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L'Usine Auto

Ouverture d'une enquête aux Etats-Unis après la mort d'un conducteur Tesla en pilotage automatique

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Publié le , mis à jour le 04/07/2016 À 14H57

Analyse Il s'agit du premier décès en 200 millions de kilomètres parcourus avec ce mode "Autopilot", contre une moyenne mondiale d'un mort tous les 100 millions de kiliomètres environ, a répondu Tesla. Le conducteur décédé avait posté en avril dernier une vidéo montrant la fiabilité du système...

Ouverture d'une enquête aux Etats-Unis après la mort d'un conducteur Tesla en pilotage automatique © Tesla

Le 7 mai dernier en Floride, un conducteur est mort suite à une collision de sa Tesla Model S en mode pilotage automatique avec un poids lourd. Suite à cet accident mortel inédit, la NHTSA, l'agence américaine chargée de la sécurité routière vient d'annoncer l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Que s'est-il passé ?

Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs permettent de mieux comprendre les circonstances de l'accident. La berline électrique achetée en 2015 roulait sur une voie rapide (vitesse limitée à 65 miles par heure soit un peu plus de 100 km/h) lorsqu'un camion lui a coupé la route en prenant un virage à gauche. La berline a heurté la remorque placée en travers de la route avec un choc au niveau du pare-brise, logiquement fatal pour le conducteur qui a succombé à ses blessures.

Ci-dessous, la capture d'écran du lieu présumé de l'accident trouvé par le site américain The Verge)

Un schéma du scénario de l'accident :

 

L'enquête de la NHTSA devra déterminer s'il y a eu dysfonctionnement du système de pilotage automatique du constructeur, qui n'a visiblement pas détecté la présence de la remorque en travers de la route. Première explication avancée par le patron de Tesla, Elon Musk : le radar aurait volontairement ignoré le camion pour éviter toute confusion avec un panneau de signalisation en hauteur. En cas d'hésitation face à un obstacle, le système va ainsi préférer l'option "ne pas prendre de décision" plutôt que d'occasionner un freinage intempestif potentiellement dangereux (et sachant que le conducteur est censé être en mesure de reprendre le contrôle de son véhicule à tout moment).

Elon Musk a également exprimé ses condoléances dans un tweet, avec en lien un communiqué rappelant qu'il s'agit du premier accident mortel après 130 millions de miles (soit environ 210 millions de kilomètres) parcourus par des Model S en mode "Autopilot". Un chiffre à comparer à la moyenne d'un mort tous les 94 millions de miles (150 millions de kilomètres) aux Etats-Unis, et d'un décès tous les 60 millions de miles (près de 100 millions de kilomètres) au niveau mondial. 

Le conducteur décédé auteur d'une vidéo prouvant la fiabilité de l'Autopilot...

Le constructeur californien explique également que son système de conduite semi-autonome est désactivé par défaut et qu'il est encore en phase de test. Le conducteur doit donc être conscient qu'il doit garder son attention sur la route et être capable de reprendre le volant à tout moment, comme le prévoit d'ailleurs la législation qui n'autorise pas encore de conduite "eyes-off, hands-off" ("sans les yeux, sans les mains") qu'on pourra trouver les futurs véhicules autonomes comme la Google Car.

Ironie de cette histoire tragique, le conducteur décédé dans cet accident avait publié en avril dernier une vidéo montrant comment le système de conduite autonome avait réussi à éviter une collision avec un véhicule qui ne l'avait pas vu. Cette vidéo avait permis d'illustrer le fait qu'avec les systèmes de détection actuels et l'amélioration constante qu'opère Tesla en analysant les données de la conduite semi-autonome, le mode de pilotage automatique se révèle plus sûr qu'une conduite humaine. Mais le malheureux conducteur n'avait-il justement pas trop confiance dans le système ? Un lecteur DVD portable a été retrouvé dans l'habitacle (sans preuve pour le moment qu'un film était bien en train d'être visionné) et le véhicule semblait rouler bien au-dessus de la limite (en France, l'Autopilot peut rester actif jusqu'à 150 km/h).

Un frein au développement des véhicules autonomes ?

Malgré ses précautions et avertissements aux utilisateurs, Tesla pourrait ainsi se voir reprocher l'appellation "Autopilot" de son mode de conduite, qui peut laisser penser que le conducteur peut complètement relâcher son attention. Des dérives potentielles illustrées dans une autre vidéo publiée récemment, et dans laquelle on pouvait voir un conducteur endormi au volant de sa Model S. Il sera ainsi intéressant de voir si dans ses conclusions, l'enquête de la NHTSA impose des restrictions à Tesla ("Putain de camion", dirait Renaud) et aux autres constructeurs lancés dans le développement de mode de conduite autonome.

Il faudra notamment prendre en compte le fait que les véhicules autonomes devront forcément cohabiter pendant un certain temps avec les véhicules conduits par des humains aux comportements imprévisibles. 

Julien Bonnet

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