berlinoise sont bel et bien destinés à l’usage industriel. Équipés de deux ou quatre bras articulés, les Workerbots 4, la dernière génération sortie en 2016, assurent le montage et l’emballage des pièces dans les secteurs informatique, pharmaceutique et de la plasturgie. « Toutes nos plates-formes fonctionnent selon le même principe, explique le directeur général, Matthias Krinke, qui a fondé l’entreprise de 50 employés en 1994. Des caméras stéréo et des capteurs sont installés au bout des bras articulés du robot. » Grâce à un algorithme puissant, celui-ci analyse les images en temps réel pour adapter ses gestes et savoir quelle pièce saisir, où la placer et enfin contrôler son bon emplacement.

C’est pour cette précision d’application que l’entreprise PAS Deutschland, l’un des fournisseurs de Bosch et de Siemens implanté à Neuruppin (Brandebourg), a fait l’acquisition de l’un de ces cobots. Celui-ci est utilisé pour le contrôle des pièces en plastique destinées aux panneaux de commande des lave-linge. Avant de les placer sur un rail, il vérifie que les machines n’ont pas de défaut ou de rayures. « C’est une tâche très répétitive, souligne Carsten Schulze, le responsable de production de l’entreprise. Elle demande beaucoup de concentration et nous devions relayer les opérateurs toutes les deux heures pour éviter la fatigue. De plus, le contrôle qualité est très subjectif, alors que le robot travaille de manière parfaitement objective. Nous avons augmenté notre rentabilité et fait considérablement baisser le taux d’erreurs. »

Une agence d’intérim pour robots

Satisfaite de ce premier test, l’entreprise de 230 employés a récemment installé un robot Bosch, également chargé de ­saisir et de vérifier les pièces en plastique, et assume pleinement la progression de sa robotisation. « On entend souvent dire en Allemagne que les robots remplacent les humains, confie Carsten Schulze. Mais pour nous, cela devient une nécessité face à la pénurie grandissante de main-d’œuvre. Les temps de recrutement de plus en plus longs sont déjà une réalité. » Mais selon le responsable, il reste un obstacle de taille avec la flexibilité des robots, loin d’égaler celle des salariés.

Conscient de ce frein, Pi4 développe pour ses clients des modèles de cobots de plus en plus universels. « Ils doivent être capables d’apprendre rapidement, surtout à l’heure de l’industrie 4.0, où les séries sont de plus en plus individualisées », rapporte Matthias Krinke. Pour ce faire, l’entreprise assure que ses nouveaux Workerbots peuvent apprendre de nouvelles tâches en moins d’une heure. « C’est rendu possible par la reconnaissance et l’analyse d’images du robot, poursuit le directeur général. Grâce à une application et, au besoin, un changement de ses pinces, on peut lui montrer rapidement les nouveaux objets qu’il doit saisir et l’endroit où il doit les poser. »

Mais l’entrepreneur, passionné de robots, veut aller encore plus loin et a franchi un cap avec la création de la première agence d’intérim de robots, baptisée Robozän. « L’idée est de permettre aux propriétaires de robots d’augmenter leur rentabilité en les mettant à disposition d’autres entreprises, précise Matthias Krinke. Il peut s’agir d’une petite société qui veut, par exemple, tester l’utilisation des robots. Les besoins de chacun sont complémentaires. » Dans ce système, la durée de la location est de six mois minimum et le prix est fixé à 8,50?euros de l’heure, soit l’équivalent du salaire minimum des employés allemands. Preuve que de manière pragmatique, le tabou autour de l’utilisation des robots en Allemagne est en train de tomber. 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus