Economie

Nouvelle carte des régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur préférait une région Méditerranée

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Cet hiver, L'Usine Nouvelle vous entraîne aux six coins du territoire français, sonder ce que pensent les industriels de la nouvelle carte de nos régions adoptée le 17 décembre par l'Assemblée nationale. Notre troisième épisode révèle la surprise des milieux économiques en Provence-Alpes-Côte d’Azur face au rattachement de Languedoc-Roussillon à Midi-Pyrénées. Ceux-ci n’entendent pas mettre fin aux collaborations instaurées avec leurs voisins du littoral méditerranéen.

Nouvelle carte des régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur préférait une région Méditerranée
Vieux port de Marseille
© JdelPhoto - flickr - c.c

Sommaire du dossier

Pour le Medef et la CGPME de Provence-Alpes-Côte d’Azur, maintenir la région dans ses frontières actuelles est difficile à accepter. Ils réclamaient la création d’une région Méditerranée l’associant à Languedoc-Roussillon, arguant que les deux territoires partagent "un ADN économique axé autour de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme", ce qui aurait permis une politique économique à l’échelle méditerranéenne. Mais l’Etat a uni Languedoc-Roussillon à Midi-Pyrénées.

Une façade maritime commune

"Je soupçonne Michel Vauzelle d’avoir manœuvré auprès du gouvernement pour que Provence-Alpes-Côte d’Azur reste seule", se désole un spécialiste de l’accompagnement des start-up. Le président du conseil régional avait déclaré fin octobre au quotidien "La Marseillaise" que l’idée d’une région Méditerranée ne pouvait paraître intéressante que "vue de loin". Regrettant que les chambres consulaires n’aient pas été associées à cette réforme, le président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie, Dominique Estève, aurait souhaité "une façade maritime méditerranéenne unifiée". Il soulève pour l’avenir la difficulté posée par le bassin de vie "Arles-Avignon-Nîmes" marqué par "de forts flux commerciaux et humains, des habitudes de vie et des enjeux partagés".

La situation du Gard interroge également Francis Guillot, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles : "En supposant qu’un jour, le Pays d’Arles soit rattaché à la future métropole Aix-Marseille Provence, Beaucaire dépendrait de Toulouse et Tarascon de Marseille alors qu’elles ne sont séparées que par un pont !"

Plusieurs pôles de compétitivité de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont par ailleurs développé des synergies avec leurs voisins de Languedoc-Roussillon. "Une fusion des deux régions aurait renforcé encore l’efficacité de nos actions avec le pôle Qualiméditerranée, reconnaît Gilles Fayard, directeur du pôle agroalimentaire Terralia. Mais qu’elle ne se fasse pas n’affectera pas ces collaborations. Nous en déploierons avec les deux pôles de la nouvelle région."

Le pôle Optitec (photonique et imagerie) en fait aussi un objectif. "Nous comptons une quarantaine d’adhérents de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées n’a pas de pôle photonique structuré, note Katia Mirochnitchenko, la directrice d’Optitec. Nous allons travailler dès 2015, en partant des besoins de terrain, à une cartographie des complémentarités à instaurer et à des actions communes."

Vice-président de Gemalto et président du pôle Solutions Communicantes Sécurisées, Alain Sigaud relativise l’effet du redécoupage. "Les mécanismes existants de co-labellisation permettent aux pôles de différentes régions de travailler sur des projets collaboratifs communs", dit-il.

Bâtir enfin la métropole Aix-Marseille-Provence

Vice-président de Grand Delta Angels, association de business angels du Vaucluse qui a parfois financé des start-up héraultaises, Christian-Pierre Larnaudie regrette, lui, que la Corse n’ait pas été liée à Paca, tout en comprenant que des "particularités insulaires" empêchent une telle union. L’enjeu, selon lui, porte plus sur les futures compétences des régions que sur leur périmètre. Du côté de Provence Business Angels, Carole Florisoone, déléguée générale, s’inquiète moins des frontières régionales que de la capacité à bâtir enfin la métropole Aix-Marseille-Provence à laquelle s’oppose toujours la grande majorité des maires des Bouches-du-Rhône.

Directeur de Dalkia Méditerranée qui s’étend sur Paca et Languedoc-Roussillon, Serge Burtin n’imagine pas de réorganisation dans l’immédiat pour coller à la réforme territoriale. "Il faudra au moins dix ans, dit-il, pour voir ce que ce redécoupage va donner concrètement !"

Quant à Marc Bayard, délégué général de l'Union des industries chimique Méditerranée qui regroupe les deux régions, il renvoie l’Etat à ses responsabilités : "La façade méditerranéenne existe de fait par la géographie et les grandes voies de communication développées depuis des siècles. Ne pas mettre ces éléments dans la même région administrative ne va pas faciliter le jeu collectif, mais en restant optimiste, ce n’est pas non plus rédhibitoire. Pour peu qu’une vision globale soit néanmoins construite, on peut espérer que l’intérêt collectif soit préservé. C’est aussi le rôle de l’Etat d’assurer ce lien indispensable entre les régions !"

De notre correspondant, Jean-Christophe Barla

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