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L'Usine Agro

Panasonic fait entrer la culture de légumes verts dans l’usine au numérique

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Reportage Le géant japonais de l’électronique Panasonic développe des usines capables de cultiver des légumes verts en enceinte fermée, à l'environnement rigoureusement contrôlée au numérique. Il fait de cette diversification un axe fort de son virage vers le marché B to B.

Panasonic fait entrer la culture de légumes verts dans l’usine au numérique
L'usine expérimentale de culture de laitue de Panasonic à Singapour
© Panasonic

De l’électronique à l’agriculture, le pas est vite franchi par Panasonic. Le géant japonais, connu pour ses produits d’électronique grand public comme les téléviseurs, les platines Blu-ray ou les fours micro-ondes, développe des usines pour la culture de légumes verts comme la laitue, les épinards, les blettes ou les herbes aromatiques. Un concept étonnant car la culture s’effectue, non pas dans la terre comme dans les serres, mais dans une enceinte fermée comme dans les salles blanches de production de puces électroniques. Luminosité, température, aération, hygrométrie, qualité de l’air… Tout est rigoureusement contrôlé au numérique pour créer artificiellement les conditions idéales de croissance des plantes.

Qualité et production stables

La production est déconnectée de l’environnement extérieur et des aléas climatiques qui l’affecte. "Ce mode de culture offre l’avantage d’assurer des niveaux constants de qualité et production, et il est possible de produire de légumes verts frais tout au long de l’année indépendamment des saisons et des terroirs, affirme Yosuke Adashi, directeur de l’activité agriculture de Panasonic. Il peut inciter des jeunes à se lancer dans cette activité car il leur garantit des prix et revenus stables."

Cette technologie est présentée comme une solution pour nourrir une population mondiale en croissance, alors que la production agricole risque d’être perturbée par les aléas liés au réchauffement climatique. Elle s’inscrit également dans la démarche environnementale qui vise à raccourcir le circuit de distribution, réduire les transports et rapprocher la production des consommateurs. Il devient enfin possible de disposer localement et toute l’année de légumes frais et de qualité, évitant ainsi de les importer de l’autre bout du monde.

Pas de pesticides, d’herbicides et d’insecticides. La culture ne fait appel à aucun produit chimique. Et la propreté de l’air assure des légumes sans germes, qui durent plus longtemps dans le frigo, selon le Japonais.

L'intelligence artificielle appelée à la rescousse

Panasonic dispose de toutes les briques nécessaires : éclairage à LED, conditionnement d’air, régulation… Il a fallu les assembler et trouver, à travers des tests et expérimentations, les bons paramètres de contrôle numérique pour chaque légume. L’intelligence artificielle est mise à contribution pour perfectionner le contrôle et améliorer les rendements de production.

Selon Yosuke Adachi, il faut compter un investissement de 10 millions d’euros pour disposer d’une usine d’une capacité de production d’une tonne de laitue, ce qui conduit à une salade deux à trois fois plus chère que celle cultivée de façon classique. "Mais il faut prendre en compte les économies sur les transports, le stockage et les intermédiaires, note-t-il. Au final, il est possible que cette solution soit compétitive avec la culture classique. Sans compter les gains de qualité et de fraicheur. A mon sens, les légumes cultivés ainsi sont meilleurs que leurs équivalents classiques estampillés Bio. C'est pourquoi nous pensons nécessaire la création d'un label spécifique."

Panasonic n’entend pas se transformer en agriculteur. Il joue le rôle d’ingénieur en proposant des usines clés en main et sur mesure, en partenariat avec Mitsubishi Chemicals et Mitsui. Les marchés visés sont situés au Japon, en Chine, en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient. Pour mettre au point son offre, il s’appuie sur quatre usines d’expérimentation à Fukushima, au Japon, à Dalian et Suzhou en Chine, et à Singapour. Selon Yosuke Adachi, trois usines ont été vendues au Japon. Mais une chose est sûre: le groupe, naguère numéro mondial de l'électronique grand public devant Sony et Philips, fait de cette diversification un axe fort de son virage vers le marché BtoB.

200 usines en service dans le monde

L’ancien Matsushita Electric Industrial n’est pas le seul électronicien japonais à défricher ce créneau. D’autres comme Fujitsu et Sharp développent aussi ces usines de légumes et fruits 2.0. Selon Yosuke Adachi, le monde compterait déjà 200 unités en service, dont moins de 50 "véritables" grandes usines.

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