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Olivier Millet (Afic) : "Des machines de guerre plutôt que des Stradivarius"

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Le président de l’Afic explique comment les fonds d’investissement vont aider les petites PME à changer de taille.

Olivier Millet (Afic) : Des machines de guerre plutôt que des Stradivarius © photo pascal Guittet

Sommaire du dossier

«Le vivier de PME françaises est gigantesque et passionnant, y compris dans le secteur industriel. Il y a en France d’innombrables entreprises de qualité dans lesquelles nous, actionnaires professionnels, pouvons investir pour les faire grandir. En revanche, il nous faut encore convaincre nombre de dirigeants de l’intérêt de ce mouvement. Ce qui leur manque souvent, c’est l’investissement de départ. Les Français sont très bons pour créer de belles sociétés, avec de belles technologies, mais avec un capital limité. Nous fabriquons des Stradivarius, tandis que, pendant ce temps, les Américains construisent des machines de guerre ! Mais les mentalités changent. Une nouvelle génération d’entrepreneurs, plus orientée vers la croissance, a émergé et la mission du capital-investissement, dans les dix ans à venir, va justement consister à les accompagner. Nous devons contribuer à changer la taille moyenne des entreprises françaises non cotées. La start-up doit devenir scale-up, la PME doit devenir ETI.

Le capital-investissement français a profondément changé. Aujourd’hui, notre métier, ce n’est plus le simple financement mais l’actionnariat des entreprises. Nous avons basculé d’une responsabilité fiduciaire, dont la seule mission est de réaliser un bon rendement annuel, à une responsabilité sociétale et économique. Dans l’euphorie économique des années?1990 et 2000, avec l’émergence du capital-transmission par LBO, nous sommes devenus des actionnaires majoritaires, sans l’avoir préparé. Nous n’avions pas le référentiel nécessaire comme peuvent l’avoir les actionnaires majoritaires traditionnels que sont les familles, l’État ou la Bourse. La crise financière a fait apparaître des excès et a conduit à une profonde remise en cause de ce que nous sommes et de ce à quoi nous servons. Nous avons changé au même rythme que les entreprises à qui la réglementation impose d’assumer beaucoup de nouveaux sujets, comme le bonheur au travail, la protection de l’environnement ou plus récemment le devoir de vigilance sur toute sa supply chain. Comment pourrait-on leur demander d’être plus responsables si leurs actionnaires ne l’étaient pas, eux aussi ?

Aujourd’hui, les sociétés d’investissement en capital apportent également deux éléments fondamentaux à leurs participations, le temps et la confiance. Le temps moyen de détention d’une entreprise par les membres de l’Afic est de six ans, mais de plus en plus d’entreprises font plusieurs tours de table et passent entre dix et vingt ans avec des fonds. Des entrepreneurs ont bien compris l’intérêt de cette forme d’actionnariat successif. Par exemple, chez Eurazeo PME, nous sommes le troisième actionnaire majoritaire successif de Vignal Lighting Group, une très belle entreprise qui conçoit et produit des feux arrières pour véhicules industriels. Nous avons permis à la société de doubler de taille, de réaliser des acquisitions en France et en Suisse, et d’investir 15?millions d’euros dans une nouvelle usine inaugurée en novembre. Vignal est en train de basculer de la PME sous-traitante à l’ETI internationale.

Il reste tant de blocages qui empêchent de mieux mobiliser le capital. Le premier, c’est l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui fige l’outil industriel. Des entrepreneurs hésitent à ouvrir leur capital, car s’ils détiennent moins de 25 % de leur société, ils seront soumis à l’ISF. Cela empêche la dilution du capital, donc le développement des entreprises et l’investissement. Le second grand blocage, c’est l’assurance-vie. On explique aux épargnants qu’elle ne présente aucun risque et que sa liquidité est instantanée. Ses gestionnaires se portent donc sur les emprunts d’État et les obligations du CAC 40, plutôt que sur les PME. Les investisseurs institutionnels investissent moins de 1 % de leurs fonds dans le capital-investissement, car on dit que le non-coté est illiquide et risqué. C’est faux. À l’Afic, nous atteignons un taux de rentabilité de 10 % net par an sur les dix dernières années et nous venons de battre un record de cessions sur le premier semestre 2016.

La rémunération des obligations est maintenant quasi nulle, les gestionnaires doivent trouver des classes d’actifs plus rémunératrices. Je suis donc optimiste pour la suite, des masses de capitaux vont se reporter sur le capital investissement. Le mouvement est déjà visible, et 2017 sera une grande année pour le non-coté français et pour la relance de la croissance de notre pays. » ?? propos recueillis par arnaud dumas

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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