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Nouvelle carte des régions : Une Normandie unie, mais pour quoi faire ?

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Cet hiver, L'Usine Nouvelle vous entraîne aux six coins du territoire français, sonder ce que pensent les industriels de la nouvelle carte de nos régions adoptée le 17 décembre par l'Assemblée nationale. Evoquée depuis plus de dix ans, la fusion de la Haute-Normandie et de la Basse-Normandie va enfin avoir lieu pour donner naissance à une seule Normandie. Et alors ?

Nouvelle carte des régions : Une Normandie unie, mais pour quoi faire ?
Honfleur
© Francis Claria - flickr - c.c

Sommaire du dossier

Exit la Haute-Normandie (1,848 million d’habitants) et la Basse-Normandie (1,479 million d’habitants). La Normandie qui a existé pendant trois siècles au Moyen Age est de retour. Cette grande Normandie, qui est en réalité une petite région, fait "consensus auprès des entreprises" si l’on en croit Carole Morin, déléguée générale du Medef en Basse-Normandie, même si les chefs d’entreprises ajoutent que "cela ne changera pas grand-chose" pour eux. Il est vrai que depuis Pékin, tout le monde se moque de savoir si telle entreprise est située en Haute ou en Basse Normandie...

Une union déjà vécue comme telle

L’argument d’une notoriété accrue de la marque Normandie fait aussi sourire. "Elle est déjà vécue ainsi par le reste du monde. Quand nous disons aujourd’hui à un client australien que nous sommes en Normandie, il ne lui viendrait jamais à l’idée de demander Haute ou Basse ?", observe Franck Lefebvre, le PDG fondateur de Digital Airways (Interfaces utilisateurs pour les industriels) à Argentan (Orne).

Les attentes, cependant, ne manquent pas. Les entreprises espèrent que les deux régions réunies pèseront plus lourd pour imposer une amélioration de la qualité de service du trafic ferroviaire. Elles réclament aussi des économies d’échelle, des circuits plus courts et une meilleure lisibilité des responsabilités politico-économiques et des dispositifs.

Franck Murray, PDG d’IPDIA, fabricant à Caen de composants électroniques passifs ultra-miniaturisés (120 salariés), espère que la fusion va "contribuer à diminuer les coûts fixes de l’infrastructure nationale et s’accompagner d’une simplification des services de l’Etat en région". Si, comme l’observe Franck Murray, "il y a peu d’interactions réglementaires entre les entreprises et les régions, il y en a beaucoup avec l’Etat". Or, pour l’instant, l’Etat fait le mort sur la question de la fusion de ses services déconcentrés.

Une unité administrative pour l’estuaire de la Seine

Tous les territoires n’ont pas les mêmes attentes, pointe Bertrand Tierce, fondateur en 1988 du visionnaire Guide Economique de la Normandie et rédacteur en chef de la Chronique de Normandie : "La réunification va donner à l’estuaire de la Seine une unité administrative alors que le territoire est aujourd’hui tiraillé entre deux régions et trois départements." "Cela va faciliter la vie des entreprises", explique cet observateur, car "les aides et dispositifs d’accompagnement sont aujourd’hui très complexes à mettre en place".

La filière Normandie AeroEspace-NAE (103 adhérents en Haute et Basse-Normandie), basée à Rouen, s’interroge sur son avenir. "Nous allons passer de deux financeurs régionaux à un seul. Or 1 + 1, cela ne fait pas forcément 2 dans ce domaine", explique Philippe Eudeline, président de la filière NAE. Philippe Eudeline pose aussi la question de la stratégie de la Normandie au regard des filières. "La Haute-Normandie a opté pour un pilotage par filière et la filière AeroEspace y est considérée comme stratégique. Il n’y a pas cette approche par filière en Basse-Normandie."

Un facilitateur pour les start-up

En quête de visibilité nationale et internationale, les start-up ont tendance à voir dans la grande Normandie un "facilitateur" qui va créer du lien entre les différents secteurs. Arnaud Muller, dirigeant de Creative Data à Petit-Quevilly (Haute-Normandie), propose des solutions technologiques "big data" et des prestations d’analyse prédictive. Il pense que la nouvelle région peut "mettre en cohérence les forces du numérique" en Normandie à l’image de ce que font Caen, Rouen et Le Havre avec leur candidature commune au label French Tech. "Aujourd’hui, observe-t-il, on a un pôle de compétitivité (Transactions électroniques sécurisées, TES), installé à Caen (Basse-Normandie), qui se rend au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, tandis que les Haut-Normands, emmenés par Normandie WebExperts vont au salon du e-commerce à Paris."

 

Lire notre dossier : Tour de France des villes candidates au label French Tech

 

Oui au développement du pôle TES à l’échelle des deux Normandie, souligne Stéphane Bouyeure, le président du pôle TES pressé de voir la Normandie se doter d’orientations stratégiques. "Basées sur les études de spécialisations intelligentes, cela pourrait déboucher sur un leadership des grandes villes autour des grandes thématiques de développement, observe-t-il. Caen aurait la compétence numérique, Le Havre la logistique, et Rouen la mécanique et l’automobile."

Le Havre, capitale portuaire

Il faut d’urgence bâtir une stratégie de développement économique, renchérit Franck Murray, le PDG d’Ipdia. Il espère que la fusion des deux Normandie "ne va pas se résumer à la disparition de l’un des deux pôles historiques - Caen ou Rouen - ou bien à une juxtaposition de différents services à Caen et à Rouen".

Franck Lefevre estime, de son côté, "archaïque" le besoin de "se raccrocher à une capitale forte et centralisatrice" alors que l’on pourrait "couvrir le territoire de façon bien distribuée".

Pourtant, la question de la capitale - Caen ou Rouen ? - reste bel et bien un point sensible pour nombre de chefs d’entreprise, notamment dans le secteur du bâtiment. "Etre proche d’une capitale régionale est un atout sur le plan de l’activité économique et des investissements", assure Thierry Sellier, directeur général de Normatrans (320 salariés), qui a son siège à Grentheville, près de Caen.

Quoi qu’il en soit, Le Havre conservera son statut de capitale portuaire. Son député-maire, Edouard Philippe est l’un des sept députés UMP à avoir voté la réforme territoriale.

De notre correspondante, Claire Garnier

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